Gevrey-Chambertin

3 100 hab. (Gibriaçois), 2 477 ha dont 463 de vignes, chef-lieu de canton de la Côte-d'Or dans l'arrondissement de Dijon, 14 km OSO de la préfecture. La ville se tient au pied de la Côte, au débouché de la combe Lavaux, vigoureusement entaillée dans le plateau. Elle a quelques restes anciens, notamment en remparts et tours carrées, et des emplois assez diversifiés: matériels électriques Tyco ex-Simel (290 sal., États-Unis); boulangerie de la Gerbe Savoyarde (60 sal.), qui a repris en 2011 Elancia (ex-Panidor);; salaisons et charcuterie Roux (45 sal.); outillage mécanique Agir (ex-Rivom, 45 sal.), plastiques Sodillight (25 sal.), fabrique de peintures Interdesco (25 sal.); conditionnement de cosmétiques Juva (45 sal.); négoce de primeurs Mutin (45 sal.); transports Trans Europ Express (200 sal.), Dachser (45 sal.), Sernam (40 sal.); Aster (35 sal.); travaux publics Girard (35 sal.); ateliers associés à la proche gare de triage de Perrigny-lès-Dijon.

Mais elle est surtout connue pour son vignoble des côtes-de-nuits; l'AOC communale porte sur 400 ha, comptant une trentaine de premiers crus et 9 grands crus, un record en Bourgogne: Chambertin 16 ha (500 hl), Chambertin-Clos de Bèze (13 ha, 400 hl), Chapelle-Chambertin (4,7 ha, 140 hl), Charmes-Chambertin (1 000 hl, très liée à Mazoyers-Chambertin), Griotte-Chambertin (5,5 ha dont la moitié en production, 100 hl), Latricières-Chambertin (7 ha, 250 hl), Mazis-Chambertin (12,5 ha dont 8,4 en production, 350 hl), Ruchottes-Chambertin (3 ha, 100 hl). La commune a eu 1 500 à 1 800 hab. entre 1870 et 1954, puis est passée aux alentours de 3 000 à partir de 1970. Elle est le siège de la communauté de communes de Gevrey-Chambertin, qui rassemble 22 communes (9 000 hab.).

Le canton a 115 400 hab. (14 200 en 1999), 32 communes et 25 121 ha dont 10 799 de bois. Sur la côte, au sud de Gevrey-Chambertin, se trouvent Morey-Saint-Denis et Chambolle-Musigny; au nord de Gevrey, Fixin et Brochon (760 hab. dont 120 à part, 746 ha dont 329 de bois); celle-ci est connue pour une fabrication de fromage d'Époisses (Gaugry, 35 sal.) et a un collège public et un lycée général avec internat, ainsi qu'un supermarché U (75 sal.); elle n'a pas d'AOC communale mais participe aux côte-de-nuits-villages; ses vignerons déclarent 76 ha de vignes. Brochon a perdu 80 hab. de 1999 à 2008.

Au nord, Couchey (1 200 hab., 1 270 ha dont 534 de bois), à 4 km du chef-lieu et déjà en grande banlieue de Dijon, a une zone industrielle au bord de la N 74; industries agro-alimentaires EDC (Européenne de Condiments, 125 sal.) et conserves J. Mack (35 sal.), menuiserie MADB (30 sal.), tonnellerie (Rousseau, 15 sal.); publicité Adrexo (140 sal.), transports Seegmuller (40 sal.); elle cultive 118 ha de vignes d'AOC marsannay; lotissements, zone artisanale, un espace de sauvegarde botanique avec brebis sur 33 ha de plateau.

Dans la plaine, le canton est traversé par les nombreuses voies de circulation du sud de Dijon. À l'angle SE, à Corcelles-lès-Cîteaux (840 hab., 675 ha dont 305 de bois), 19 km SSE de Dijon et 13 km SE de Gevrey, Cermex (370 sal., au groupe suédois Tetra-Laval), produit des machines d'emballages. Corcelles a gagné 110 hab. de 1999 à 2008. Saulon-la-Chapelle (1 100 hab., 99 ha), à 13 km SE de Dijon tout à l’est du canton, qui a gagné 140 hab. dans le même temps, a un triage avec 160 emplois de la Sncf, une carrosserie de remorques de tourisme Erdé (60 sal.), créée en 1946; mécanique Maret (40 sal.), plâtrerie Noireaut (30 sal.); négoce agricole Bresson (35 sal.).

Fénay (1 400 hab. dont 60 à part, 1 046 ha), 9 km ENE du chef-lieu, a une église romane et abrite l’institut médico-éducatif du Domois, qui succède à un ancien orphelinat; installations électriques Sonelec (20 sal.). La population communale a augmenté depuis les 360 hab. de 1962, du moins jusqu’en 1990. Saulon-la-Rue (580 hab., 453 ha), 8 km à l'est du chef-lieu, a une hostellerie du château de Saulon (35 sal.), une jardinerie Sonofep (25 sal.) et a gagné 50 hab. depuis 1999. Barges (460 hab., 385 ha), juste au sud de la précédente, abrite une maçonnerie Broi-Tradibat (25 sal.) et a gagné 120 hab. (+35%) de 1999 à 2008.

De l'autre côté vers l'ouest, le canton est très étendu dans la Montagne, fort boisée (forêt de Détain-Gergueil), où se dissimule au sud le site de Vergy, dont le château (ruiné) fut célèbre, posséda une grande partie de la côte viticole et fut immortalisé par un opéra de Donizetti (Gemma di Vergy); Reulle-Vergy (100 hab., 613 ha dont 278 de bois) y a une mairie-lavoir, un musée d'arts et traditions des Hautes-Côtes, un carrefour artisanal annuel et une petite biscuiterie; sa voisine Curtil-Vergy (110 hab., 270 ha dont près de la moitié de bois) a un musée privé de la vigne et du vin et des ruines de l'abbaye de Saint-Vivant.

À 3 km au sud-ouest, le petit village de Chevannes (140 hab., 629 ha dont 344 de bois) se tient au creux d'un vallon qui débouche en amont de Nuits-Saint-Georges; dans la commune au-dessus du village, dans la forêt domaniale de Détain-Gergueil, le point culminant de la Montagne bourguignonne monte à 636 m, d'où il domine le petit hameau de Bruant. La forêt entoure le curieux village de plateau de Détain-et-Bruant (130 hab., 1 548 ha dont 1 003 de bois), dont la population, qui atteignait 350 habitants avant 1850, et qui était tombée à moins de 70 en 1965, remonte depuis cette date. Chevannes (80 hab. en 1975) a suivi une variation presque parallèle.