Montataire

12 650 hab. (Montatairiens), 1 066 ha, chef-lieu de canton de l’Oise dans l’arrondissement de Senlis, face à Creil. La ville est dans la vallée de l’Oise, rive droite, au confluent du Thérain; le nom est d’ailleurs une déformation de Mons ad Theram, le mont du Thérain. Elle a peu de restes monumentaux, sinon un château de diverses époques et une ancienne collégiale, mais se distingue comme centre industriel, avec de puissantes unités, et une large ouvrière, ce que traduit l’évolution de ses municipalités, radicales jusqu’en 1919, socialistes ensuite, communistes depuis la Libération, et à peu près tous ouvriers; le maire est depuis 1995 Jean-Pierre Bosino, communiste, ancien ouvrier et militant syndical.

Il s’y maintient une usine sidérurgique, héritière d’une aciérie fondée en 1813 et qui produit 1,4 Mt/an; elle appartient au groupe Arcelormittal par Sollac et emploie 710 personnes. Un deuxième fleuron est la fabrique de rotatives et gros matériel d’impression Heidelberg (maintenant au fonds états-unien Matlin Patterson par Goss), héritière d’une usine Marinoni de 1847 et qui a 630 salariés. S’y ajoutent en métallurgie et mécanique l’usine Still de matériel de levage (groupe allemand Linde, 230 sal.) et la fabrique de fûts métalliques Gallay, au groupe allemand Mauser (60 sal.).

En chimie, Montataire se signale par la fabrique de peintures et laques Astral, au groupe néerlandais Akzo (330 et 90 emplois) et les cosmétiques Bioscom (55 sal.); maintenance mécanique Endel (45 sal.), métallerie Boullet (45 sal.), équipements de contrôle AEMS (20 sal.), imprimerie Doc Sourcing (20 sal.), constructions Cime (20 sal.), nettoyage Pronet (30 sal.); multiplexe de cinéma Pathé (25 sal.); négoces métallurgique Prosimo (35 sal.), de matériel de manutention Lenormant (30 sal.), d’informatique Laredo (25 sal.); entrepôts et transports Azimut Trans (85 sal.), CPLC (25 sal.).

Montataire partage avec Creil l’équipement d’une zone d’activités sur la friche industrielle laissée par l’ancienne et grande usine Chausson. La ville a un collège et un lycée général et professionnel publics. Son ancien village s’étire au pied du plateau tout le long du talus de rive droite de l’Oise et de rive gauche du Thérain, tandis que la vallée de l’Oise en amont et la plaine de confluence du Thérain et de l’Oise en aval sont presque entièrement occupées par les usines. Une «zone urbaine sensible» a été délimitée sur le plateau des Martinets au nord de l’ancien village, couronné de grands immeubles. La population communale se tenait vers 7 500 hab. dans la première moitié du 20e siècle; elle est assez rapidement montée dans les années 1950 et 1960 et a plafonné à 13 200 hab. (sdc) en 1975; elle a diminueé ensuite, mais a repris 480 hab. de 1999 à 2008.

Le canton a 27 100 hab. (26 400 en 1999), 10 communes, 6 928 ha. Dans la vallée du Thérain à l’ouest de Montataire, Cramoisy (650 Cramoisiens, 630 ha dont 174 de bois) a un très gros centre d’aide par le travail et institut médico-éducatif (Le Clos du Nid, 500 personnes) et a gagné 80 hab. de 1999 à 2008. Saint-Vaast-lès-Mello (920 Saint-Vaastiens, 797 ha) en a gagné 90 dans le même remps; son territoire a de vastes étangs de gravières; quelques petits ateliers, mais la commune est surtout résidentielle. Son nom vient de sa voisine Mello (480 Merlouquins, 335 ha), jadis une puissante baronnie, où subsiste le grand château de Mello du 15e s. (1480), à quatre niveaux et plusieurs tourelles, installé au bord du Thérain dans un grand parc, et remanié aux 17e s. puis au 19e s., quand il passa aux mains du baron Seillière, et devenu centre de séminaires (Châteauform, 40 sal.). Mello a gagné 110 hab. depuis 1999.

Au bord de l’Oise, Thiverny (970 Thiverniens, 206 ha) est jointive de Montataire; c’est une commune de cheminots (triage et bifurcation), qui héberge aussi un puissant poste d’interconnexion électrique et une partie des installations d’Akzo de Montataire, dont le nouveau siège social (200 sal.), et qui a reçu un Centre Leclerc (150 sal.); sa population communale a peu changé depuis 1965, mais elle a perdu 130 hab. depuis 1999.

Quatre communes peuplées, au sud du canton, forment en pratique une seule conurbation: Saint-Leu-d’Esserent, Villers-sous-Saint-Leu, Précy-sur-Oise, toutes trois au bord de l’Oise et, un peu en retrait dans un vallon, Blaincourt-lès-Précy (1 230 Blaincourtois, 813 ha dont 300 de bois), qui a précisé son nom en 1992 et connu une forte croissance de 1975 à 1990.