Oise (département de l’)

département de la région de Picardie, limitrophe de l’Île-de-France et de la Haute-Normandie. Il a pour préfecture Beauvais, pour sous-préfectures Clermont, Compiègne et Senlis et comporte 41 cantons et 693 communes, 25 communautés de communes et 2 communautés d’agglomération (Beauvais et Compiègne), 7 pays. Il est limitrophe des départements de la Seine-Maritime, de l’Eure, du Val-d’Oise, de la Seine-et-Marne, et bien entendu de l’Aisne et de la Somme.

Département le moins étendu et le plus peuplé de Picardie, il occupe 5 860 km2 et comptait 766 400 hab. en 1999, ce qui lui donnait une densité de 131, de loin la plus élevée de la région, et supérieure à la moyenne française. Sa population était de 606 000 hab. en 1975, 725 600 en 1990; elle est officiellement de 799 700 en 2008 (819 200 en population totale). Cette forte croissance est étroitement liée à l’expansion de l’agglomération parisienne, qui déborde largement dans le département au sud. La population de l’Oise s’était maintenue pendant plus d’un siècle très légèrement au-dessus de 400 000 habitants, et a commencé à croître fortement dès 1950.

Le Conseil général est présidé par Yves Rome (socialiste), élu du canton de Nivillers; après un long règne de la droite et de la famille Dassault, le conseil comprend 25 élus de gauche (10 socialistes, 3 radicaux, 2 communsites, I divers), la droite 16 sièges (tous UMP). Sur sept députés, un est socialiste, six sont UMP; sur quatre sénateurs, deux sont UMP, deux socialistes, dont une femme dans chaque camp. Le nom des habitants est Oisien, ou de façon plus recherchée Isarien, en référence à l’ancienne forme du nom de la rivière.

Le territoire de l’Oise est allongé d’ouest en est, et fortement dissymétrique. La partie septentrionale relève du plateau de craie picard, entaillé par des vallées à fond herbager et tourbeux, peuplé de villages plutôt menus et de bourgades discrètes, aux paysages d’agriculture prospère et à la population stable ou déclinante. Le sud est sous l’emprise de l’expansion parisienne, et de plus en plus densément peuplé à l’approche de l’Île-de-France. Toutefois, l’organisation du relief et des circulations y apporte quelques différences substantielles.

L’Oise est traversée par cinq radiales parisiennes, fort inégales. La plus occidentale, par Beauvais, atteint la Manche au Tréport; son effet est surtout sensible entre Paris et la préfecture départementale, où elle a pour axe la N 1. Une deuxième joint directement Paris à Amiens par Creil et Clermont; très peuplée au sud de Clermont, elle n’a qu’un faible impact au-delà. La troisième est un couloir de circulation majeur, celui qui relie Paris à Lille, juxtaposant N 17, A 1 et TGV; mais s’il passe par Senlis, il traverse ensuite un peu en étranger la vallée de l’Oise et les campagnes picardes. Le quatrième suit à peu près le cours de l’Oise, par Compiègne et Noyon; mais il manque d’horizon et, à partir de Saint-Quentin, se rabat vers le Nord. Le cinquième va de Paris à Soissons et Laon par la N 2; son intérêt, au moins dans l’Oise, est purement local.

L’organisation du relief et des cours d’eau introduit des éléments transversaux, qui ont leur intérêt local. La tectonique rend sensible toute une série d’orientations ESE-ONO, plus ou moins parallèles d’ailleurs au cours de la Seine; elles apparaissent à l’est avec les cours de l’Aisne, de l’Automne et de la Nonette; plus nettement à l’ouest avec le cours inférieur du Thérain, l’extrémité orientale de la boutonnière du pays de Bray et la ligne de hauteurs du plateau de Thelle. Ce qui reste de la côte d’Île-de-France se manifeste dans les buttes du Noyonnais et dans celle de la forêt de Hetz-Froidmont à l’ouest de Clermont. Toutefois, ces jeux n’interviennent que dans le détail des configurations locales, tout en offrant aux habitants et aux loisirs des Parisiens une multiplicité de sites intéressants, surtout si l’on y ajoute la double ceinture de forêts, jadis terrains de chasse aristocratiques et conservés pour cette raison à travers les siècles: celle de Chantilly-Ermenonville près de Paris, celle de Hetz et Compiègne-Laigue au-delà.

Plus fondamentalement, le jeu de ces radiales et de la distance à Paris a contribué à faire apparaître trois principaux foyers de peuplement, qui ont attiré et fixé de nombreux emplois. Les deux plus septentrionaux, à une distance de Paris déjà sensible (60 à 70 km), sont ceux de Beauvais et de Compiègne. L’autre est plus proche de la capitale et bien plus complexe: il associe Senlis, des villes de grande banlieue qu’atteint même le RER à Orry-la-Ville, les espaces de prestige, de résidence fortunée et de récréation autour de Chantilly, les ensembles industriels de Creil-Montataire, prolongés le long de l’Oise vers Pont-Sainte-Maxence, et le long de la Brêche en direction de Clermont par Liancourt.

Ces concentrations donnent au département une coloration complexe et une base industrielle non négligeable, ainsi qu’un produit assez élevé: plus de 16 milliards d’euros, soit 20 500 par habitant et 59 000 par emploi, nettement plus que dans les autres départements de Picardie. Les emplois industriels sont diversifiés, allant de la métallurgie lourde aux cosmétiques et parfums; les participations des firmes étrangères sont très actives. Quoique très secondaire à l’échelle du département, l’agriculture est prospère et relève de la grande exploitation à productions végétales assistées par la politique agricole commune, largement orientée vers l’agro-industrie.