Haguenau

35 700 hab. (Haguenoviens) dont 2 100 à part, 18 259 ha (la plus vaste commune d’Alsace) dont 13 442 de bois, sous-préfecture du Bas-Rhin au nord de la plaine d’Alsace, 30 km au nord de Strasbourg. Elle est apparue au bord de la Moder, avec un château impérial du 12e s., pour les besoins de la surveillance et de l’entretien de la forêt impériale, puis fut initiatrice et siège de la Décapole; elle reste entourée de bois. L’origine du nom, qui s’écrivait Hagenowa en 1176, est discutée: soit un patronyme germanique (Agino ou Hagino), soit une racine hag, hagen évoquant des taillis. Elle a rassemblé autour d’elle tout un réseau de routes puis de voies ferrées et a une forte position au nord de la capitale alsacienne.

Détruite en 1677 par les troupes de Louis XIV, Haguenau a surtout des bâtiments du 18e s. Un boulevard en pentagone à la place des anciens remparts délimite un centre-ville qui a conservé d’intéressants monuments, portes et restes de fortifications, hôtels particuliers et maisons anciennes; plusieurs églises, surtout du 16e s.; musées (d’histoire, alsacien), nécropoles; Nautiland (parc de loisirs ouvert en 1994). L’urbanisation atteint maintenant Bischwiller, tandis qu’au nord-ouest elle entraîne Schweighouse.

Haguenau a bénéficié au 19e s. du statut de sous-préfecture et d’une notable garnison, et reste un centre du commerce du houblon. Elle compte un équipement tertiaire de bon niveau avec hôpital général (390 lits) et deux cliniques de 90 lits et environ 180 salariés chacune, un IUT (2 sections), trois lycées généraux dont un privé, trois lycées professionnels dont un privé, deux collèges publics et un privé, plus le collège des Missions africaines et le 54e régiment des transmissions; un complexe de cinéma (8 salles) et salles de jeux (Megarex, 30 sal.), un centre de loisirs Nautiland (25 sal.).

Les emplois industriels demeurent abondants. Dans la mécanique et la métallurgie se signalent INA (roulements à billes et à aiguilles), du groupe allemand Schæffler, 2 140 emplois, installé en 1959; Sew-Usocome (moteurs électriques et réducteurs, 1 300 emplois, étatsunien); Siemens (instruments de mesure et de contrôle, 510 sal., allemand); Trumpf (machies-outils à métaux, 120 sal., allemand); Itron (Actaris, 75 sal., instruments de mesure), issu des Compteurs Schlumberger ex-Compagnie des Compteurs; les systèmes de mécanomontage industriels Norcan (70 sal., société locale); les moulins pour meuneries et brasseries Maes (50 sal.); plus Tixit (cornières et rayonnages métalliques, passé de 180 à 65 sal., également d’origine locale), Trendel (volets roulants, 75 sal.), Cetal (Constructions électrothermiques d’Alsace, instruments de chauffage, 70 sal.). L’agro-alimentaire est représenté par la grosse usine Mars (Masterfoods, 810 emplois, plus 130 pour l’informatique, étatsunien) qui fabrique des barres chocolatées et de céréales et des glaces, et les viandes ABG (Abattoirs de Haguenau, 150 sal.); confiserie Stœffel (35 sal.). Dans la chimie, les colles et mastics Emfi (Émile Mendler et fils, 120 sal., autre usine à Niedermodern), les colles et cires Sapo (60) du même groupe, lequel a été racheté en 2008 par Minnesota (3M); la recherche biochimique Anadiag (70 sal.), analyses médicales du Laboratoir de la Redoute (50 sal.). Mais la confection VéraMont (200 emplois) a disparu.

Le secteur tertiaire privé est un peu moins massif, il est surtout représenté par l’hypermarché Cora (320 sal.), un supermarché Match (65 sal.) et le siège et la plate-forme des magasins Match (200 sal.), d’autres supermarchés de moindre taille, des magasins Leroy-Merlin (65 sal.) et Decathlon (50 sal.), les négoces de matériaux Ukal (Ekkia, 85 sal.), Point P (110 sal.) et Siehr (45 sal.), d’appareils de chauffage Buderus (65 sal.), de matériel de chauffage solaire General Solar Systems (45 sal.), de machines-outils KS Tools (50 sal.); travail temporaire Adecco (55 sal.), le nettoyage Sajo (75 sal.),le nettoyage urbain Sita (50 sal.), la pubicité Adrexo (130 sal.), des transporteurs dont Breger (50 sal.) et Wincanton (50); dans les travaux publics figurent Trabet (100 sal.), Eurovia (75 sal.) et les installations électriques EIE (95 sal.). Électricité de Strasbourg emploie 45 personnes et deux grands garages 70 et 100 sal.

La commune inclut à l’est le camp militaire d’Oberhoffen; au SE, l’aérodrome de tourisme et l’ancien village de Marienthal, lieu de pèlerinage et centre marial depuis le 12e siècle; au sud-ouest, le hameau de Harthouse et le château Walk, qui abrite un centre de soins et cure en alcoologie; au nord-ouest, une vaste zone d’activités proche de Schweighouse; le reste du finage s’étend très largement vers le nord, occupant toute la «forêt indivise de Haguenau». Sa population croît assez régulièrement: elle avait 18 000 hab. vers 1900, 22 500 en 1936, niveau qu’elle a retrouvé en 1967 (population sans doubles comptes) après un fléchissement; elle a gagné 1 800 hab. de 1999 à 2007.

L’arrondissement de Haguenau a 129 200 hab. (120 400 en 1999), 56 communes, 3 cantons (66 578 ha). L’aire urbaine Insee de Haguenau aurait 59 900 hab., l’unité urbaine 53 300, une faible différence peu conforme à la réalité. Haguenau est le siège de communauté de communes de la région de Haguenau, qui associe 10 communes et 43 800 hab. Le canton de Haguenau a 53 500 hab. (49 600 en 1999) et 16 communes sur 27 529 ha (dont 14 794 ha de bois), ce qui en fait le plus étendu et le plus boisé d’Alsace. Traversé d’ouest en est par la vallée de la Moder, il contient au nord toute la forêt, et au sud-ouest une douzaine de communes des basses collines agricoles.