Mourmelon-le-Grand

5 050 hab. (Mourmelonnais), 2 321 ha, commune du département de la Marne dans le canton de Suippes, 22 km au nord de Châlons-en-Champagne. C’est la ville d’un camp militaire, mais elle a élargi ses fonctions. Bien reliée à Reims comme à Châlons, elle dispose de tous les commerces et services de base, dont un collège public, et sert de centre de services pour nombre de villages aux environs; quelques petites entreprises, un Intermarché de 65 emplois, nettoyage de l'Ostrevent (50 sal.). La population communale (sdc) a culminé à 8 300 hab. en 1931; après guerre, elle a fluctué, puis entamé une nouvelle croissance à partir de 1982 où elle n'était qu'à 3 900 hab. La disparition statistique de la population comptée à part (1 500 hab. en 1999) a fait baisser la population totale de près de 800 hab. entre 1999 et 2008, tandis que la population municiale était censée augmenter de plus de 600 hab.

Juste à l’ouest, Mourmelon-le-Petit a 790 hab. (1 219 ha), la gare principale, une part des installations militaires (entrepôts, intendance) et sert d’annexe industrielle: ateliers de mécanique (Oeno Concept, 35 sal.), tôlerie (TSR, 20 sal.) et plastiques (Ineos Compounds, 30 sal.). La communauté de communes de la région de Mourmelon associe 8 communes (8 200 hab.). L'aérodrome de Moumelon est dans la commune de Livry-Louvercy (v. Suippes). .

Le camp de Mourmelon

Le camp a été créé en 1856 par décret de Napoléon III, et inauguré fastueusement par l'empereur l'année suivante; Mourmelon-le-Grand avait 400 habitants avant sa création, 5 719 en 1862 et 7 078 en 1896. Sa localisation tenait surtout à la relative proximité de Paris et au bon marché des terres. Il portait alors le nom de camp de Châlons, ville déjà commodément accessible de Paris par chemin de fer. Le maire de la capitale champenoise, Joseph Perrier, avait contribué à son installation et favorisé la création immédiate d'un embranchement ferroviaire de 25 km entre la ville et le camp. Celui-ci avait entraîné l'expropriation de 1 300 cultivateurs, pour 10 000 ha, en des lieux qui, il est vrai, n'avaient alors qu'une bien médiocre réputation agricole.

À l'intérieur de ses 40 km de périmètre, il était conçu pour accueillir 25 000 militaires et 6 000 chevaux en manœuvre. Sept fermes nouvelles y avaient été installées, à Bouy, Cuperly, Jonchery, Suippes, Vadenay, plus les fermes du Piémont à Suippes et du Quartier Impérial à Mourmelon; seules subsistent Cuperly, le Piémont et Suippes, toutes près de la limite orientale du camp et de la D 77, loin de Mourmelon, d'ailleurs transformées et affectées à d'autres usages. Entre 1857 et 1870, le camp fonctionnait comme une grosse ville d'été, très médiatique, dans une atmosphère de fête et accueillant force visiteurs parisiens, plus des «mourmelonnes», dont le nombre augmentait fortement en été pour le repos des guerriers.

Les guerres de 1870 et de 1914 ont accru le rôle du camp, doté aujourd'hui d'une vaste étendue d'installations fixes et qui reste, de loin, le plus peuplé et le plus actif des camps militaires en France (mais non le plus grand, 12 000 ha). Ce n'est pas sans répercussions sur les activités de Châlons-en-Champagne, à laquelle il reste indissolublement lié; il compte 2 900 personnes actives, ce qui représente 6 000 personnes avec les familles.

Aujourd'hui, l'espace bâti à Mourmelon-le-Grand occupe environ 500 ha, tant dans le camp qu'à l'extérieur. Le noyau d'habitat dense forme hors du camp, le long du vallon du r. Cheneu, affluent de la Vesle, un grand T dont les branches s'allongent sur les D 19 (O-E) et 21 (N-S) et où l'on trouve collège, gymnase et terrains de sport, le tout à l'extérieur du camp; plus un cimetière militaire. À l'ouest de la ville, mais à l'intérieur du camp, est installé un arsenal; au sud, coexistent une dizaine de quartiers militaires distincts, des stands de tir, hangars et entrepôts. Toute la partie orientale de la commune, en savarts ou en bois, relève des terrains d'exercice du camp, doté de nombreuses installations spécialisées. En fait le camp, soigneusement clôturé et pourvu d'une rocade périphérique interne, s'étale sur le territoire de dix communes. L'ensemble Châlons-Mourmelon-Suippes réunit 8 000 militaires de l'armée de terre. Mourmelon héberge l'Ercat (établissement régional du commissariat de l'Armée de Terre), le 8e RMAT (régiment de matériel de l'Armée de Terre), les 501e et 503e RCC (régiments de chars de combat) et le 5e Groupement de camp.