Heiltz-le-Maurupt

410 hab., 1 627 ha dont 503 de bois, chef-lieu de canton du département de la Marne dans l'arrondissement de Vitry-le-François, 20 km ENE de la ville au bord de la Chée, simple village, mais avec un musée d'arts et traditions où se tiennent des expositions, et une église classée. Il compte des artisans, quelques fermes (il y avait 113 agriculteurs en 1786), un boulanger et un boucher, une école, une poste, un vétérinaire mais même pas de gendarmerie. Il est le siège de la communauté de communes des Trois Rivières (7 communes, 1 300 hab.).

Ce point de repère du Perthois est dans la plaine alluviale drainée par la Chée et l'Ornain, à une exception près: une grande antenne inhabitée s'avance vers le nord, sur le bas plateau de gaize; elle correspond à l'ancien site d'Ulmoy (jadis Ulmois, Ulmetum en 1158), où fut installée une abbaye de femmes en 816; passée ensuite aux hommes, elle subsista jusqu'à la Révolution, mais n'a laissé aucune trace. Le village lui-même a été un foyer protestant: il en reste un temple. On y comptait 900 hab. en 1787, et encore 730 en 1911; la guerre de 1914 l'a presque détruit. Au 19e s., une filature de coton fonctionnait sur la Chée, qui avait été canalisée par les moines; quelques bâtiments ont survécu.

La brousse d'Amaury

Prononcé Hellmauru, le nom a jadis été écrit de diverses façons, dont Helmaurupt, voire Helmauru; il se distingue ainsi des deux autres Heiltz des environs, Heiltz-l'Évêque (290 hab., 943 ha), au sud-ouest du chef-lieu, propriété épiscopale en 904), qui se prononce Helvêque et se nomma Heiltz-Libre en 1793; et Heiltz-le-Hutier (200 hab., 1 084 ha), jadis le Wutier, du nom de son seigneur, qui se prononce Hélutier, a gagné 50 hab. de 1999 à 2008 et se situe plus au sud, dans le canton de Thiéblement-Farémont. Heiltz-le-Maurupt était dénommé Hesum Amalrici ou Amaurici (d'Amaury) au 12e s.; le mot hesium vient du germanique heisi qui désigne des broussailles; le nom était donc «les broussailles (ou les friches) d'Amaury». L'orthographe a souvent changé: Heis en 1121, Heis l'Amaury en 1324 encore, plusieurs fois Helmauru ou même Helmorup, la forme Maurupt (le mauvais ruisseau) étant une interprétation récente, infidèle aux origines et qui n'est apparue qu'en 1676.

Le canton a 3 500 hab., 22 communes et 28 113 ha; il est limitrophe du département de la Meuse et s'étend surtout en Champagne humide dans le Perthois, où subsistent de nombreux bois et étangs. À l'ouest, il déborde sur la craie champenoise, dont la côte est assez marquée, et rehaussée par l'extension récente d'une annexe du vignoble champenois. Bassuet (280 Bachotains, 842 ha), à une dizaine de kilomètres au NE de Vitry, participe au renouveau du vignoble sur cette partie de la côte de Champagne: la commune cultive depuis peu 71 ha de vignes AOC (tout en chardonnay); grande piste équestre; mais la population a diminué de 70 hab. entre 1999 et 2008, un cinquième.

Vavray-le-Grand (190 Vavryons, 700 ha), 13 km au NE de Vitry-le-François, cultive 39 ha de vignes AOC sur la côte et héberge un atelier de métallerie de bâtiment (Gibeaux, 50 sal.). Le terroir n°14 du Vignoble champenois, dit Vitryat et qui est rattaché à la région des Blancs et Sézannais, compte 200 exploitants qui cultivent 331 de vignes, à peu près toutes en chardonnay. Bassuet, Vavray-le-Grand et Vitry-en-Perthois en sont les trois principales communes.

Vanault-les-Dames (380 Vanaultiers, 1 997 ha dont 633 de bois), au nord (20 km NE de Vitry-le-François), au bord de la Vière au pied de la côte de Champagne, sert de village-centre à quelques communes et a gagné 40 hab. entre 1999 et 2008; maisons à pans de bois, gros silos; le village est le siège de la communauté de communes des Côtes de Champagne (13 communes, 1 900 hab.). Son territoire accueille sur le relief le parc éolien des Quatre-Vents (10 hélices, 8,5 MW).

Bussy-le-Repos (110 Bussiniers, 2 264 ha) est dans une position comparable plus au nord. Possesse (180 hab., 3 587 ha dont 1 565 de bois), au NE à 12 km au nord du chef-lieu, dans la plaine au bord de la Vière, étire son finage jusqu’à la limite départementale, incluant la forêt de Monthiers qui prolonge celle de Belval; plusieurs étangs. La commune a eu 620 hab. en 1806, 440 en 1900, 310 en 1954…