Langeais

4 050 hab. (Langeaisiens), 6 038 ha dont 3 053 de bois, chef-lieu de canton de l'Indre-et-Loire dans l'arrondissement de Chinon, 28 km OSO de Tours sur la rive droite de la Loire. Le nom originel fut Alingavia, ce que, outre un quelconque patronyme germanique non attesté, des érudits ingénieux interprètent comme «l’eau qui saute» au débouché de la Roumer dans le val de Loire, tandis que Dauzat et Billy y voient un mot parent de Langon et des Lingons et évoquant l'ondoiement de l'eau. Sur un site de pont et de ville forte, Langeais est connue pour son grand et haut château prérenaissance à vastes appartements, construit sur ordre de Louis XI de 1465 à 1490, à donjon du 10e s. et trois tours rondes, qui reçoit 82 000 visiteurs par an et où Charles VII épousa Anne de Bretagne en 1491; des rues ont pris la place des douves; de nombreuses caves sont creusées dans le tuffeau aux environs.

La ville a eu des faïenceries au 19e s., et jusqu'en 1999 une active corderie fabriquant des filets de sécurité. Les principaux emplois industriels viennent aujourd'hui du plastique avec une grosse usine Plastivaloire (300 sal.) et les emballages plastiques Serioplast (140 sal.), et de la fabrication de poupées et panoplies Mattel (Corolle, 190 sal., depuis 1979); machines pour fromageries (Servi Doryl, 70 sal.) et matériel agricole (Souchu, 25 sal.), champignonnières et conserves de champignons Somycel (Sylvan, 125 sal.), aliments du bétail (Laboratoire de prophylaxie naturelle, 30 sal.), maçonnerie (Cabrit-Claveau, 25 sal.); supermarché Carrefour (90 sal.); maison de retraite.

La nouvelle autoroute A 85 contourne la ville par le nord, tandis que d'ingénieux aménagements canalisent la circulation dans la plaine, où ont pris place une zone industrielle et l'échangeur autoroutier. Le curieux pont suspendu sur la Loire, long de 358 m, nanti de tours et châtelets d'allure moyenâgeuse, donne accès à Azay-le-Rideau et Chinon; il a été inauguré en 1839 mais cinq fois reconstruit et ré-inauguré, puis modernisé en 1983. Le finage de Langeais s'étend largement sur le plateau de Gâtine, très boisé et comportant notamment les bois de Bresne, de Langeais et, au nord, de Crémille, mais qui conserve aussi des landes; le manoir de Chemilly et le château de la Roche Cotard, à l'est, sont du 16e s.; la Roche Cotard est également un site de grottes à outillage préhistorique du paléolithique moyen (moustérien). La population de la commune a très peu changé au cours des deux derniers siècles, assez stable autour de 3 500 hab. Elle a toutefois légèrement augmenté de 1930 (3 500 hab.) à 1982 (4 100 hab.), puis a diminué, et a repris quelques dizaines d'habitants de 1999 à 2008.

Le canton a 12 000 hab. (10 800 en 1999), 9 communes et 23 141 ha dont 10 251 de bois; il est entièrement en Gâtine, au nord de la Loire; quelques communes de sa partie occidentale sont dans le parc régional Loire-Anjou-Touraine. À 6 km en amont de Langeais, face au confluent du Cher, Cinq-Mars-la-Pile est une commune peuplée et en forte croissance. Vers l'aval, Saint-Michel-sur-Loire (610 hab., 1 751 ha dont 863 de bois), à 5 km OSO de Langeais, a un «Vieux Château» du 15e s. au village, en fait le châtelet d'un château fort disparu, et un musée Keyaerts réunissant 60 voitures Cadillac au château de Planchoury; manoir restauré de la Cave-Blanchereau (16e s.). La commune a gagné 90 hab. de 1999 à 2008. Saint-Patrice (690 hab., 1 718 ha dont 703 de bois), qui en a gagné 50, lui fait suite 4 km au sud-ouest; château et bois de Rochecotte (18e s.), avec jardins et parc, ancien Port Plat au bord de la Loire; maison de retraite. Le val de Loire s'élargit vers l'aval à la faveur du dégagement de terrains tendres du cénomanien soulevés par l'anticlinal de Chouzé; la commune cultive 43 ha de vignes qui prolongent vers l'est l'aoc bourgueil sur une ancienne terrasse, et des vergers.

Ingrandes-de-Touraine (510 hab., 946 ha dont 529 de bois), au nom significatif, marque l'ancienne transition entre Touraine et Anjou; le village, au débouché d'un vallon qui entame le coteau de rive droite, est déjà à 3 km du fleuve et son finage n'atteint pas la Loire; l'autoroute de Tours à Angers (A 85) y descend dans le Val. Ingrandes est une commune viticole, qui cultive 154 ha de vignes en aoc bourgueil. Ces trois communes se partagent au nord les Landes de Saint-Martin et font partie du Parc régional Anjou-Touraine; leur population est en croissance lente et récente.

Il en est de même d'Avrillé-les-Ponceaux (450 hab., 3 280 ha dont 1 500 de bois), dont le village principal est à 16 km au nord-ouest de Langeais et qui a gagné 60 hab. de 1999 à 2007; la commune est issue d'une fusion de 1817 entre Avrillé et Saint-Symphorien-les-Ponceaux, qui est plus à l'est au bord de la Roumer; mais son nom actuel ne date que de 1920, et Ponceaux est une adaptation pudique d'un ancien Pourceaux (Porcellis au 9e s.), qui remonte au 17e s.; deux anciens fours à chaux, église du 11e s. à Saint-Symphorien. Les Essards (160 hab., 417 ha dont 330 de bois) est une petite commune entre Saint-Michel et Avrillé, à 11 km ONO de Langeais; son nom n'est pas apparu avant le 13e s. et le finage apparaît encore comme une petite clairière dans la forêt de Gâtine; mais l'église, inscrite, est des 11e-12e s.; le village est dans la vallée de la Roumer, allongé au pied du versant droit; étangs d'aquaculture.

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Cléré-les-Pins. Le château de Champchevrier à Cléré-les-Pins en Gâtine tourangelle. © RB-RV
Cléré-les-Pins. Le château de Champchevrier à Cléré-les-Pins en Gâtine tourangelle. © RB-RV

Cléré-les-Pins (1 260 hab., 3 562 ha dont 1 311 de bois), 12 km au NNO de Cinq-Mars-la-Pile, se nommait seulement Cléré avant 1936 et n'avait pas 800 hab. en 1975; elle en a gagné 90 entre 1999 et 2008; elle abrite un atelier de chaudronnerie nucléaire (SCN, 30 sal.). Son finage occupe toute la pointe septentrionale du canton et cache dans les bois le grand château renaissance de Champchevrier (16e s., repris aux 17e et 18e s., riche mobilier), avec parc, dont le site est classé. Cléré a aussi un camp naturiste au Bois des Forges et accueille le siège de la communauté de communes de Touraine Nord-Ouest, qui rassemble 23 communes et 18 800 hab., dont Langeais, Cinq-Mars-la-Pile et Château-la-Vallière.

Mazières-de-Touraine (1 180 Maziérois, 3 418 ha dont 1 630 de bois), à mi-chemin de Cléré et de Cinq-Mars, a une entreprise de décors de façade et balustrades (Weser, allemand, depuis 1966) qui emploie 250 personnes; grand étang de Crémille au nord-ouest du village, nombreux bois, quelques petits châteaux dont celui du Breuil qui appartint à la famille de Paul-Louis Courier, caves troglodytiques, un clocher-mur original à contreforts; vergers et serres. Le nom était simplement Mazières jusqu'en 1936; la commune n'avait que 600 hab. en 1975 et croît depuis; elle en a gagné 150 de 1999 à 2008.

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Mazières-de-Touraine. Le clocher-mur de Mazières-de-Touraine (12e siècle). © RB-RV
Mazières-de-Touraine. Le clocher-mur de Mazières-de-Touraine (12e siècle). © RB-RV