Orbey

3 700 hab. (Orbelais), 4 602 ha dont 1 987 de bois, commune du Haut-Rhin dans l’arrondissement de Ribeauvillé, 21 km à l’ONO de Colmar dans la vallée vosgienne de la Weiss. La ville est une intéressante bourgade (jadis Orbeis ou Orbetz) qui conserve des restes d’une abbaye cistercienne (fondée en 1138) et un musée du val d’Orbey. Le nom et sa forme allemande (Urbeis) viennent d’ur-bach et désignent une «rivière des bœufs» (des ures ou urus dans la forme ancienne). La population était de 5 600 hab. en 1851, 4 800 hab. en 1876, 3 500 en 1954 et a atteint un minimum en 1982 (3 100).

Orbey accueille l’usine de pièces plastiques Mark IV Systèmes Moteurs (états-unien, 410 sal.), qui fabrique des systèmes d’admission d’air pour des constructeurs d’automobiles, plus des fromageries et quelques petites entreprises, surtout de travail du bois et de plastiques, et la métallerie Saulnier (20 sal.); hôpital intercommunal, collège public. L’habitat s’étire sur une dizaine de kilomètres au fond de la vallée SO-NE de la Weiss, et de deux affluents venant du nord-ouest et du sud, qui convergent vers le centre-ville. Le Val, tout entier dans le Parc régional des Ballons, est traversé par la N 415 de Colmar à Nancy par le col du Bonhomme, sur les traces de l’ancienne voie romaine Petrosa.

Limité à l’est par les forêts de Kaysersberg et Ribeauvillé, l’horizon de la commune d’Orbey est fermé au nord par le Grand Faudé (713 m), au nord-ouest par par la Tête des Faux (1 208 m) où sont des restes d’ouvrages militaires et la nécropole nationale Dufresne, puis la Tête des Immerlins (1 218 m). Passé le col du Calvaire (1 145 m) où a été aménagée une petite station de ski partagée avec Le Bonhomme, la limite occidentale du finage suit la limite départementale jusqu’au Gazon du Faing (1 303 m). Elle se dirige ensuite vers le sud-est où elle atteint le col du Wettstein (882 m) puis le Schratzmaennele (1 045 m), et quitte la ligne de crête en allant vers le nord.

La partie la plus pittoresque est celle des cirques occidentaux, creusés par les glaciers quaternaires, au fond desquels sont le lac Blanc (1 057 m, 28 ha, 72 m de profondeur, un record en Alsace) et le lac Noir (954 m, 15 ha, 45 m de profondeur) séparés par le Belmont (1 272 m) qui porte un observatoire. Les deux lacs sont accessibles par une route (D 48) qui passe par plusieurs hameaux, dont ceux de Pairis vers 650 m (hôpital) et de Noirupt vers 800 m (colonie de vacances), dans la vallée du ruisseau du Lac Noir. Le lac Blanc, très encaissé, sert de réserve à la centrale électrique du lac Noir, inaugurée en 1933, qui l’alimente par pompage aux heures creuses. Cet ensemble est très fréquenté; la station de ski du lac Blanc offre 9 remontées mécaniques, 11 pistes de descente plus 14 de ski de fond; sites d’escalade. La vallée du ruisseau du Lac Blanc, un peu plus au nord, est moins bien desservie mais a néanmoins des centres de vacances, petits hameaux et marcairies.

Deux larges vallons au sud-ouest contiennent les hameaux d’altitude des Hautes Huttes (vers 900 m, à l’ouest) et des Basses Huttes (vers 700 m, à l’est). Le long de la route des Crêtes sont le cimetière militaire du Wettstein au col de même nom, le Mémorial du Linge au Collet du Linge (987 m), un cimetière militaire allemand à l’est du Schratzmaennele. La partie sud-est de la commune comprend deux vallons d’altitude; le plus oriental abrite au fond le petit hameau du Bois le Sire avec une maison de vacances, et plus en aval le site du monastère de dominicaines du Holnet, transféré de Colmar en 1973; l’autre contient le hameau de la Housserouse près d’une Pierre Tremblante; tous deux convergent au nord en formant la vallée très habitée de Tannach, qui descend droit sur le centre-ville.

Sur les pentes dominant en ubac la vallée de la Weiss, en aval du centre, s’accrochent également quelques hameaux, comme le Busset et les Allagouttes. Le versant d’adret, sous le Grand Faudé, est moins habité mais a reçu des installations, de sports notamment. Enfin, vers le nord-ouest, le vallon du ruisseau de Surcenord est habité jusqu’à Remomont, d’où la petite route diverge vers d’autres hameaux et maisons de vacances comme Bermont, le Beauregard, Hachegoutte et Surcenord au nord, la Mattrelle et le Beu vers l’ouest.

Bien que le chef-lieu de canton soit sa voisine Lapoutroie, Orbey est non seulement le centre du Val d’Orbey, qui s’étend vers le sud jusqu’au Linge et aux Trois-Épis, mais le principal bourg du «pays welche», un très ancien îlot francophone en pays alsacien, comme le montre sa toponymie. Cinq communes seulement se partagent le territoire: au centre et au sud Lapoutroie, Orbey et Labaroche; côté nord Le Bonhomme et Fréland. Le val d’Orbey, qui abonde en marcairies et en chemins pastoraux, ainsi qu’en chalets, gîtes et équipements de vacances, bénéficie en partie de la réputation touristique de Kaysersberg, dont il est aussi un arrière-pays; il porte dans son ensemble le label «station verte de vacances».

Vers le nord, il monte à la la crête du Brézouard (1 228 m), que l’on franchit au col des Bagenelles (903 m, petite station de ski) en direction du Val d’Argent. À l’ouest, la crête principale des Vosges, à la limite régionale, est jalonnée par le Rossberg (1 128 m, panorama, nombreuses fermes-auberges aux environs), le col du Bonhomme (949 m), le col du Louschbach (978 m), la station de neige du Calvaire et le Gazon de Faing. Côté sud, on passe dans le pays de Munster par le col de Wettstein (882 m). Le Linge (986 m; mémorial) et le Grand Hohnack (976 m, château féodal ruiné) signalent la crête séparant les bassins de la Weiss et de la Fecht.