Île-Bouchard (L')

1 800 hab. (Bouchardais), 348 ha, chef-lieu de canton de l'Indre-et-Loire dans l'arrondissement de Chinon, 15 km ESE de Chinon et 40 km au SO de Tours, dans la vallée de la Vienne au confluent de la Manse. Le village ne dispose que d'un petit territoire, sur les deux rives et sur l'île qui les sépare. L'île fixa un château dès le 10e s., dont le premier seigneur fut un certain Bouchard. Le village fut longtemps un lieu de pêche; on y voit un prieuré du 11e s., des églises classées, un musée de traditions locales installé dans l'ancienne gare; un ancien couvent de cordeliers du 17e s. fut un temps scierie, tandis qu'un couvent d'ursulines également du 17e s. devint prison, puis hôpital, puis ensemble de logements.

L'habitat principal est sur la rive gauche; mais la petite île est habitée et le faubourg de rive droite, Saint-Gilles, s'est fort développé. La bourgade est dotée d'un collège public et d'une maison de retraite; supermarché U (60 sal.), chaudronnerie (CBE, 25 sal.), négoce et réparation de matériel agricole (Savas, 50 sal.), transports (Moreau, 45 sal.). La commune a eu 1 600 hab. vers 1850 puis sa population s'était abaissée à moins de 1 200 dans les années 1930; elle a augmenté ensuite jusqu'en 1990. Le village est le siège de la communauté de communes du Bouchardais, qui correspond au canton, ainsi que du pays Chinonais.

Le canton a 7 300 hab., 15 communes et 23 586 ha dont 6 171 de bois; il s'étend des deux côtés de la Vienne; la majorité de ses communes sont dans le parc régional Loire-Anjou-Touraine. Riche en châteaux et églises anciennes, le canton donne une grande place au vignoble (AOC touraine) et aux champignonnières. Trogues (340 hab., 938 ha dont 314 de bois) est hors du Parc régional, sur la rive droite de la Vienne à l'est du canton. Le village est à 7 km à l'est du chef-lieu, sur la route de Sainte-Maure. Elle contient une grande partie du bois de Boizé au nord, les châteaux de Boizé (1832) et de la Rolandière (16e et 19e s.) à l'est, ainsi qu'une résidence de vacances avec camping de luxe (370 places quatre étoiles) au bord de la Vienne, un autre camping plus petit (36 places).

Crouzilles (560 hab., 1 454 ha dont 250 de bois), 3 km à l'est du chef-lieu, s'étend dans la plaine de la Vienne et sur l'interfluve de collines entre Vienne et Manse; le château de Paviers (16e s.) est à l'est du village; les ruines de l'église de Mougon, au bord de la Vienne, conservent des éléments du 5e s., les autres du 12e s. Les Crouzillois cultivent 59 ha de vignes; la fabrique de chaux et enduits Parexlanko (90 sal., au groupe Lafarge), au bord de la Vienne, exploite le tuffeau par tout un réseau de galeries souterraines; elle a pour voisine une fabrique de revêtements de terrains de sports Fieldturf Tarkett (40 sal.).

Crissay-sur-Manse (120 hab., 750 ha dont 357 de bois), 7 km au NE du chef-lieu, fait partie des plus beaux villages de France pour ses belles maisons du 15e et du 16e s., ses ruelles fleuries et les ruines du château du 15e s. dominant un réseau de souterrains, tous sur le coteau ensoleillé qui domine la Manse. Son finage s'étire en queue vers le nord, englobant la forêt de Crissay qui borde le camp militaire du Ruchard.

Au nord du canton, sur le plateau entre Vienne et Indre, s'étendent en effet les landes du Ruchard, en partie occupées par un vaste camp militaire, dont les principaux bâtiments sont dans la commune d'Avon-les-Roches (540 hab., 3 328 ha dont 423 de bois). Le village d'Avon est à 4 km au NNE du chef-lieu. Dans un vallon qui descend du plateau vers la Manse, subsistent des ruines du château et de la collégiale des Roches Tranchelion. La commune cultive 50 ha de vignes. Le camp du Ruchard, qui occupe 1 442 ha de landes, servit pendant la Grande Guerre au rétablissement de convalescents; il sert à présent à l'entraînement des stagiaires de la logistique et du train des armées, et à diverses manœuvres; la route de L'Île-Bouchard à Azay-le-Rideau et Tours le traverse.

Panzoult (590 hab., 3 461 ha dont 1 664 de bois) est un village du val de Vienne à 4 km au NO du chef-lieu; mais son finage s'étend au nord jusqu'à l'orée de la forêt de Chinon, et contient la moitié de la surface du camp du Ruchard; la commune cultive 279 ha de vignes; elle s'orne du château du Pressoir (16e s.); le vallon du Petit Croulay, ainsi que les environs de Bois-Girault (étang, coteau, cavernes) sont des sites protégés. La Fuie de Roncé est un grand colombier classé à l'est du village. C'est aussi à Bois-Girault que se cache prétendûment la «grotte» de la Sibylle de Panzoult évoquée par Rabelais dans son Tiers Livre, qui en vérité décrivait «la maison de la vaticinatrice», «soubs un grand et ample chastaignier», comme une «case chaumine, mal bastie, mal meublée, toute enfumée»; mais «sus le perron de la porte (l'oracle) se recoursa, robbe, cotte et chemise jusques aux escelles, et leurs monstroit son cul. Panurge l'aperçut, et dit à Épistémon: 'Par le sambre guoy de bois, voylà le trou de la Sibylle'». Le site est agréablement aménagé au-dessus d'un étang de retenue.

Cravant-les-Coteaux (730 hab., 3 821 ha dont 2 000 de bois), 8 km ONO de l'Île-Bouchard, aligne ses maisons et ses caves troglodytes sur plusieurs kilomètres le long du coteau de rive droite de la Vienne. Une église classée des 11e-12e s. subsiste au Vieux Bourg, dans un vallon qui entame le plateau; ruines de la chapelle de la Madeleine à l'extrémité occidentale du camp du Ruchard, château de Sonnay (19e s. avec une tour ancienne). Cravant a aussi un vieux château (13e au 17e s.) et un musée lapidaire et historique associé. C'est une grande commune viticole réputée pour son aoc chinon, avec 720 ha de vignes. Sur le plateau, de vastes superficies de landes ont été enrésinées, notamment au cours des années 1970. Le nom de la commune était simplement Cravant jusqu'en 1906; sa population reste stable depuis les années 1920.

Au sud de la Vienne, vers l'aval, Anché (430 hab., 799 ha) et Sazilly (250 hab., 1 057 ha), à 9 et 6 km à l'ouest du chef-lieu, forment une enclave exclue du parc régional Anjou-Touraine; les villages sont au pied du coteau de rive gauche; Anché s'orne du château de Brétignolles (15e s.) et cultive 22 ha de vigne, Sazilly 54 ha. Tavant (250 hab., 522 ha), à 3 km de L'Île-Bouchard, se signale par une église du 11e s. et les ruines d'une église priorale; 18 ha de vignes.

Brizay (330 hab., 1 427 ha dont 233 de bois) est à 3 km SSO de L'Île-Bouchard; église du 12e s., châteaux du Haut-Brizay (17e s., avec parc) à l'ouest, de la Commanderie (19e s.) au nord; dolmen de Grosbois, dit Pavé de Gargantua, à l'ouest du centre; son finage n'atteint pas la Vienne au nord mais inclut au sud-ouest le bois de la Gabillière. Sa voisine Theneuil (280 hab., 980 ha) est à 3 km SSE du chef-lieu, dans la petite vallée de la Bourouse; le finage atteint la rive gauche de la Vienne juste en amont de L'Île-Bouchard. Une pointe du finage au nord-ouest inclut, tour près du chef-lieu, l'ancien prieuré Saint-Léonard (12e s.) et le château du Temple (19e s., avec parc).

Parçay-sur-Vienne (660 hab., 1 874 ha dont 280 de bois), 5 km ESE du chef-lieu, est la seule commune à avoir accru sensiblement sa population ces dernières années: elle gagné 130 hab. de 1999 à 2008. Elle a une église du 12e s. avec de belles voussures sculptées; châteaux de la Brêche (15e-17e s. et 19e s.) à l'ouest du village, de Prézault (19e s.) à l'est au bord de la Vienne, entouré d'étangs de gravières et d'un parc; carrières (Ragonneau, 45 sal.). Son finage associe une large plaine alluviale et, au sud, une portion de plateau; au pied du coteau qui les sépare ont été aménagés deux étangs de gravières. Au sud-est, se distingue le hameau des Chillaudières.

À Chezelles (150 hab., 1 517 ha dont 215 de bois), 8 km SSE du chef-lieu, l'église (11e s., inscrite) et le hameau de Lièze, dans la petite vallée de la Bourouse au nord, sont issus d’une abbaye; la commune n’a pas de vrai centre villageois, mais de grosses fermes éparses; un château et son parc (17e-18e s.) servent de chef-lieu; plusieurs manoirs des 15e-16e s. Rilly-sur-Vienne (460 Rillois, 1 310 ha) est au contraire un village relativement étoffé dans les collines à 11 km au sud-est du chef-lieu. La commune occupe l’angle sud-est du canton. Son son nom s'est allongé en 1920, bien que son territoire ne touche en rien à la Vienne, qui coule plus à l'est; église des 12e-13e s., transports Archambault (35 sal.) et transports par autocars Millet (50 sal.). La commune a gagné 50 hab. de 1999 à 2008.