Hautes-Alpes (département des)

département le plus septentrional de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Il a pour préfecture Gap et pour sous-préfecture Briançon. Il occupe 5 549 km2 et il est divisé en 30 cantons et 177 communes. Celles-ci sont regroupées en 20 communautés de communes, qui participent à quatre pays officiels: deux entièrement en Hautes-Alpes, ceux du Grand Briançonnais et du Gapençais, deux partagées avec les Alpes-de-Haute-Provence (Serre-Ponçon et Sisteronnais-Buëch). Le département est frontalier de l’Italie et limitrophe de la Haute-Savoie, de la Savoie, de la Drôme; au sein de la région, il n’a pour voisin immédiat que les Alpes de Haute-Provence.

Le Conseil général est présidé par Auguste Truphème (divers gauche), élu de Laragne-Montéglin, ancien agriculteur, bien que la majorité des conseillers (18 sur 30) soit de droite. Le département a deux députés, un radical de gauche et un UMP, et un sénateur, UMP. La population des Hautes-Alpes a culminé à 132 000 hab. en 1851 puis sa population a fortement décliné, jusqu’à 85 000 hab. autour de 1950; elle augmente depuis, est repassée au-dessus de 100 000 hab. en 1980 et a atteint 121 000 en 1999. Elle est estimée à 133 000 en 2006, et aurait donc ainsi dépassé récemment son maximum historique. Cet accroissement récent, élevé (+1,3% par an) est surtout dû au solde migratoire (+1,1%), bien que le solde naturel soit également positif (+0,2%).

Si l’extrême sud-ouest du département relève du bassin de l’Aygues, tout le reste se partage inégalement entre deux bassins fluviaux, celui du Drac (et donc de l’Isère) au nord-ouest, et surtout celui de la Durance. Pourtant, seule la vallée de la haute Durance sert d’axe de pénétration vers la montagne: la Durance moyenne, en aval du lac de Serre-Ponçon, est à la limite sud du département, et la préfecture Gap se tient entre Durance et Drac; cela lui donne d’ailleurs une position stratégique sur la route de la Provence à Grenoble, dite route Napoléon en souvenir du retour de l’île d’Elbe.

Les Hautes-Alpes méritent leur nom du côté de l’est, et surtout du nord, où le massif de l’Oisans-Pelvoux culmine à 4 102 m à la Barre des Écrins. Le canton de La Grave, au-delà du col du Lautaret, appartient exceptionnellement au bassin de la Romanche et tire parti de la renommée de la Meije. Tout près, le col du Galibier marque la séparation entre les Alpes du Nord et les Alpes du Sud, entre les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le Parc national des Écrins englobe l’essentiel du massif de l’Oisans-Pelvoux. Vers l’est, le parc régional du Queyras lui répond, dans un paysage moins boisé, où règne le mélèze et dont les ciels sont remarquablement ensoleillés. Briançon est l’incontestable chef-lieu de la vraie montagne haut-alpine, ou Briançonnais au sens large, très autonome par rapport à Gap, plus orientée vers le tourisme, les sports d’hiver et le passage, après l’avoir été vers la défense; le col du Montgenèvre est l’un des principaux passages transfrontaliers des Alpes, et la station de Serre-Chevalier attire des foules.

En aval du Briançonnais, l’Embrunais a une place un peu à part; d’anciennes industries subsistent tant bien que mal, mais la grande affaire est la fréquentation de loisirs, en raison de la commodité des accès à une montagne moyenne, de la présence du lac de Serre-Ponçon et de la qualité des paysages. Plus bas, la Durance se réduit à un couloir étroit menant à Sisteron, que suit la limite départementale. L’autoroute provençale s’y éteint avant Tallard. Gap est certes dans le bassin de la Durance, mais tout près du col Bayard qui donne accès à celui de l’Isère. Le Gapençais est un espace assez mal défini, associé aux deux contrées de plus forte personnalité que sont le Champsaur au nord et le Dévoluy au nord-ouest: authentiques pays de montagne, tournés vers l’élevage et les loisirs, et qui se complètent au nord par une originale vallée de haute montagne au flanc sud de l’Oisans, le Valgaudemar, propice à la randonnée et à l’escalade plus qu’aux sports de neige.

Enfin, la partie occidentale du département des Hautes-Alpes est principalement occupée par le bassin du Buëch, ou Bochaine, sur l’axe nord-sud concurrent de la route Napoléon, et que suit la N 75; le relief y est déjà des Préalpes du Sud, avec de belles formes modelées dans les calcaires durs, et un taux de boisement élevé, associé à des densités d’occupation humaine affaiblies par une longue tradition de déprise. Au-delà vers l’ouest, le département mord un peu sur les reliefs ouest-est des Baronnies et le bassin de l’Aygues; on y est loin de la préfecture, et de toute vraie ville: l’isolement s’y ressent, même si la beauté des paysages naturels attire des visiteurs.

Dans l’ensemble, le département des Hautes-Alpes a donc fort peu d’industries, les aménagements de la Durance ont été destinés aux pays situés plus en aval, et les villes y restent menues, même si la fonction administrative a profité à Gap. Bien entendu, compte tenu du niveau de peuplement, le produit brut départemental est le plus faible de la région, estimé à 2,5 milliards d’euros par an; il est aussi le plus faible par emploi, mais non par habitant, où il est un peu supérieur à celui des Alpes-de-Haute-Provence. Ce résultat est en partie imputable au tourisme, devenu la principale activité économique et qui se chiffre par 23 millions de nuitées annuelles, une offre de 338 000 lits, la moitié marchands et l’autre moitié en résidences secondaires, dont 200 000 lits en stations touristiques. Les Hautes-Alpes ont un peu plus de places de camping que les Alpes-de-Haute-Provence, mais moins de nuitées, des séjours plus courts. L’aviation de loisir (quatre aérodromes, une vingtaine de sites de vol libre) bénéficie même d’un label «pôle d’excellence rurale»…

L’activité industrielle est devenue marginale: le fichier de la Chambre de commerce et d’industrie n’enregistre que trois entreprises de plus de 200 salariés (l’hypermarché Leclerc de Gap, EdF et la Sncf) et neuf entre 100 et 200 emplois, toutes dans la distribution, le tourisme et la construction. L’agriculture tout entière fournit un chiffre d’affaires de 110 M€, dont près d’un tiers en fruits (2 700 ha, 100 000 t/an, surtout en pommes), le reste en productions animales grâce à 30 000 bovins et près de 300 000 ovins. Il reste environ 1 300 exploitations agricoles professionnelles, cultivant 80 000 ha mais utilisant aussi en partie 180 000 ha de pacages et alpages.