Issoudun

14 000 hab. (Issoldunois) dont 480 à part, 3 660 ha, sous-préfecture de l'Indre à 28 km NE de Châteauroux et 36 km au SO de Bourges, dans la Champagne berrichonne au bord de la vallée du Théols. Place forte gauloise sous le nom d'Uxeldunum, puis citadelle médiévale, devenue ville royale à franchise, Issoudun a conservé de son passé de nombreux restes attrayants; remparts et tours, maisons anciennes et à pans de bois, beffroi des 12e-15e s., hôtel de ville du 18e s., hôtel-Dieu classé des 16e-18e avec musée; un autre musée est consacré aux missions d'Océanie. Une cité-jardin et une usine d'engrais construites par A. Laprade en 1925-1929 sont en cours de classement.

La ville soigne son équipement touristique et culturel, figure à bon niveau dans les villes fleuries (quatre fleurs) par ses nombreux parcs et jardins dont celui de Frapesle (4 ha), illumine ses remparts, organise une brocante géante (Foire du Tout) et dispose d'un palais des expositions et des sports, d'une patinoire et d'un «formapole» comme centre d'enseignement (avec IUT) et «quartier d'étudiants». Elle a deux collèges publics et un collège privé, un lycée public et un lycée privé, un lycée professionnel public; centre pour polyhandicapés (96 places), centre d'aide par le travail et maison de retraite; le musée polyvalent Saint-Roch reçoit 12 000 visiteurs par an. Le centre hospitalier emploie 400 personnes et dispose de 85 lits médicaux (400 en tout), la mairie a 250 salariés, la Sncf 40.

Néanmoins, Issoudun est aussi une ville industrielle, qui a très tôt bénéficié de la voie ferrée Paris-Toulouse et s'était spécialisée dans le travail du cuir; il en reste des traces. En effet, sa principale entreprise actuelle est une fabrique de sièges pour avions Sicma Aero Seat (800 sal., filiale du groupe Zodiac); les deux autres établissements de poids sont la maroquinerie Vuitton, réduite de 500 à 280 sal. toutefois, et l'entrepôt et magasin d'usine des chaussures André (Hall aux Chaussures, 340 sal.) plus une tannerie-mégisserie Guyard-Chesneau (25 sal.) et de petites maroquineries (Giraudeau 25 sal.; W. Grason, 20 sal.). D'autres ateliers font des appareils de mesure et de contrôle (Meci, 80 sal. et MCC, 20 sal.), des appareils médicaux (Spengler, 40 sal.), de l'outillage mécanique (Spema Special Machines, 40 sal.), de la boulonnerie (Delta Métal, 50 sal.), de la mécanique (Comeca, 30 sal.), une malterie (Franco-Suisses, 30 sal.), des ateliers de confection (Vachet, 25 sal.; Someco, 30 sal., filiale de Zodiac pour les housses de sièges d'avions) et d'articles en caoutchouc (Regeltex 30 sal.), une imprimerie (Centr'Imprim, 40 sal.) et fabrique de charcuterie (Charcuteries Issoudunoises, 20 sal.) ainsi que plusieurs entreprises de négoce et de bâtiment (Devin, 30 sal.; Odetti, 20 sal.; Boutillet, 20 sal.).

Du côté des services et commerces apparaissent un gardiennage (Alarme Diffusion, 30 sal.), un centre Leclerc (140 sal.), un supermarché Carrefour (40 sal.), des magasins Intermarché (35 sal.) et Bricomarché (30 sal.), un négoce de vêtements de travail Pim Langer Bourrin (25 sal.) et un autre de céréales Ceralliance (25 sal.); transports Van de Walle (130 sal.) et Plisson (30 sal.). Quatre zones d'activités ont été équipées, la principale étant celle de la Limoise en aval de la ville. Un aérodrome à 8 km au SE de la ville, au Fay dans la commune de Saint-Aubin.

La commune d'Issoudun a eu 11 000 hab. au début du 19e siècle, 14 000 à la fin, puis sa population est redescendue à 11 500 dans les années 1930, avant de remonter et de culminer à 16 000 (sdc) en 1975; elle diminue depuis. Le maire, depuis 1977, est André Laignel, socialiste, professeur de droit, ancien député et secrétaire d'État, ancien député européen. L'unité urbaine Insee est donnée pour 13 700 hab., l'aire urbaine pour 18 400 hab. L'arrondissement a 36 100 hab. (34 900 en 1999), 4 cantons, 51 communes et 118 231 ha. Une communauté de communes du pays d'Issoudun réunit 13 communes et 22 400 habitants; un pays d'Issoudun et de Champagne berrichonne associe trois communautés, au total 43 communes, 31 700 hab., 1 047 km2. Les deux siègent à Issoudun.

Les deux cantons d'Issoudun ont 25 200 hab. (24 400 en 1999), 25 communes et 67 406 ha dont 9 435 de bois. Au nord d'Issoudun, dans la vallée de la Théols, se succèdent trois communes. La première au nord est Reuilly, au bord de l'Arnon. La deuxième est Diou (280 Divins, 1 639 ha), 11 km au NNE d'Issoudun au bord de la Théols, commune viticole où l'on visite des caves, mais qui ne déclare que 13 ha de vignes. La troisième est Sainte-Lizaigne (1 300 Lizigniens, 2 636 ha), 7 km au NNE du chef-lieu, qui se distingue par une ancienne église classée du 12e s., et une robinetterie industrielle (SNC Sainte-Lizaigne, 120 sal.) succédant à une ancienne fonderie; sa population augmente lentement depuis les 820 hab. de 1975.

De l'autre côté de la Théols vers l'est, les deux communes de Saint-Georges-sur-Arnon (530 hab., 2 387 ha), 10 km au NE d'Issoudun, et Migny (120 hab., 1 335 ha), 4 km au NO de la précédente, toutes deux au bord de l'Arnon, reçoivent respectivement deux groupes de 14 et 5 éoliennes Nordex. Paudy (470 hab., 3 028 ha), 12 km NNO d'Issoudun au bord de l'Herbon, conserve une tour du 12e s.; Paudy a eu 1 200 hab. en 1872 et n'a pas cessé de se dépeupler jusqu'en 1999. Les Bordes (970 hab., 1 630 ha dont 230 de bois), plus proche d'Issoudun, 3 km au nord, accueille des résidants de la ville; la commune n'a été créée qu'en 1912 à partir de trois voisines, avec un peu plus de 500 hab.; elle en avait 560 en 1975 et s'est peuplée de 1975 à 1990. La population de toutes ces communes a légèrement augmenté depuis 2000.

Le canton Sud d'Issoudun est plus étendu, et englobe au sud les 6 000 ha de la grande forêt domaniale de Bommiers, qui est partagée en trois massifs. Bommiers (290 hab., 2 838 ha dont 793 de bois), à 18 km au sud d'Issoudun et 25 km à l'est de Châteauroux, a aussi une église romane classée et les ruines du château fort de Bourg-le-Château (12e au 16e s.). Pruniers (530 hab., 4 900 ha dont 1 289 de bois), 5 km à l'est de Bommiers, est la commune la plus méridionale et la plus boisée des cantons d'Issoudun; elle a gagné près d'une centaine d'habitants de 1999 à 2006 (+23%). Ambrault (850 hab., 2 559 ha dont 1 003 de bois) est à moins de 3 km au SO de Bommiers; sa population croît aussi, depuis les 610 hab. de 1975, et a gagné 130 hab. de 1999 à 2007; mais elle avait atteint 1 200 hab. dans les années 1890.

Vouillon (270 hab., 1 498 ha dont 705 de bois), à 16 km SSO d'Issoudun, est sur l'ancienne voie romaine dite Chaussée de César et conserve une église et une lanterne des morts, toutes deux du 12e s. Meunet-Planches (140 hab., 2 673 ha dont 861 de bois), 14 km au sud d'Issoudun, offre au château de Planches un beau parc aménagé au 19e s. sur 10 ha par Ferdinand de Lesseps; elle n'avait que 140 hab. en 1999. Meunet et Planches, distantes d'à peine 1 km, ont fusionné en 1817; elles avaient plus de 500 hab. au milieu du 19e s. et contiennent la partie occidentale de la forêt de Bommiers.

À mi-chemin d'Issoudun et de Châteauroux sur l'axe de circulation principal (N 151, voie ferrée), Neuvy-Pailloux (1 300 Néopalludéens, 4 181 ha) a une église classée du 12e s., une maison de retraite et un golf, un menuisier (Tisserand, 40 sal.). Un camp militaire, héritier d'un camp de montage de chars britanniques installé en 1917, abrite du matériel de l'infanterie (12e BSMat, base de soutien du matériel); il emploie 490 personnes sur 60 ha; il est complété par des détachements à Salbris et à Gien. La population communale a été assez constante autour de 1 200 hab. depuis 1830, passant toutefois par un maximum à 1 400 hab. en 1982 avant de diminuer; elle a repris une centaine d'habitants de 1999 à 2004.

À 6 km au SE d'Issoudun, Chouday (170 hab., 3 000 ha) offre une Maison de la lentille, spécialité cultivée aux environs, et une église romane classée (12e s.); atelier Sotep (tubes de précision pour aéronautique et nucléaire, 50 sal.). La commune est le siège de la communauté de communes de Champagne berrichonne, qui réunit 16 communes (5 000 hab.). Un peu au SE, Ségry (520 Ségriens, 3 306 ha dont 862 de bois) cache dans un bois au bord de l'Arnon l'ancienne abbaye de la Prée (1128) où se tiennent en été des rencontres musicales. L'aérodrome d'Issoudun-le Fay, doté de trois pistes gazonnées de 700, 920 et 950 m avec aéroclub et vol à voile, est sur le territoire de la commune de Saint-Aubin (180 hab., 2 832 ha dont 1 220 de bois), dont le petit village se cache dans les bois de Bommiers à 11 km au sud de la ville.

Condé (240 Condéens, 2 382 ha dont 319 de bois), 8 km au sud d'Issoudun, a reçu un nouvel atelier de maroquinerie de la firme Vuitton (230 sal.) et Saint-Aoustrille (160 Austrégésiliens, 1 947 ha), 7 km OSO d'Issoudun, une grande station de radiodiffusion à ondes courtes, issue d'Allouis; TDF y emploie 25 personnes. Saint-Aoustrille abrite plusieurs entreprises de nettoyage, Multis (100 sal.), Bayard (40 sal.) et Net Services (25 sal.) et un négoce agricole (Duris, 35 sal.), plus une petite métallerie (Tech Industries, 20 sal.). Saint-Valentin (270 hab., 2 490 ha), la seule commune française de ce nom, 12 km à l'ouest d'Issoudun au bord de la Tournemine, en a profité pour se proclamer «le village de tous les amoureux» et organise des fêtes à l'occasion de la saint Valentin.