Isle-sur-la-Sorgue (L')

17 400 hab. (Islois) dont 470 à part, 4 457 ha dont 328 de bois, chef-lieu de canton du Vaucluse dans l'arrondissement d'Avignon, 23 km à l'est de la préfecture. La Sorgue, dont le nom a été ajouté à celui de L'Isle en 1890, s'y divise en deux cours, l'un vers Valleron, l'autre vers Le Thor et Entraigues, et plusieurs canaux en dispersent les eaux. Le centre, ramassé en un trapèze aux angles arrondis, aéré par sept ou huit placettes, est entouré par un chemin de ceinture, les eaux de la Sorgue et un boulevard extérieur enserrant au nord un espace vert.

La ville a une collégiale baroque des 14e-15e et 17e s., la pharmacie de l'hôpital (18e s.) avec une collection de faïences de Moustiers, des hôtels bourgeois surtout du 18e s.; l'hôtel de Campredon est devenu un musée René Char et d'art moderne; un autre musée est consacré à la poupée. La ville est un foyer de concentration d'antiquaires, divisés en six «villages»; il reste quelques roues des nombreux anciens moulins de la Sorgue. Un hippodrome est au sud, le château de Mousquety à l'est. Elle est dotée d'un collège et un lycée publics, un lycée professionnel agricole public, un hôpital local (10 lits médicaux, 250 en tout), deux instituts médico-éducatifs et un centre d'aide par le travail.

Les principaux établissements industriels sont la préparation de salades et légumes Soleco (marque Florette, 360 sal.), les colles et gélatines Rousselot (260 sal., filiale du néerlandais Sobel) et les abattoirs Socopa (Bif Armor, 180 sal.); fabrique de médicaments Beaufour-Ipsen (60 sal.) couvertures et couettes Brun de Vian Tiran (55 sal.), Meffre traiteur (40 sal.), mortiers et bétons Parex (50 sal.). Dans la distribution se signalent Intermarché (110 sal.), Auchan (100 sal.), Super-U (50 sal.), Mr.Bricolage (30 sal.), le négoce de luminaires Laurie (250 sal.); publicité Adrexo (45 sal.), voyages par autocars Arnaud (40 sal.); la commune a 52 ha de vignes. La ville avait déjà plus de 5 000 hab. au début du 19e s., 6 500 en 1850, et s'est tenue à ce niveau jusqu'à la dernière guerre. Sa population a sensiblement augmenté ensuite. Elle est le siège de la communauté de communes du pays des Sorgues et des monts de Vaucluse, qui réunit 5 communes et 27 700 hab.

Le canton a 35 700 hab., 9 communes, 16 196 ha dont 3 822 de bois. Le Thor et Châteauneuf-de-Gadagne, à l'ouest, sont les plus peuplées. Cabrières-d'Avignon (1 400 Cabriérois, 1 468 ha dont 708 de bois), qui a précisé son ancien nom de Cabrières en 1918, tient l'angle sud-est du canton, 10 km ESE du chef-lieu; château du 13e s., restes du mur de la Peste de 1720. Un musée de la lavande (33 000 visiteurs par an) a été aménagé au Coustellet tout au sud de la commune, qui contient aussi une forêt de cèdres sur 5 ha, plantée en 1860, et 258 ha de vignes. Au nord, son territoire monte en pointe sur le plateau de Vaucluse. Cabrières a un collège public, une fabrique de fruits confits du groupe britannique Kerry (40 sal.); travaux publics Bries (45 sal.), négoce de matériaux Sylvestre Raymond (40 sal.). La commune avait 620 hab. en 1954 et a presque triplé sa population depuis, gagnant encore 320 hab. de 1999 à 2007. La mention «d'Avignon» est de 1918.

Lagnes (1 500 Lagnois, 1 693 ha dont 583 de bois) est à 7 km ESE du chef-lieu; château (13e au 17e s.), beffroi, théâtre de verdure, parcours d'aventure; restes du mur de la Peste. La commune a eu longtemps 900 à 1 000 hab. et sa population ne croît guère que depuis 1980; elle a gagné 200 hab. de 1999 à 2007. Le finage de Lagnes lance une queue effilée au nord sur le plateau de Vaucluse, jusqu'au Mourre de la Belle Étoile (672 m).

Celui-ci est également le point culminant de Fontaine-de-Vaucluse (610 Vauclusiens, 714 ha dont 205 de bois) et de Saumane-de-Vaucluse (690 Saumanais, 2 081 ha dont 1 369 de bois). La première, 7 km à l'est du chef-lieu, s'est nommée Vaucluse jusqu'en 1946; elle avait plus de 1 100 hab. en 1931 et s'est dépeuplée ensuite jusqu'en 1975 (530 hab.). Elle est très connue pour sa résurgence, abondante source de la Sorgue sortant du plateau calcaire au pied de hautes murailles et fournissant 630 Mm3 d'eau par an: elle a donné à la fois son nom au village, au Vaucluse (le val clos) et au modèle général des résurgences de pied de plateau karstique (fontaines vauclusiennes). Les visites nombreuses ont fait apparaître une sorte de faubourg touristique aux abords de la source. La commune a également des ruines du château épiscopal du 14e s., une église romane du 11e s., trois musées du santon, de la Résistance, du gouffre et du monde souterrain, plus la bibliothèque Pétrarque; cristallerie et moulin à papier artisanaux; pont-aqueduc de Galas pour le canal de Carpentras.

Saumane, 6 km au NE de L'Isle, village de caractère du Vaucluse, est perché un peu plus haut et un peu plus au nord; abris préhistoriques du vallon de Chinchon, château fort médiéval restauré au 19e s., jardins d'agrément du château (18e s.) et de celui de la Vignerme (20e s.), musée d'archéologie, fossiles, insectes et de santons de la Crémade, golf. La commune avait 340 hab. en 1968 et croît depuis (+80 hab. de 1999 à 2006).

L'angle nord-ouest du canton, le plus proche d'Avignon, est tenu par deux communes dont les villages sont sur le long talus qui va de Bédarrides à Caumont-sur-Durance. Saint-Saturnin-lès-Avignon est la plus peuplée. Juste au sud, Jonquerettes (1 300 Jonquerettois, 257 ha) est une commune au très petit finage mais dont le village s'est peuplé récemment: elle n'avait encore que 210 hab. en 1962 et elle a passé le millier en 1989; ses vignerons cultivent 159 ha de vignes; château très remanié du 14e s.