Guise

5 500 hab. (Guisards), 1 613 ha, chef-lieu de canton de l’Aisne dans l’arrondissement de Vervins, 28 km ENE de Saint-Quentin dans la vallée de l’Oise, à la traversée de la N 29. La ville, dont le nom se prononce gu-ise en détachant le u et le i, a une double célébrité: celle que lui apporta sa remuante famille seigneuriale, d’abord comtale (1496) puis ducale; celle, autrement plus tangible sur place, qu’y ajouta tout autrement Jean-Baptiste Godin, créateur du Familistère. De celui-ci demeurent un parc de 16 ha et 130 logements occupés et entretenus, ainsi que la fabrique d’appareils de chauffage, jadis des poëles, qui occupe encore 330 personnes mais appartient depuis 1988 au groupe nordiste des Cheminées Philippe (Béthune). L’ensemble est très visité.

Guise abrite aussi une fabrique de mobilier métallique de bureau, Majencia ex-Sansen (120 sal.), au groupe néerlandais Samas; une fabrique de pièces pour installations électriques du groupe Legrand (ex-Martin et Lunel, 65 sal.) qui avait encore 180 sal. en 2005; un atelier de plasturgie SNEIP (Plasticofil, 20 sal.); un Intermarché (45 sal.) et un supermarché Carrefour (50 sal.), un Bricomarché (20 sal.); maçonnerie Xavier (30 sal.), traitement des eaux Saur (40 sal.). Du château fort des 12e et 16e s., demeurent un gros donjon et des bâtiments plus tardifs; l’ensemble, qui s’étend sur 17 ha, a été restauré à partir de 1954 et s’offre à des festivals, à un spectacle Son et lumière, etc. Un musée retrace l’histoire du château, de la famille et de la ville, un autre est aménagé au Familistère dans le cadre d’un ambitieux projet Utopia.

Guise est aussi le lieu de naissance du révolutionnaire Camille Desmoulins (1760) et lui rend hommage par une statue. La ville dispose d’un centre hospitalier (44 lits), d’un collège public et d’un privé, ainsi que d’un lycée public, et d’un institut médico-éducatif; la nécropole nationale de Flavigny-le-Petit est à la limite méridionale du finage, au hameau de la Désolation. Enfin, la ville est le siège de la communauté de communes de la région de Guise, qui excède légèrement le canton (24 communes, 12 000 hab.). La commune s’est agrandie en 1965 en absorbant Flavigny-le-Petit juste au sud; sa population avait atteint 8 200 hab. en 1891 et s’était ensuite réduite à 6 000 vers 1950; la remontée d’après-guerre a été brève: les 6 800 hab. de 1968 ont marqué un sommet et la commune perd des habitants depuis, encore 600 entre 1999 et 2008.

Le canton a 10 900 hab. (11 300 en 1999), 19 communes, 19 238 ha; il est traversé par l’Oise, dont la vallée est un peu encaissée dans le plateau. Aisonville-et-Bernoville (300 Aisonvillois et Bernovillois, 873 ha), à l’angle nord-ouest du canton, 11 km ONO de Guise, réunit deux villages depuis les années 1790; château de Bernoville, du 18e s. en brique et pierre, avec un jardin à la française. Vadencourt (640 Vadencourtois, 1 224 ha), 6 km au NO de Guise, est au confluent du Noirrieu, le long duquel se poursuit le canal de la Sambre, qui vient de Tergnier. La commune a une papeterie (Sadosky, 25 sal.) et un atelier-musée du bois. Son finage contient au sud le hameau de celui de Longchamps sur la rive droite de l’Oise, celui de Bohéries sur la rive gauche, qui conserve une grosse ferme à porche, du 18e s., issue d’une ancienne abbaye de bernardins.

Proix (150 hab., 345 ha), 4 km en aval de Vadencourt, est un village-rue étiré et dédoublé di coteau de gauche de l’Oise. Macquigny (390 Macquignyquois, 2 018 ha), sur la rive gauche de l’Oise à 6 km OSO de Guise, à une église de pierre à clocher-donjon du 16e s.; son large finage englobe au sud-est le hameau de Jonqueuse, sur la D1029 ex-N 29. Noyales (170 hab., 718 ha) et Hauteville (180 Hautevillois, 710 ha), qui sont sur la rive droite de l’Oise face à Macquigny, partagent sur les collines trois parcs éoliens ouverts en 2009: 10 et 5 éoliennes (25 et 12,5 MW) de la société Volkswind, le parc de la Picoterie (11 mâts, 22 MW) de la Compagnie du Vent. Au sud-ouest également sur la rive droite de l’Oise, Bernot (460 Bernotois, 1 656 ha) est la dernière commune du canton vers l’aval.

À l’est du canton vers la Thiérache, Flavigny-le-Grand-et-Beaurain (460 hab., 1 363 ha), 4 km ESE de Guise, a une belle église fortifiée (inscrite) du 16e s. à tourelle sur un éperon du coteau à Beaurain, qui est sur le plateau; Flavigny, en contrebas au sud, a un moulin fortifié; la réunion des deux villages est des années 1790; la commune a eu plus de 1 100 hab. en 1891. Monceau-sur-Oise (120 Moncéens, 586 ha), 6 km à l’est de Guise, se flatte d’avoir été très tôt électrifiée, dès 1896, grâce au moulin local; la commune avait alors environ 300 hab., comme pendant à peu près tout le 19e siècle.

Malzy (210 Maziacais, 1 030 ha), 9 km à l’est de Guise en amont, au pied du coteau de droite de l’Oise, a une église fortifiée du 16e s. à donjon, inscrite. En face, Romery (80 Romains, 396 ha) et Proisy (360 hab. dont 55 à part, 520 ha) forment une file d’habitat continue; Proisy abrite au sud sur le plateau un institut médico-éducatif spécialisé, avec parc (le Clos, 90 places). Marly-Gomont (430 Marlysiens, 1 292 ha), en amont, a aussi une église fortifiée, mais moins connue, et pratique la vannerie; elle est la commune la plus orientale du canton; son nom était simplement Marly jusqu’en 1926.

Lavaqueresse (220 hab., 444 ha) est à 10 km au NE de Guise mais dans la vallée de l’Iron, sous-affluent de l’Oise par le Noirrieu; elle a la plus belle église fortifiée du canton, pourvue d’un clocher-donjon carré de brique, d’un portail renaissance en granite, et de trois tours rondes sur le côté. Elle avait 840 hab. en 1849 et elle est actuellement à son minimum de peuplement. Il en est de même pour Iron (230 Ironnais, 951 ha), 3 km à l’ouest dans la même vallée, qui a eu 880 hab. en 1860; et pour Villers-lès-Guise (180 hab., 806 ha), au sud sur le plateau, à 4 km NE de Guise, qui eut 570 hab. en 1860. Lesquielles-Saint-Germain (890 Lesquiellois, 1 621 ha) est à 4 km au nord de Guise sur la rive droite de l’Oise; Lesquielles est sur le coteau, Saint-Germain en contrebas un peu au sud; leur réunion est ancienne; leur population a dépassé 1 900 hab. en 1926 et a atteint son minimum en 1982.