Meuse (département de la)

département le plus occidental de la région Lorraine; il couvre 6 211 km2 et a pour préfecture Bar-le-Duc, pour sous-préfectures Commercy et Verdun. Ses voisins sont les départements des Ardennes, de la Marne, de la Haute-Marne, des Vosges et de la Meurthe-et-Moselle; il est frontalier du Luxembourg et de la Belgique. Le département est divisé en 31 cantons et 498 communes; celles-ci sont associées en 27 communautés de communes. Les communautés sont regroupées en quatre pays: Verdun au nord, Cœur de Lorraine à l’est, Haut Val de Meuse au sud-est, Barrois au sud-ouest. Le Conseil général a une majorité de droite (18 élus contre 11 à la gauche et deux centristes d’opposition); il est présidé par Christian Namy, élu de Pierrefitte-sur-Aire. Le département a deux députés, un UMP et un socialiste; deux sénateurs de droite, un Nouveau Centre (ex-UDF) et un UMP.

La Meuse est un département «rural» qui tient une position de marche entre Champagne et Lorraine. C’est, hors le Territoire de Belfort qui est nettement moins étendu, le département qui a le plus faible produit annuel de toute la moitié nord de la France: avec 3,4 milliards d’euros, il ne dépasse qu’une petite dizaine de départements, tous de montagne hors le Gers et le Lot. Il n’a que de petites villes et il est dépourvu de communauté d’agglomération. Sa population ne s’est jamais remise du traumatisme de la Grande Guerre: déjà en déclin depuis le maximum de 1851 à 328 000 hab., elle est tombée de 278 000 hab. en 1911 à 216 000, aussi bien dans les années 1930 qu’en 1962; et elle a diminué depuis, puisqu’elle n’était que de 192 200 hab. au recensement de 1999. Les estimations pour 2008 lui donnent 194 200 hab., mais il est prématuré de considérer qu’il s’agit là d’un arrêt significatif du dépeuplement.

La Meuse est un département boisé: la forêt couvre 237 000 ha, soit 38% du territoire. Sur une surface agricole utilisée de 330 000 ha travaillent 3 000 exploitations, dont la moitié dépassent 100 ha et exploitent les quatre cinquièmes de la surface. Les labours (223 000 ha dont 138 000 de céréales) l’emportent largement sur les prairies (105 000 ha); 700 ha sont en vergers. La Meuse a le plus fort produit agricole des quatre départements lorrains, mais il n’atteint guère que 380 M€ par an.

Le territoire départemental dessine un ovale dont le grand axe nord-sud mesure 130 km et le petit axe E-O 60 km environ. Ses paysages sont marqués par l’alternance des affleurements géologiques de l’Est du Bassin Parisien, et les principaux traits de relief et de végétation qui les accompagnent. Ils sont ainsi rythmés d’ouest en est: le massif boisé de l’Argonne, qui a fixé la limite entre Champagne et Lorraine; la longue plaine à son pied, où se tiennent les principales bourgades de la partie occidentale; le plateau des Bars terminé par la côte des Bars au-dessus de Souilly et de Gondrecourt; le plateau et l’arrière-côte de Meuse qui domine la rive gauche du fleuve; la vallée de la Meuse, élargie en plaine vers l’amont; l’étroit plateau disséqué des Hauts de Meuse qui se termine vers l’est par la côte de Meuse proprement dite; la dépression humide de la Woëvre. Ce dispositif s’étrécit vers le nord et s’y recourbe vers l’ouest au contact du massif ardennais, en direction des Crêtes préardennaises; il s’élargit au sud en direction du Bassigny et du plateau de Langres.

Recoupant d’ouest en est ce dessin, les principales voies de communication ont fixé les villes. L’axe majeur est la voie de Paris à Strasbourg, qui passe par Revigny-sur-Ornain, Bar-le-Duc et Commercy et qui n’est pas étranger au choix de Bar-le-Duc plutôt que Verdun comme préfecture; il est marqué par la N 4 et la voie ferrée, tandis que le canal de la Marne au Rhin zigzague en s’adaptant autant que possible à la topographie. Le couloir septentrional était celui de la N 3 et de la voie ferrée de Paris à Metz par Verdun; il a été renforcé par l’autoroute de l’Est (A 4). La ligne ferroviaire à grande vitesse passera entre les deux, avec une gare à mi-distance de Bar-le-Duc et de Verdun. Les voies nord-sud sont mineures: la Voie Sacrée de Bar-le-Duc à Verdun, la vallée sinueuse de la Meuse qui accueille route et voie ferrée de Stenay à Neufchâteau, et la branche Nord du canal de l’Est sur une partie de son parcours; une route d’intérêt surtout local en Woëvre au pied de la côte de Meuse.

Les lieux clés sont donc surtout de simples carrefours, plus locaux que régionaux, comme Verdun et même Commercy. À l’ouest, l’ensemble du Barrois est plus étalé mais dispersé; il hérite d’un passé industriel métallurgique et textile lié aux gisements de fer jurassique locaux, très exploités au 18e siècle, et compte quelques usines éparses entre Revigny, Bar-le-Duc, Ligny-en-Barrois et les abords de Saint-Dizier. Au sud, c’est plutôt le travail du bois qui l’emporte; mais le sud comme le nord du département sont très faiblement peuplés et n’ont que de maigres bourgades; le fait n’est sans doute pas étranger au choix de Bure comme lieu futur d’enfouissement de déchets nucléaires… L’est du département est un peu plus ouvert et fréquenté: il bénéficie des efforts du Parc naturel régional et de l’aménagement du lac de Madine, et ajoute le tourisme vert à la fréquentation des champs de bataille de la Côte de Meuse.