Nièvre (département de la)

département de la région de Bourgogne, occupant le quart sud-occidental de la région. Son nom vient de la Nièvre, petite rivière qui coule sur 49 km en direction du sud et conflue avec la Loire à Nevers. Les deux têtes de la rivière sont la Nièvre d’Arzembouy et la Nièvre de Champlemy, ainsi nommées du nom des deux localités qui sont à leur source; la seconde est souvent nommée Nièvre tout court; les deux se rejoignent à Guérigny.

Le département a une superficie de 6 816 km2 ; divisé en 4 arrondissements, il a pour préfecture Nevers, pour sous-préfectures Château-Chinon, Clamecy et Cosne-Cours-sur-Loire; il totalise 32 cantons, 312 communes, 27 communautés de communes ou d’agglomération, 3 pays et participe sur ses bordures à 4 autres pays qui relèvent majoritairement des départements voisins. La population était de 220 650 hab. contre 225 200 au recensement de 1999, lui-même en diminution par rapport à 1990 (233 300) et 1975 (245 200); elle est estimée à 221 000 en 2004, soit une densité de 32 hab./km2, la plus faible de la région et l’une des plus faibles de France.

Le département a pour voisins le Loiret, le Cher, l’Allier et les trois autres départements de la région, donc seulement deux régions. Il est bordé au sud et à l’ouest par le cours de la Loire, qu’il dépasse toutefois un peu dans son angle sud-ouest, et presque entièrement drainé vers ce fleuve. Le conseil général de la Nièvre a une majorité de gauche, le président étant Marcel Charmant, élu socialiste de Nevers-Est, agent d’assurances, ancien sénateur et ancien député. Les deux sénateurs et les trois députés sont socialistes, dans un département qui fut le fief de François Mitterrand et de Pierre Bérégovoy.

L’organisation du territoire est très dissymétrique. Le chef-lieu est tout à fait excentré au sud-ouest; l’axe de circulation principal, dirigé vers Paris, se tient près des bordures occidentales; il est parcouru, urbanisé, et y ajoute vignes et stations thermales. À l’est au contraire règnent les hauteurs boisées du Morvan, agrémentées par les lacs de retenue du haut bassin de l’Yonne, dépeuplées mais dont les avantages touristiques ne sont pas négligeables. Entre ces deux domaines s’étendent des campagnes agréables mais un peu délaissées et aux bourgades discrètes, les unes en bocages herbagers dans la dépression périphérique du Bazois, les autres à la fois un peu plus labourées et plus boisées sur de bas plateaux annonçant le Bassin Parisien et formant l’ensemble dit des collines du Nivernais, relayées au nord-ouest par une partie de la Puisaye. Les sous-préfectures étant elles-mêmes périphériques, le centre du département traversé par le canal du Nivernais, en est la partie la plus rurale.

Le produit annuel de la Nièvre est faible (4,1 milliards d’euros), même par emploi (47 500 €) et par habitant (18 200 €); la répartition des emplois est plutôt moyenne: sur 86 000 travailleurs, 5 600 (6,5%) sont dans l’agriculture, 19% dans l’industrie et 6% dans le bâtiment, un peu moins de 57% dans les services et un peu plus de 12% dans le commerce. Assez boisé, le département consacre 373 000 ha à l’agriculture, dont plus de la moitié à l’herbe (191 000 ha) et l’élevage, surtout à viande, domine nettement, sauf tout au nord-ouest.