Ligueil

2 230 hab. (Ligoliens ou Ligueillois), 2 972 ha, chef-lieu de canton de l'Indre-et-Loire dans l'arrondissement de Loches, 18 km au SO de Loches au-dessus de la vallée de l'Esves. Elle est «station verte de vacances» et propose une aire de loisirs; atelier protégé pour handicapés et maison de retraite départementale, petite fabrique d'instruments de musique (Bergerault Percussions, 20 sal.), supermarché Simply (30 sal.); collège public. Jadis Ligueil avait été une étape sur la route de Paris en Espagne; mais le détournement de celle-ci par Tours et Sainte-Maure au 18e siècle lui a fait perdre cette fonction.

La population communale a assez peu changé de 1830 à 1950 autour de 2 000 hab., un peu augmenté ensuite jusqu'en 1982 (2 400 hab.) puis diminué avant de se stabiliser. Le bourg est le siège de la communauté de communes du Grand Ligueillois, qui rassemble 17 communes et 9 600 hab.

Le canton, qui s'étend sur le plateau de Sainte-Maure, a 7 800 hab. (7 200 en 1999), 13 communes et 28 357 ha dont 3 965 de bois. Son relief, un peu en contrebas des plateaux environnants, correspond à l'évidement d'un bray dégagé dans les sables du cénomanien à la faveur d'un bombement local dissymétrique (dôme de Ligueil). Les administrations agricoles distinguent volontiers pour cette raison une boutonnière de Ligueil, qui n'est cependant qu'une nuance locale des pays de grande culture de Champeigne et de Sainte-Maure.

Louans (610 Louannais, 1 802 ha dont 300 de bois) en est la commune la plus septentrionale, à 25 km SSE de Tours; elle abrite un atelier de fermetures et clôtures Vinerier (25 sal.); elle a gagné une cinquantaine d'habitants de 1999 à 2008, comme Le Louroux (480 Lourousiens, 2 887 ha dont 430 de bois), 15 km au nord de Ligueil; le village est au bord d'un grand étang de barrage aux têtes de l'Échandon, ruisseau qui rejoint l'Indre à Cormery par une vallée encaissée assez pittoresque; l'étang, poissonneux, établi par les moines au 10e s., a un plan d'eau de 58 ha dans un ensemble protégé de 110 ha; la commune a une église du 12e s., un gros château du 15e s. Tout à l'ouest de la commune est l'aérodrome de Tours-Le Louroux (la Raudière), consacré au vol à voile, avec une piste gazonnée de 900 m (code LFJT, aéroclub). Le nom du Louroux vient d'un oratoire.

Manthelan (1 370 hab., 3 958 ha dont 440 de bois) est un gros village-centre équipé à 11 km au nord de Ligueil, entouré de fermes à cour carrée dans un paysage de champagne. Il s'y maintient une tradition de carnaval et de défilé du bœuf gras à mardi-gras. Sa population, très longtemps stable autour de 1 200 hab. puis abaissée à moins de 1 100 en 1990, a augmenté de 210 hab. de 1999 à 2008. Bossée (340 hab., 1 901 ha) est à 5 km ESE de Manthelan, 12 km au NO du chef-lieu sur la route de Sainte-Maure à Loches (D 760); église classée du 12e s. à haut clocher à flèche.

La Chapelle-Blanche-Saint-Martin (650 Chapellois, 2 850 ha dont 500 de bois), 6 km au nord de Ligueil, a une église des 12e-13e s. et des châteaux dont celui de Grillemont (15e et 18e s.), au nord-ouest du village; charpentes (Berleau, 20 sal.). La commune se nommait La Chapelle-Blanche jusqu'en 1920; la population communale a gagné une centaine d'habitants de 1999 à 2007, alors qu'elle avait baissé tout au long du 20e s. Bournan (260 hab., 1 647 ha), 9 km ONO du chef-lieu, abrite le château de Bagneux (13e au 15e s.). Vou (210 hab., 2 195 ha dont 350 de bois), 6 km au NE de Ligueil, dont le nom évoque un gué, a une église du 12e s. et deux châteaux, celui du Verger (15e-16e s. sur base des 12e-13e s.) et le manoir de la Roche de Gennes (15e s.).

Mouzay (500 hab., 2 371 ha dont 570 de bois) est à 9 km au NE de Ligueil, et comme Vou au bord de la Ligoire, affluent de droite de l'Esves. Son territoire s'étend vers le nord, où le château de Beautertre (19e s., néogothique) est dans un environnement de bois et d'étangs. Ciran (450 hab., 1 380 ha dont 258 de bois) est 5 km ENE de Ligueil, au bord de l'Escargueil, petit affluent de l'Esves, laquelle traverse la partie sud et ouest du finage; châteaux de la Roche-Berthault (16e s., chambres d'hôtes) et des Repénellières au sud.

Vers le sud-est du canton, Varennes (230 hab., 1 107 ha), 10 km ENE de Ligueil au bord de l'Esve, s’orne au sud-ouest du château de la Houssière, et juste au sud du château de Saint-Senoch (18e s.), annexé en 1832 avec les ruines de l'ancien village de Saint-Senoch, alors que l'actuelle commune de Saint-Senoch (480 hab., 2 408 ha dont 467 de bois) a son village à 6 km au sud-est, sur le site d'un ancien prieuré qui avait attiré la population locale, à Barbeneuve; restes d'un four à tuiles et à chaux. Esves-le-Moutier (150 hab., 1 053 ha dont 250 de bois) est à 8 km à l'est de Ligueil, sur la rive gauche de l'Esves; église inscrite des 10e et 12e s., château des Brandelles au nord-est.