Neuvy-le-Roi

1 240 hab. (Noviciens), 4 750 ha dont 457 de bois, chef-lieu de canton de l'Indre-et-Loire dans l'arrondissement de Tours, 27 km NNO de la préfecture. Elle a été mentionnée au 6e siècle comme Novivicensis, un village de peuplement d'origine gallo-romaine, chef-lieu de viguerie au 9e siècle. Le bourg n'a que les commerces de base, plus une maison familiale rurale et un collège public; il est entouré de nombreux châteaux et manoirs dont ceux de la Martinerie (16e et 19e s.) et du Rouvre au sud-ouest (16e s.), du Coudray au sud (19e s.), de la Thivinière (16e s.) au nord; église classée des 12e et 16e s. La grosse ferme de Platé, au sud-ouest du finage à la limite de la commune de Neuillé-Pont-Pierre, fut connue au 19e siècle comme exploitation modèle; elle fabrique aujourd'hui des charcuteries.

La commune a eu 1 800 hab. au début du 19e s., 1 500 vers 1900, et s'est dépeuplée jusqu'en 1982 où elle est passée au-dessous de 1 000 hab. (sdc); elle a un peu repris depuis, ajoutant 90 hab. de 1999 à 2008. Le village est le siège de la communauté de communes de Racan, qui correspond au canton.

Le canton a 6 500 hab. (5 900 en 1999), 10 communes et 25 403 ha dont 3 507 de bois; étiré d'ouest en est, il est limitrophe des départements de la Sarthe et du Loir-et-Cher et traversé du SE au NO par la Dême, affluent du Loir, et plus à l'est par le Long et l'Escotais, qui se rejoignent en débouchant dans le val du Loir un peu en amont de Château-du-Loir. Juste à l'est de Neuvy à 4 km, Louestault (370 Louestaultiens, 1 645 ha dont 454 de bois) abrite un centre de rééducation professionnelle au château de Fontenailles (14e et 19-20e s.) et contient une partie de la forêt de Beaumont; elle a gagné plus de 100 hab. de 1999 à 2008.

Marray (420 hab., 2 381 ha dont 600 de bois), dont le village est dans la vallée de la Dême à 9 km à l'est du chef-lieu, s'orne des châteaux de la Roche d'Alès (16e au 20e s.) et de la Pénissière (15e et 19e s.) et conserve des restes de l'ancien logis seigneurial fortifié dit aussi bien la Grande Maison que la Vieille Prison. L'église de Marray est la seule de Touraine à être construite en grès roussard (cénomanien), dont une carrière fut exploitée sur place; moulins sur la Dême. Marray a crû de 80 hab. entre 1999 et 2008.

À Chemillé-sur-Dême (680 hab., 3 354 ha dont 243 de bois), 8 km au NE de Neuvy, se voit le château de la Marchère (14e-15e s. et 18e-19e s.); le village a depuis 1937 une vraie salle de spectacle. La population de la commune a gagné 100 hab. de 1999 à 2007 alors qu'elle diminuait jusque-là; mais elle fut de 1 500 hab. au début du 19e s., de 1 000 encore en 1911. Épeigné-sur-Dême (160 hab., 2 108 ha dont 324 de bois), 3 km en aval, a une église des 11e-12e s. et contient les châteaux de Girardet (19e s.), de Rennefort (18e et 19e-20e s.), des Pins (19e-20e s.), lequel appartint au journaliste états-unien P. Salinger de 1970 à 1990.

Bueil-en-Touraine (370 hab., 1 806 ha dont 244 de bois), 6 km NNO de Neuvy, est un village au centre bien conservé, à maisons à colombage et vieux hôtels, qui a une collégiale classée du 14e s. et abrite au château du Plessis-Barbe (19e s.), au bord du Long au sud de la commune, un établissement hospitalier de long séjour (160 sal.). Le nom de la commune était Bueil jusqu'en 1920, et fut célèbre aux 14e et 15e s. par sa famille seigneuriale et guerrière, qui eut un Grand Amiral de France et à laquelle appartenait aussi Racan, qui se nommait Honorat de Bueil. Sa voisine Villebourg (280 hab., 1 236 ha), au bord du Long, conserve le haut manoir du Gué du Roi (15e et 19e s.); son nom originel était Villeboureau (villa Burelli) et le village n'a donc jamais été ni ville ni bourg…

À l'ouest du canton, Saint-Paterne-Racan (1 700 Saint-Paternois, 4 777 ha dont 637 de bois) est une bourgade active et bien équipée dans la vallée encaissée de l'Escotais, suivie par la voie ferrée Tours-Le Mans (gare), près de la route Tours-Le Mans (N 138) et de l'autoroute A 28 (échangeur), au sein d'un pays de vergers (pommiers et poiriers), de champignonnières (dont un centre technique) et d'habitat troglodyte. Elle englobe au sud le château de la Roche-Racan (1634), qu'illustra l'écrivain, et à l'ouest, dans un vallon, l'abbaye cistercienne ruinée de la Clarté-Dieu qui est en voie de rénovation privée et abrite un atelier d'artistes; les deux sites sont classés. Le nom de Racan a été ajouté en 1936 à celui de la commune, qui durant la Révolution fut changé en Les Bains… La population dépassait les 2 000 hab. dans la première moitié du 19e s.; les variations ont été assez faibles depuis les années 1920, mais la commune a gagné 200 hab. de 1999 à 2008. Le finage accueille plusieurs autres châteaux, certains avec parcs; étang de la Fougeraie à l'ouest de la commune; festival musical Les Bucoliques. Le bourg fut jadis un grand foyer d'artisanat textile et reste un haut lieu de la production de champignons de Paris; ses principaux employeurs actuels sont des ateliers d'équipements aérauliques (ASP, 55 sal.), génie thermique (Thermie Sologne, 35 sal.) et isolation (Lefève, 25 sal.), une champignonnière (Caves de Carême-Prenant, 25 sal.), une coopérative fruitière.

Saint-Christophe-sur-le-Nais (1 100 Christophoriens, 1 827 ha), juste au nord de Sainte-Paterne, a une église classée et cultive 70 ha de vergers, pour 130 de prés et 1 400 de labours; elle a une maison de retraite. La commune eut jadis des tanneries, une faïencerie et une boutonnerie, de l'artisanat textile; il lui en reste de belles demeures, dont l'actuel hôtel de ville; châteaux de Gesnes (début du 18e s.) et de Vaudésir (16e, 17e et 18e s.), moulins dans la vallée de l'Escotais. L'église Saint-Christophe (12e et 16e s.) est classée et restaurée (peintures murales, statues polychromes, voûtes en bois); la chapelle Saint-Gilles, fondée en 1122, a été agrandie au 15e s. La commune a gagné 140 habitants de 1999 à 2008; sa population augmente depuis le minimum de 1982 (880 hab.), mais elle eut 1 700 hab. au début du 19e s. Le Nais est le nom ancien de l'Escotais, conservé par un affluent mais sous la forme le Nègre; la dernière partie du nom de la commune a plusieurs fois changé et n'a sa forme actuelle (sur le Nais) que depuis 1895; il fut Val-Riant pendant la Révolution. Bon site http://www.stchristophesurlenais.net.

Saint-Aubin-le-Dépeint (340 Saint-Aubinois, 1 519 ha dont 300 de bois) occupe l'angle nord-ouest du canton, non loin de Château-du-Loir (8 km); manoir de la Fosse (16e-17e s.), grands vergers de pommiers sur le plateau, bénéficiant d'irrigation à partir d'étangs collinaires. Le nom de la commune a été complété en 1959 seulement mais la désignation est ancienne puisqu'il fut Depicti au 11e s.; le nom révolutionnaire fut Le Dépeint.