Orange

28 900 hab. (Orangeois) dont 1 700 à part, 7 420 ha dont 591 de bois, chef-lieu de canton du Vaucluse dans l’arrondissement d’Avignon, 21 km au nord de la préfecture. La ville est célèbre pour ses antiquités romaines, son passé original et son festival. Elle a été créée comme colonie romaine en 35 avant notre ère et a si bien grandi que son enceinte n’entourait pas moins de 70 ha. Il en reste un arc de triomphe au nord de la ville, l’un des plus grands encore debout, un gymnase, des restes de remparts et, au sud, le théâtre antique, sur le flanc nord de la colline Saint-Eutrope, aménagée en parc et qui offre un large point de vue. Le théâtre, dont le mur de fond atteint 103 m de long et 37 m de haut, et qui peut contenir 8 600 spectateurs, accueille en juillet depuis 1869 les Chorégies, un festival d’art lyrique renouvelé en 1971.

La vieille ville, entourée d’une ceinture de boulevards, est tassée entre la colline et le cours de la petite Meyne, rivière locale de 15 km de long et qui rejoint le Rhône à Caderousse. Elle propose un musée municipal, principalement archéologique, qui reçoit 48 000 visiteurs par an. L’Aigue coule au nord du finage et fixe à l’ouest sa limite, qui n’atteint donc pas tout à fait le Rhône. Mais Orange atteint la rive gauche du Rhône au sud, dans la pointe au-delà du quartier du grès et de la colline du Lampourdier, où sont les trois ponts routier, autoroutier et du TGV. Orange est à une bifurcation ferroviaire et à la bifurcation de l’A 7 vers Marseille et vers le Languedoc (A 9), ce qui a contribué à son rôle marchand.

Orange dispose de deux collèges et trois lycées publics dont deux professionnels, un collège et un lycée privés, un lycée professionnel agricole public, un centre hospitalier (120 lits médicaux, 230 en tout), un centre de gérontologie (180 places) et deux maisons de retraite (110 et 65 places), deux cliniques Capio (Fontvert, 90 sal., 90 lits) et du Parc (50 sal., 70 lits), deux instituts médico-éducatifs, une ingénierie EGTM (120 sal.), un cabinet de géomètres Ecartip (30 sal.). À l’est de la ville dans la plaine, ont été aménagés un golf et, sur 370 ha, l’aérodrome d’Orange-Caritat, base aérienne 115 de l’armée de l’air, inaugurée en 1939, affectée à un escadron de chasse et doté d’une piste en dur de 2 400 m; elle occupe 1 700 personnes, dont 180 civils. La commune contient aussi 1 046 ha de vignes, avec une cave coopérative.

Les principaux établissements de production sont l’usine de Saint-Gobain Isover (300 sal.), la brosserie Monitor (90 sal.), l’imprimerie d’étiquettes Autajon (80 sal.); menuiserie Rabillon (40 sal.), équipements de contrôle Mondragon (35 sal.), boulangerie La Manu Svpf (30 sal.), emballages en papier 5.7 Etiquettes (30 sal.), vins des domaines Bernard (60 sal.) et Perrin (35 sal.). La distribution est représentée par un hypermarché Carrefour (250 sal.), un Intermarché (80 sal.), le négoce de matériaux Chausson Trialis (60 sal.). Les autres employeurs notables sont les bases autoroutières ASF (270 et 140 sal.), EdF-GdF (135 sal.), la Sncf (55 sal.); traitement de déchets Chimirec Malo (35 sal.), isolation G. Benedetti (40 sal.), travaux publics Braja Vésigne (80 sal.), transports Channelfret (45 sal.) et Bert (40 sal.).

La population d’Orange s’est tenue autour de 10 000 hab. entre 1850 et 1930 puis a entamé une croissance d’abord modérée accélérée de 1960 à 1980, ralentie depuis. Les estimations pour 2005 sont de 29 000 hab. (sdc). Le quartier Nord d’Orange est classé en «zone urbaine sensible». Le conseil municipal a une majorité de droite; il est dirigé depuis 1995 par Jacques Bompard (MPF), médecin, également conseiller général, qui vient de l’extrême-droite et a été l’un des fondateurs du Front National, et dont l’épouse est maire de Bollène.

Les 2 cantons ont 50 300 hab., 10 communes, 26 938 ha dont 3 315 de bois. Orange et ses environs ont longtemps formé un domaine seigneurial indépendant, extérieur au Comtat Venaissin; de comté il est devenu principauté en 1181, relevant de la Bourgogne et donc de l’Empire germanique, et passé par héritage à la maison hollandaise de Nassau en 1544; celle-ci dut l’abandonner au royaume de France à la signature du traité d’Utrecht en 1713; mais Louis XIV ne s’était pas privé de l’occuper de temps à autre. Le long du Rhône se succèdent Piolenc, Caderousse et Châteauneuf-du-Pape. Sérignan-du-Comtat, Camaret-sur-Aigues et Jonquières forment la demi-ceinture orientale de la ville.

Les trois autres communes sont un peu plus éloignées et moins peuplées. Uchaux (1 500 Uchaliens, 1 848 ha dont 637 de bois) disperse ses hameaux dans les collines boisées au nord d’Orange, à une dizaine de kilomètres. Le château fort ruiné du Castellas (12e au 14e s.) campe sur les hauteurs; le château de Massillan (15e s., très rénové au 19e s.) est au pied, côté nord, les châteaux Saint-Estève et Aigueville (19e s.) sont au sud. Uchaux compte 440 ha de vignes et un centre d’aide par le travail. La commune n’avait que 320 hab. en 1954 et sa population a surtout augmenté entre 1982 et 1999 - elle aurait perdu 80 hab. entre 1999 et 2005.

Les deux dernières communes sont à l’est d’Orange et en plaine. Travaillan (680 Travaillanais, 1 765 ha) est à 11 km au NE d’Orange et conserve une porte fortifiée du 12e s.; l’habitat se disperse sur son territoire, qui est viticole (719 ha de vignes), traversé par l’Aigues et contient l’aérodrome d’Orange-Plan de Dieu, doté d’un aéroclub et d’une piste bitumée de 2 000 m, et qui sert aussi de terrain de secours pour l’armée de l’air. La commune avait 370 hab. en 1954 et a crû jusqu’en 1999; elle a perdu quelques habitants depuis. Violès (1 600 Violésiens, 1 479 ha) est plus à l’est, sur la rive droite de l’Ouvèze à 13 km d’Orange. Contrairement aux précédentes, la commune est dotée d’un vrai bourg, ceint d’un boulevard circulaire. La commune avait moins de 1 000 hab. de 1886 à 1950; elle a crû jusqu’en 1999. Le vignoble y tient une grande place, avec 1 440 ha déclarés, mais sans coopérative; maison de retraite.