Île-de-France (côte d’)

long talus arqué, courant de Montereau à Laon, qui marque la limite orientale des plateaux tertiaires de Brie, du Tardenois et du Laonnois. Cette côte domine la plaine et les collines de Champagne crayeuse, évidées à l’est dans des terrains plus tendres et plus gélifs; elle est armée par une solide couche de meulière de Brie (sannoisien) et par des calcaires lutétiens qui forment en certains points un replat divisant le talus en deux sections; à la base sont des terrains tendres, surtout des argiles. Localement, le front de côte est émietté en promontoires et en buttes, dont la plus connue est sans doute le mont Aimé; quelques reliefs plus détachés, en Champagne crayeuse, sont les témoins d’une ancienne extension plus orientale de la côte, notamment au mont de Berru.

La côte est entaillée par des percées triangulaires d’assez grande ampleur: celles de l’Aisne, de la Vesle, de la Marne et du Petit Morin. Entre la Vesle et la Marne, de légères ondulations des couches sont à l’origine du dégagement du bassin de Reims (en position anticlinale) et de l’avancée de la montagne de Reims (en position synclinale), où se trouve le point culminant de la côte (288 m). Dans le département de la Marne surtout, la côte est généralement vigoureuse et tapissée de vignes d’appellation champagne; sa partie la plus rectiligne, de direction N-S, correspond à la Côte des Blancs entre Marne et Morin. L’appellation de côte d’Île-de-France est traditionnelle chez les géographes; mais elle est peu employée localement et c’est seulement à l’extrême sud que l’on y entre enfin, dans la région de même nom…