Moselle (département de la)

département au nord-ouest de la région Lorraine; il s’étend sur 6 216 km2, ce qui en fait, de peu devant la Meuse, le plus étendu de la région. La préfecture est Metz, également chef-lieu de région. Il comporte 9 arrondissements: Boulay-Moselle, Château-Salins, Forbach, Metz Campagne, Metz Ville, Sarrebourg, Thionville-Est et Thionville-Ouest. Il est divisé en 51 cantons et 730 communes; celles-ci sont réunies en 34 communautés de communes et pas moins de 5 communautés d’agglomération: Metz-Métropole, Forbach-Porte de France, Portes de France-Thionville, Val de la Fensch, Sarreguemines-Confluences. Les pays officiels ne couvrent encore qu’une moitié orientale du département: Saulnois, Sarrebourg, Sarreguemines-Bitche-Sarralbe.

Le département est à la frontière du Luxembourg et de l’Allemagne; il n’est limitrophe que du Bas-Rhin et de la Meurthe-et-Moselle. Il ne correspond pas à l’ancien département de Moselle d’avant 1871: l’annexion à l’Allemagne l’a amputé de la partie occidentale, intégrée par la suite à la nouvelle Meurthe-et-Moselle, et l’a agrandi vers le sud-est en ôtant du département de la Meurthe le pays de Sarrebourg et une partie du pays des Étangs; cette nouvelle configuration, qui n’a pas été remise en cause au moment de la restitution en 1919, excédait largement la limite linguistique: Metz et ses environs étaient dans la partie romane, non germanisée, du territoire. Le Conseil général a une majorité de droite; il est présidé par Patrick Weiten, divers droite, élu du canton de Yutz, et compte 15 UMP, 14 indépendants et un non-inscrit pour la majorité, un Modem, 20 élus d’opposition dont 17 socialistes, un communiste, deux divers gauche. Le département a 8 députés UMP et 2 socialistes; 3 sénateurs socialistes, deux UMP.

La Moselle n’a jamais été aussi peuplée qu’à présent: elle avait 696 000 hab. en 1936, 1 006 000 en 1975 quand elle a dépassé pour la première fois le million, 1 023 400 en 1999; les estimations pour 2008 sont à 1 042 000 habitants. La Moselle est le plus peuplé et le plus puissant des départements de la Lorraine, avec un produit brut annuel de plus de 20 milliards d’euros (20e place en France); celui lui donne la première place dans la région pour le produit par emploi, mais seulement la deuxième pour le produit par habitant après la Meurthe-et-Moselle.

La sidérurgie au sens large reste un gros employeur avec 30 000 salariés; elle a été en partie relayée par la construction automobile. Mais le nombre de travailleurs frontaliers, dont les emplois sont au Luxembourg et en Allemagne, est apparemment plus élevé. En sens inverse, les firmes étrangères emploient en Moselle 36 000 salariés, presque la moitié au compte de sociétés allemandes: c’est dire l’ouverture du département sur l’économie rhénane. Les deux ports fluviaux de Thionville-Illange et de Metz sont au gabarit européen. La gare de triage de Woippy est la première de l’Est (400 000 wagons par an, jusqu’à 3 000 par jour); la Moselle reste un producteur d’électricité de diverses origines, avec une puissance installée de 10 GW.

Le département est le moins forestier de la Lorraine avec un taux de boisement de 28%, mais n’en compte pas moins 172 000 ha de bois, surtout dans les plaines et collines du bassin de la Sarre et du côté du massif des Vosges. La superficie agricole utilisée est de 314 000 ha, soit à peine plus de la moitié de la surface totale; les labours en occupent 188 000 ha (60%), dont 109 000 en céréales; l’herbe abonde à l’est et au sud-est dans le pays de Sarrebourg et le massif vosgien; mais l’agriculture compte relativement peu: le produit agricole annuel mosellan atteint 350 M€, soit moins que celui de la Meuse, soit 1,7% du produit départemental.

Le département de la Moselle s’étire d’ouest en est sur 125 km à la hauteur de Bitche, mais sur 50 km seulement un peu au sud, en raison de l’avancée vers l’ouest de la Petite Alsace. Son activité se fonde principalement sur deux bassins d’emploi et de peuplement. Le premier est celui de Metz-Thionville, qui fut fondé sur les mines de fer et la sidérurgie et en conserve bien des traces dans l’activité et dans les paysages, surtout dans les basses vallées industrielles de la Fensch et de l’Orne; il mord un peu sur le Pays Haut et a envoyé quelques annexes en plaine du côté de Cattenom ou, plus récemment, de l’aéroport international Metz-Nancy, situé dans la Moselle et très fréquenté par les avions-cargos. Le second est celui de la Sarre, qui fut fondé sur les mines de charbon, la chimie et la métallurgie; il associe le bassin du Warndt autour de Saint-Avold, la vallée de la Rosselle entre Saint-Avold et Forbach, le pays de Sarreguemines au sud-est; il se reconvertit peu à peu, notamment du côté d’Hambach où s’est installé un pôle industriel autour de la Smart, ou de la Mégazone logistique de Farébersviller.

Deux axes nord-sud soutiennent ainsi les deux extrémités de la Moselle. À l’ouest est le plus puissant, par Metz et le long de la vallée de la Moselle en direction de Nancy, et l’appui de l’A 31. Le plus oriental vient de Sarrebruck par Sarreguemines et va en direction de Sarrebourg, et de l’Alsace par Phalsbourg et Saverne; il est soutenu par l’autoroute de l’Est (A 4), qui court de Freyming-Merlebach à Phalsbourg. Voie ferrée et A 4 équipent le couloir de communication ouest-est entre Metz et le pays Sarrois et forment ainsi un axe transversal. La transversale méridionale est plus discrète: ses voies, ferrée (Paris-Strasbourg), routière (N 4) et fluviale (canal de la Marne au Rhin) se dispersent dans le sud du département, avant de se réunir pour profiter de la trouée de Saverne.

Entre ces couloirs et leurs carrefours, s’étendent les espaces ruraux plutôt dépeuplés du Saulnois et du bassin de la Nied, assez verts et boisés, où se dispersent néanmoins d’assez nombreux ateliers; une partie est incluse dans la moitié orientale du Parc naturel régional de Lorraine. Au nord-est, le pays de Bitche se tient un peu à part dans les forêts et les profonds vallons du plateau des Vosges gréseuses, y conserve une tradition verrière et y cultive le tourisme vert à l’intérieur du Parc régional des Vosges du Nord. Reste au sud-est une autre partie des Vosges gréseuses, plus rude et plus haute, autour de Dabo et du Donon: à tous points de vue, bien loin des accumulations urbaines et industrielles de Metz-Thionville.