Jura (département du)

département au sud-ouest de la région de Franche-Comté. Il a pour préfecture Lons-le-Saunier, pour sous-préfectures Dole au nord et Saint-Claude au sud-est. Il touche à la Suisse dans le canton de Morez et voisine avec l’Ain, la Saône-et-Loire, la Côte-d’Or, la Haute-Saône et le Doubs. Son territoire s’étend sur 4 999 km2 et culmine au Crêt Pela (1 495 m) dans la forêt du Massacre, également point culminant de la région de Franche-Comté. Il est divisé en 34 cantons et 545 communes, qui se regroupent en 32 communautés de communes, elles-mêmes en passe de former 6 pays: Dolois, Revermont, Lédonien, Haute vallée de l’Ain, Lacs et Petite Montagne, Haut Jura.

Le Conseil général est passé à gauche en 2011; il est présidé par Christophe Perny, socialiste, cadre commercial, élu du canton de Lons-le-Saunier-Sud. Tous les parlementaires sont de droite: un sénateur UMP et un RDSE d’appartenance UDF puis UMP, ancien maire de Dole; trois députés UMP. Le département a connu un maximum de population élevé en 1841, avec 316 800 hab.; sa population a fortement chuté ensuite, jusqu’à 220 000 entre 1936 et 1954; puis elle a lentement augmenté: 238 900 en 1975, 248 800 en 1990, 250 900 en 1999. L’évaluation pour 2008 est de 260 700 (271 200 en population totale). La croissance est entièrement due à l’excédent de naissances, le solde migratoire ayant été très légèrement négatif au cours des années 1990.

Certes entièrement «comtois», le territoire du département est très contrasté et divisé. Il l’est déjà par le relief, du NO au SE: la plaine de Saône et de Bresse; le rebord du Jura; les plateaux jurassiens; les Monts du Haut Jura. Les trois pôles administratifs et urbains consacrent ces divisions et se répartissent plus ou moins également le service du territoire; le chef-lieu n’est même pas le plus peuplé; ils laissent d’ailleurs place à des pôles secondaires assez autonomes, comme Champagnole ou Arbois et Poligny. Ces trois centres principaux sont dans des situations très différentes.

Dole, au nord, est une ville de plaine; elle règne au milieu de l’aire de confluence de la Saône et du Doubs et cherche à tirer parti de ressources locales (les salines de Tavaux) et surtout d’une position de carrefour à la sortie du couloir Belfort-Besançon et à la divergence des voies vers Paris, Dijon et Lyon, voire vers la Lorraine; mais son environnement, s’il est verdoyant, est surtout forestier, et Dijon a pris le meilleur du carrefour réel. La «montagne» de la Serre au nord, la Bresse et ses étangs au sud, voire un Val d’Amour qui joue sur les mots le long de la Loue, apportent quelque variété aux paysages, et une activité bien tempérée.

Lons-le-Saunier est typiquement une ville de piémont, au contact des plateaux jurassiens et de la Bresse, entre un Vignoble qui lui échappe largement au nord-est, et un Revermont qui n’est plus guère viticole au sud-ouest. Elle rayonne sur la Petite Montagne au sud, et le pays des Lacs à l’est; mais ces contrées, agréables au visiteur, sont peu denses et plutôt dépeuplées. La préfecture vit ainsi d’abord de ses propres ressources: ni le sel ni le vin d’une tradition oubliée, mais en partie de l’administration publique et privée, en partie d’usines dont la principale originalité est le fromage fondu - un symbole d’adaptation de la tradition montagnarde à la demande des grandes villes…

Saint-Claude enfin est une ville de la montagne, d’accès relativement difficile, affairée à ses fabrications anciennes et nouvelles, tournée vers Genève et vers Lyon à travers ses voisines de l’Ain, et fort peu intéressée par les affaires doloises ou lédoniennes. Or ces trois villes ne couvrent que l’ouest et le sud du département. Restent, côté nord, le pays de Morez, affairé à ses spécialités lunetières et montagnardes (station des Rousses) et dont l’horizon est suisse et parisien plus que comtois; le plateau de Champagnole entre prés et bois, nettement plus orienté vers Besançon; et le Vignoble et ses abords, attachés à leurs particularités: des vins de prix, de superbes sites de reculée, plus le prestige d’un Salins-les-Bains et d’un Arc-et-Senans.

Cela fait une collection de pays, certainement pas un département métropolisé: bon pour l’autonomie locale et la respiration, moins pour l’accès aux services rares. Le Jura est un assez petit département par la population (81e en France métropolitaine) et même la superficie (75e), et par le produit brut, inférieur à 6 milliards d’euros par an; les résultats par habitant et par emploi sont inférieurs à la moyenne comtoise, mais supérieurs toutefois à ceux de la Haute-Saône. L’industrie y a une part supérieure à la moyenne nationale, mais en juxtaposant des structures très différentes: quelques grosses unités dans les bassins dolois et lédonien, une foule d’ateliers dans le Haut Jura des fabricants de jouets, de lunettes et autres spécialités attachantes.

Dans l’agriculture aussi, qui occupe 2 000 exploitants professionnels, le département est discret et divisé: une dizaine de petites régions agricoles, une domination de l’élevage moins accusée que dans les autres départements comtois puisque la production végétale atteint 47% du total en valeur, grâce surtout aux 40 millions d’euros annuels du vignoble, tandis que le lait assure 100 millions (2,9 Mhl) sur les 300 du produit total. En revanche, l’utilisation des sols est proche de la moyenne régionale: 232 000 ha de forêt (46%, dont on tire 560 000 stères par an), soit plus que la surface agricole utilisée (219 000), laquelle compte 58% en herbe, 75% en herbes et fourrages.