Mouy

5 500 hab. (Mouysards), 987 ha, chef-lieu de canton de l’Oise dans l’arrondissement de Clermont, 11 km au SO de Clermont et 24 km au SE de Beauvais, dans la vallée du Thérain, rive droite. La ville a quelques maisons anciennes et restes du vieux château, un collège public; elle est surtout un foyer industriel sur la route de Beauvais à Clermont, avec une gare. La commune avait déjà plus de 3 400 hab. au 19 s. et sa population s’était abaissée à 2 900 en 1936; elle croît depuis, mais seulement de 80 hab. entre 1999 et 2008. L’unité urbaine Insee est donnée pour 11 000 hab.

Elle a cependant perdu ses principales usines: Sachs (groupe allemand Friedrichshafen), successeur d’Allinquant et qui fabriquait surtout des amortisseurs, avec 330 sal. en 2005, a fermé en 2009; la Générale de Brosserie (200 sal. en 2005), liquidée en 2007; un atelier Essilor, fermé en 2005. Restent TEC Automatismes (85 sal.), et des ateliers dans la mécanique (outillage Rabourdin, 70 sal.), la brosserie (Fournival, 40 sal.), l’électronique Seicer (30 sal.), la serrurerie (Ferleurop, 20 sal.); supermarché Champion (40 sal.), Intermarché (50).

Le canton a 15 200 hab. (15 000 en 1999), 11 communes, 8 246 ha; il est traversé par la vallée du Thérain et n’atteint pas tout à fait la vallée de l’Oise à l’est. À l’ouest sont quatre petites communes. Thury-sous-Clermont (680 hab., 542 ha dont 210 de bois), 6 km au nord de Mouy, a gagné 60 hab. de 1999 à 2008; elle abrite le château de Fillerval, propriété de la famille des géographes Cassini, qui le réaménagèrent au 18e s.; c’est un centre de rencontres et séminaires (20 sal.).

Les Cassini à Thury

La dynastie des Cassini a eu pour point de rassemblement, sinon pour quartier général, le château de Fillerval à Thury et ont même ajouté son nom au leur. Le premier, Gian Domenico, est né en Toscane en 1625 et mort à Paris en 1712; il s’est intéressé à l’astronomie au point de devenir professeur à l’université de Bologne, puis directeur du tout nouvel Observatoire de Paris en 1671; il prend la nationalité française en 1673 et épouse la fille du lieutenant général du comté de Clermont, qui avait dans sa dot le château de Fillerval. Dès lors les Cassini, du premier au cinquième, ne cessent d’habiter et de travailler à l’Observatoire de Paris où ils ont un logement devenu héréditaire, et d’utiliser le château de Thury comme résidence d’été, en le rénovant en 1701.

Cassini I et son fils Cassini II (Jacques), né en 1677, établissent le réseau géodésique de la France de 1683 à 1744. C’est Cassini III, César-François, fils de Jacques, né en 1714 à Thury, plus géomètre qu’astronome, qui prend en charge, sous l’autorité de l’Académie, la réalisation de la fameuse carte à une ligne pour 100 toises (1/86 400) en 181 feuilles; il effectue dès la mort de son père en 1756 les levés nécessaires par triangulation, calés sur le réseau établi par les deux premiers Cassini; il se fait ensuite aider de son fils Jean-Dominique (dit Cassini IV), né en 1748, et le travail s’achève en 1787, trois ans après la mort de César-François.

La publication des cartes s’étale de 1758 à 1815. Chaque carte couvre une surface de 80 km sur 50 environ (40 000 toises sur 25 000). Tout le travail est centralisé à l’Observatoire, Cassini envoyant sur le terrain des équipes d’ingénieurs et disposant sur place de graveurs; faute de soutien royal, il doit constituer une Société de la Carte de France, qui obtient des subsides des provinces. Cassini IV fut aussi maire et juge de paix de Thury; il devint père d’un Cassini V (1781-1832), médecin et biologiste, mort jeune du choléra. Le château de Fillerval à Thury est une grande bâtisse d’allure classique, sans grand relief, qui porte en façade la représentation des instruments de l’astronome; il abrite actuellement un centre de formation du groupe Suez. On peut voir toutes les cartes de Cassini sur le site http://cassini.ehess.fr

Saint-Félix (560 hab., 513 ha), 5 km au NO de Mouy sur la rive gauche du Thérain, a des étangs de loisirs et un musée de la Brosserie, activité qui eut son heure de gloire dans la vallée, et qui d’ailleurs se maintient dans l’industrie; elle s’est accrue de 70 hab. entre 1999 et 2008. Hondainville (610 Hondainvillois, 600 ha dont 265 de bois), juste en aval de Saint-Félix, ancienne seigneurie, a un château mais du 19e s., et une entreprise de cosmétiques (Mavala, 40 sal.). À Heilles (600 hab., 601 ha dont 223 de bois), de l’autre côté de la vallée, 5 km ONO de Mouy, château et chapelle (16e s.) de Morienval. Mouy forme une agglomération avec deux proches voisins de l’autre côté du Thérain: Bury et Angy (1 210 Angylois, 360 ha), qui est le site d’une usine Prysman ex-Pirelli (câbles électriques pour automobiles, 90 sal.), et possède une belle petite église des 11e-12e s. à gros clocher carré à contreforts; Intermarché (60 sal.).

Un peu au nord dans un vallon, Ansacq (280 Ansacquois, 840 ha) a un château renaissance entre deux étangs au creux d’un profond vallon qui descend vers le Thérain. À l’est du canton, le plateau se termine au-dessus de la vallée de l’Oise par un coteau vigoureux. À 8 km à l’est de Mouy sur le rebord du plateau, Cambronne-lès-Clermont (1 060 Cambronnais, 934 ha dont 300 de bois), son gros clocher et son village annexe d’Ars, sur un éperon plus au sud, dominent ainsi Rantigny; Clermont a gagné 60 hab. depuis 1999. Neuilly-sous-Clermont (1 690 Neuillantais, 774 ha dont 204 de bois), un peu au nord, a préféré le creux d’un vallon qui entame le talus, près d’une ancienne commanderie de templiers restaurée au cours des années 1950; Euromedis (55 sal., italien) y distribue des produits pharmaceutiques; nettoyage Euro Cristal (95 sal.), travaux publics Crosille (20 sal.). La commune de Neuilly a absorbé en 1825 celle d’Auvillers, dont le village subsiste au nord, sur le plateau; elle avait alors 430 hab; encore à 390 hab. en 1954, sa population a sensiblement augmenté depuis, du moins jusqu’en 1999.