Montmort-Lucy

620 hab. (Montmortais), 2 917 ha dont 1 656 de bois, chef-lieu de canton du département de la Marne dans l'arrondissement d'Épernay 18 km au SO de la ville au-dessus de la vallée du Surmelin; la commune a eu d'assez nombreuses forges et verreries au 18e et au 19e s., mais s'est fort dépeuplée depuis. Elle a absorbé en 1973 Lucy, petite commune juste en aval à droite du Surmelin, et gagné quelques habitants depuis, sans nul excès.

Elle conserve plusieurs châteaux. Celui de Montmort fut aux comtes de Champagne, puis aux Sully; il a été refait au 16e s. (1572-1580), en briques, sur les anciennes fortifications, et présente un curieux mélange de solides tours et de grands toits aux multiples impostes, «un ravissant tohu-bohu de tourelles» selon Victor Hugo. Le château de la Charmoye (jadis Charmoie des Bois) est issu d'une abbaye fondée par les cisterciens en 1167. Le château des Castaignes a été acquis récemment pour son siège par la Financière Vranken, nouveau venu parmi les grandes maisons de champagne (1988), qui y emploie une cinquantaine de personnes. L'église de Montmort est classée (12e, 15e et 16e s.); un centre de loisirs a été équipé; le village a un collège public, une maison de retraite privée. Montmort-Lucy est le siège de la communauté de communes de la Brie champenoise (17 communes, 6 100 hab.).

Le canton a 4 100 hab., 22 communes et 25 206 ha; il s'étend surtout sur le plateau de Brie, traversé au nord par la vallée encaissée du Surmelin; mais il compte au sud-est une fraction de la côte viticole d'Île-de-France, au-delà de laquelle il atteint la vallée du Petit Morin et les marais de Saint-Gond. Sur la côte, Étoges (320 Étogiens, 1 457 ha dont 254 de bois), 7 km au SE de Montmort, a 90 ha de vignes AOC, avec coopérative; château des 17e et 18e s. à douves et quatre tours, aménagé en hostellerie des «Châteaux de France» (40 sal.); église des 15e-16e s. La commune a gagné 50 hab. de 1999 à 2008. Fèrebrianges (180 hab., 719 ha), à 9 km SE du chef-lieu, exploite 118 ha de vignes et a une coopérative.

Congy (280 hab., 1 747 ha dont 627 de bois), 10 km au SSE de Montmort, devait à sa situation et à ses 77 ha de vignes d'être honorée par une division du vignoble champenois, dénommée région de Congy-Villevenard; mais elle a été rebaptisée Val du Petit Morin (17 communes, 912 ha); le groupe de champagne Vranken-Pommery y emploie 70 personnes. Le finage de Villevenard (200 hab., 1 328 ha), 14 km au nord de Sézanne, va de la côte au marais de Saint-Gond: 121 ha AOC, champagne Renard Barnier (25 sal.), silos, une tourbière exploitée; musée de préhistoire et grottes funéraires classées dans la côte d'Île-de-France, église romane à tour octogonale du 12e s.

Baye (390 hab., 1 798 ha dont 457 de bois), 9 km SSO de Montmort, à la tête d'un vallon qui échancre la côte près de la percée du Petit Morin, combine vignoble (49 ha AOC), fromagerie et pommiers à cidre; cette ancienne baronnie a conservé un château à tours rondes plusieurs fois refait et où naquit Marion Delorme en 1613; elle a perdu 15 hab. entre 1999 et 2004. Sur le plateau au nord de Baye, Champaubert (140 hab., 1 275 ha), 6 km au SSO de Montmort, fut le site d'une des dernières batailles napoléoniennes, le 10 février 1814, ce que commémore une colonne.

Au NO du canton à 10 km de Montmort, Orbais-l'Abbaye (600 Orbaciens, 1 603 ha dont 291 de bois) a un grand versant viticole dans la vallée du Surmelin (43 ha d'AOC champagne en pinot meunier; le village avait reçu dès 678 ou 680 une abbaye de bénédictins, reconstruite au 12e s., dont il reste quelques murs; église gothique des 12e-13e s., ancienne église abbatiale, vieille tour, musée des girouettes. Le premier maître d'œuvre de la cathédrale de Reims en 1211 a été Jean d'Orbais, natif du village. Orbais a été au centre d'une petite métallurgie qui tirait parti des poches ferrifères des environs, et avait de nombreux ateliers au 19e s. C'est aujourd'hui une bourgade active, fleurie et d'aspect vivant, qui dessert les communes environnantes; musée dit Grenier de l'abbaye (arts et traditions populaires); quelques petites entreprises dont Axopole (câblages, du groupe Axon à Montmirail, 20 sal.), SCDC Filtréco (articles métalliques, 30 sal.), Adis (sérigraphie sur verre et autres supports rigides, 25 sal.), Vétiver (flacons pour cosmétiques et parfumerie, 30 sal.). La commune a eu plus de 1 000 hab. dans les années 1860 et en avait conservé 800 en 1954, mais a perdu des habitants depuis.