Meurthe-et-Moselle (département de)

département de la région Lorraine, étendu sur 5 246 km2; il a pour préfecture Nancy et sous-préfectures Briey, Lunéville et Toul. Il n’a pour autres voisins que les trois autres départements de la région, mais il est limitrophe du Luxembourg. Il est divisé en 44 cantons et 594 communes, regroupées en 37 communautés de communes et une communauté d’agglomération, formant elles-mêmes quatre pays hors de Nancy et de Longwy: Briey, Sud-Ouest meurthe-et-mosellan, Lunévillois).

Sa forme un peu particulière, avec un long appendice vers le nord, est un résultat de l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne en 1871: le département de la Meurthe a été amputé à l’est du pays de Sarrebourg et d’une partie du pays des Étangs, tandis qu’au nord-ouest subsistait du département de la Moselle une bande étroite sur le plateau, entre la vallée de l’Orne et Longwy: elle fut rattachée à ce qui restait de la Meurthe, formant alors le nouveau département de Meurthe-et-Moselle. La récupération de l’Alsace-Lorraine en 1919 ne fut pas accompagnée d’une reconstitution des anciens départements. Le Conseil général de la Meurthe-et-Moselle a une majorité de gauche: sur 44 conseillers, 24 sont au groupe socialiste et républicain, 8 au groupe communiste et apparentés; il y a 10 élus de droite et 2 non inscrits. Le président est Michel Dinet, ancien enseignant, élu socialiste de Colombey-les-Belles, ancien député. Le département a quatre députés UMP et trois socialistes, 2 sénateurs UMP, une communiste et un socialiste.

Le département est assez densément peuplé: 729 800 en 2008. Il avait 713 800 hab. au recensement de 1999 et sa population a été en croissant jusqu’au sommet de 1975 (722 500 hab.). La fin des mines de fer et la rétraction de la sidérurgie ont conduit ensuite à un léger tassement mais la croissance a légèrement repris: la population est estimée à 720 000 hab. en 2004; soit une densité de 137 hab./km2, un peu supérieure à la moyenne française mais loin de celles de la Mégalopole européenne. La Meurthe-et-Moselle conserve quelques bases industrielles lourdes autour de Longwy et de Briey et de la vallée de l’Orne, ainsi qu’à Pont-à-Mousson et au confluent des deux rivières éponymes à Pompey et Foug, ou à Dombasle en amont; les agglomérations de Nancy et Toul ajoutent des fabrications diversifiées, avec un effort vers la recherche et les nouvelles technologies dans le bassin de Nancy; la grande usine Renault de Batilly, sur le plateau de l’Orne, a contribué à des reconversions. Pourtant, le département n’a que 16% de ses emplois dans l’industrie: 39 000, contre 31 000 dans le seul commerce et 160 000 dans les services.

Il est donc l’un des plus tertiaires du Nord et du Nord-Est de la France, ce qu’il doit à la vitalité et à l’orientation de l’agglomération nancéienne. Celle-ci est à la tête d’un puissant et ancien nœud de communications, sur la voie principale de Paris à Strasbourg et récemment renforcé par l’A 31, qui facilite les échanges entre pays rhénans et méridionaux; elle bénéficie d’une université active et complète, doublée de nombreuses grandes Écoles et institutions de recherche. Le produit intérieur brut annuel est d’environ 15 milliards d’euros (30e département français), le plus élevé de la région par habitant (20 000 euros environ) et très légèrement inférieur à celui de la Moselle par emploi (55 300 euros contre 55 500 en 2000). Le département est proportionnellement le moins agricole de la région, mais son produit annuel de 330 M€ est peu inférieur à ceux de la Meuse et de la Moselle; les terres labourables (175 000 ha, surtout en céréales) l’emportent largement sur les herbages (95 000 ha); vignes (115 ha) et même vergers (800 ha) ont une présence marginale.

Le territoire départemental se divise en quatre ou cinq parties selon que l’on sépare ou que l’on réunit Toulois et Nancéien. Au nord, l’étroite bande de plateau entre la Chiers et le Rupt de Mad, jadis en Moselle, a joué un rôle considérable dans l’industrie sidérurgique française à partir du moment où l’on a su extraire commodément le fer de la minette; les bassins de Longwy et de Briey se trouèrent de mines et se couvrirent d’usines entre 1880 et 1960, jusqu’à Piennes vers l’ouest — et même Bouligny dans la Meuse. La crise industrielle y a pris des formes souvent pénibles de chômage, de dévalorisation de l’habitat, de subsidences et effondrements de terrains autour des sites miniers, et même d’indélicatesses dans l’attitude de certaines firmes en quête de subventions; les travailleurs frontaliers y sont nombreux, attirés par les emplois luxembourgeois. Quelques efforts de rénovation et de reconversion ont peu à peu atténué certains effets et le niveau de peuplement semble à présent se stabiliser.

La partie centrale du département peut être prise en bloc, ou divisée de plusieurs façons; elle est marquée par la densité et la stabilité du peuplement, ainsi que par certaines formes de croissance. Elle comprend la vallée de la Moselle en aval du confluent, industrielle; le plateau de Haye, boisé et agreste, en partie dans le Parc naturel régional et touchant à l’ouest à la Woëvre puisqu’elle atteint la forêt de la Reine et le lac de Madine; le Toulois, qui forme une entité originale au coude de la Moselle et au passage de l’axe Paris-Strasbourg; l’agglomération de Nancy et son environnement accidenté vers le nord (buttes du Grand Couronné et jusqu’à Nomény), l’ouest (côte de Moselle au rebord du plateau de Haye) et le sud-ouest (versant de la Moselle au-dessus de Neuves-Maisons), ainsi que son prolongement par Laneuveville et Dombasle au sud-est dans la plaine de Meurthe.

Le Saintois est la contrée du sud-ouest du département, dans les calmes horizons qui se déploient en direction de la Vôge, autour de Vézelise et de la butte de Sion: un certain prestige culturel et touristique, un pays agricole à dominante céréalière et menus ateliers, une population dont le déclin se poursuit. Le Lunévillois forme le sud-est du département. Ses paysages sont assez divers puisqu’il associe la plaine de Meurthe, couloir de circulation vers les Vosges où survit une part de la réputation de Baccarat; une fraction du pays des Étangs au nord, traversée par le canal de la Marne au Rhin; des campagnes tranquilles et herbagères, mais dépeuplées aussi, en direction de Sarrebourg et au sud de Lunéville; et même un segment du haut plateau des grès vosgiens, très boisé, au sud de Cirey-sur-Vezouze et de Badonviller. Ce sont là des marges, voire des marches, traversées mais peu fréquentées.