Morez

5 700 hab. (Moréziens) dont 220 à part, 967 ha dont 739 de bois, chef-lieu de canton du Jura dans l’arrondissement de Saint-Claude, 27 km NNE de celle-ci, à 730 m, dans une large combe recoupée par une cluse de la Bienne, qu’emprunte la N 5 de Paris à Genève. Le promontoire de la roche au Dade offre un superbe panorama sur la ville, la combe et la cluse. Au nord-est, Morez possède une quasi-enclave dans la forêt du Risoux, qui monte à 1 303 m au Crêt à la Dame, aux Encroches.

Ancien fief des horloges comtoises, Morez est devenue la capitale de la lunetterie. Celle-ci y est fille de la petite métallurgie puisqu’elle y a été développée à l’origine par des cloutiers, passés à la fabrication de montures métalliques pour lunettes et pince-nez. Une soixantaine d’entreprises occupent 3 700 salariés dans la vingtaine de communes du bassin d’emploi. Le secteur est soutenu par une École nationale d’optique, issue d’une ancienne école horlogère, et par le lycée d’optique Victor Bérard (700 élèves). Le syndicat professionnel a créé en 2003 un centre Viseum, avec expositions et documentation et musée de la lunette. Une Maison de l’émail (écomusée) rappelle que Morez fut également un lieu de fabrication de tôles émaillées, notamment pour les cadrans d’horloges comtoises. Morez possède en outre un musée d’Histoire et un musée de peintures F.-H. Jourdain.

À Morez même, les principales entreprises de lunetterie, en forte réduction d’effectifs pour la plupart, et dans un milieu très fluctuant, sont les sociétés Logo (230 sal., 800 dans le groupe, issu d’une association entre Lux de Morez et Essilor), Albin Paget (65 sal.), Lamy-Fidela (25 sal.), Visio (25 sal.), L&L Design (20 sal.). En accompagnement travaillent le décolletage Prost (30 sal.), le traitement de surfaces des Essarts (Jecor, 35 sal.); fabrique d’objets métalliques pour maroquineries CP Luxe Composants (20 sal.); travail tempraire Adecco (30 sal.); constructions Maruzzi (25 sal.), supermarché Leader Price (20 sal.). Morez avait déjà 5 500 hab. en 1881 et a connu son maximum en 1990 avec près de 7 000 hab.; elle a perdu 700 hab. de 1999 à 2008. La ville a un hôpital local (20 lits), un collège et un lycée publics, un collège privé. Elle est le siège de la communauté de communes Arcade, ou du Haut Jura (4 communes, 8 900 hab.).

Le canton a 15 600 hab., 20 communes et 22 561 ha dont 14 079 de bois. Il est limitrophe de la Suisse et du département du Doubs, et marqué par les directions SO-NE du relief, que recoupe le cours de la Bienne avant de les suivre vers le SO dans une vallée en gorge. La population est restée stable après 1999. Morbier, juste en aval de Morez, prolonge l’agglomération et les mêmes activités. La Mouille (310 Mouillerands, 806 ha dont 556 de bois) est sur le plateau à 5 km SO de Morez vers 1 000 m, et domine ainsi les gorges de la Bienne; décolletage Genet (20 sal.).

Au sud-ouest, Longchaumois (1 190 Chaumerands, 5 760 ha dont 3 390 de bois), 13 km au SO de Morez à 900 m, est sur le plateau qui domine les gorges de la Bienne, et son finage, très étendu, monte jusqu’à 1 416 m. Le village est classé station verte et village de neige; on y pratique le ski de fond et le Parc y a ouvert une Maison de la Flore; un atelier de lunetterie (Julbo, 90 sal.) a succédé à d’anciennes fabrications d’instruments de mesure en bois (mètres linéaires); un camping de 130 places, 210 résidences secondaires (28% des logements). La population communale augmente depuis le creux de 1968 à 740 hab., et a gagné 70 hab. depuis 1999.

Plus à l’est, Prémanon (1 030 Prémanonniers, 2 818 ha dont 1 734 de bois), 12 km au sud de Morez à 1 120 m, est sur le même plateau, mais défoncé par les vallons affluents de la Bienne. Sa population s’est fort accrue de 1999 à 2008: de 350 hab., soit +51%! À l’est de la commune, près de la frontière au hameau des Jouvencelles, ainsi que sur le territoire voisin des Rousses, ont été réunis un musée européen de l’expédition polaire dénommé Centre Paul-Émile Victor, une maison de la faune, un village de vacances, la Montagne des Tuffes (tremplins de saut à ski), le centre national de ski nordique et le belvédère des Dappes qui domine la frontière au-dessus de la station suisse de la Dôle, et d’où l’on accède à la forêt du Massacre et à Lamoura. L’ensemble forme le principal domaine de la station de ski alpin et nordique des Rousses. En face, se trouvent la bourgade touristique et ouvrière des Rousses, et plus loin au nord Bois-d’Amont, toutes deux communes frontalières. Prémanon compte ainsi deux hôtels, deux campings (160 places), 860 résidences secondaires soit les deux tiers des logements.

Au nord de la combe de Morez, à 5 km de la ville, Bellefontaine (570 Bellifontains, 2 471 ha dont 1 759 de bois), à 1 030 m, possède une part de la forêt du Risoux, un lac, des équipements pour le ski de fond et 4 remontées mécaniques; s’y affairent une petite taillerie, et surtout l’entreprise Girod (Française de signalisation) qui fabrique des panneaux et poteaux de signalisation (280 sal.); un hôtel, 125 résidences secondaires (36% du parc). La commune s’est accrue de 110 hab. entre 1999 et 2008.