Orléans

116 500 hab. (Orléanais) dont 3 700 à part, 2 748 ha, préfecture du Loiret. La ville a pour origine l'antique cité gallo-romaine de Cenabum, l'autre chef-lieu des Carnutes avec Chartres, dont le nom est devenu Aurelianus au 3e s., et qui fut un moment capitale du royaume franc des Mérovingiens. Orléans a été souvent associée aux vicissitudes de la royauté et fut reprise aux Anglais en 1429 par les généraux qui accompagnaient Jeanne d'Arc, laquelle y gagna le titre de Pucelle d'Orléans. La ville fut active aux 16e-17e s.; c'était en partie grâce à la navigation sur la Loire, qui en faisait un port de Paris: Orléans se tient en effet au point où la Loire est la plus proche de Paris. Cela lui valut entre autres une spécialisation dans la vinaigrerie, traitant les vins abîmés qui avaient circulé sur le fleuve.

Orléans était encore la 7e ville de France vers 1860. Puis la nouvelle révolution industrielle et les chemins de fer ont promu d'autres régions, et pendant longtemps Orléans a été davantage victime des aspirations parisiennes que servie par sa proximité de la capitale: il a fallu attendre les desserrements des années 1960 pour voir Orléans prendre une tout autre allure en recevant de nouvelles activités. La commune a eu 50 000 hab. dans les années 1850, 67 000 en 1900, 73 000 en 1936; elle est passée à 76 000 en 1954, 95 000 en 1968, 105 000 en 1990. Elle est restée stable de 1999 à 2007.

La ville s'est établie sur la rive droite de la Loire. Le centre-ville y offre un quadrillage régulier, hérité de la ville romaine, autour de l'ensemble formé par la cathédrale, l'hôtel de ville, l'hôtel de région et la préfecture, où sont aussi quelques belles maisons anciennes. Il est au sein d'un polygone de 2 000 m O-E et 1 000 m N-S dessiné par les boulevards et qui conserve à l'ouest l'ancien hôpital. Ce centre reçu l'empreinte de l'urbanisme du 18e s. dans la place du Martroi et la rue Royale, nord-sud, qui file droit jusqu'au pont Georges V, et dans le tracé très apparent des boulevards qui ont succédé aux anciens remparts; en outre, il a dû être en partie reconstruit après les bombardements de la dernière guerre, ce qu'a réussi l'architecte P. Abraham. La cathédrale des 13e et surtout 16e s. domine ce centre d'une ville riche en musées: beaux-arts, histoire et archéologie, maison et centre Jeanne d'Arc, muséum d'histoire naturelle, centre Charles-Péguy, centre d'exposition de l'ancienne collégiale Saint-Pierre-le-Puellier. L'Astrolabe pour la musique, la Médiathèque, le Carré Saint-Vincent pour les spectacles et plusieurs jardins jalonnent les boulevards. La gare en cul-de-sac, l'hôtel du département et le muséum sont juste au-delà des boulevards côté nord.

Le territoire communal est officiellement divisé en six quartiers calqués sur les cantons: quatre au nord de la Loire (73 000 hab.), plus Saint-Marceau (19 000 hab.) et la Source (21 000 hab.) au sud. La ligne A du tramway, inaugurée en 2000 et longue de 20 km, en est la nouvelle artère principale, de Fleury-lès-Aubrais à la Source par l'axe Martroi-Royale du centre-ville et le pont central (George-V). Au nord-ouest, s'étendent des quartiers militaires et le gros centre commercial de la Libération, desservi par le tram; au nord-est, des quartiers populaires se calent entre les grandes zones industrielles des Aubrais et de Saint-Jean-de-Braye; le quartier de l'Argonne y fait partie des zones urbaines sensibles et a reçu un statut de zone franche urbaine.

Au sud de la Loire, la commune dessine une longue et étroite bande, formée par intégrations successives de banlieues. Saint-Marceau était le faubourg de rive gauche; il a été prolongé jusqu'au Loiret le long de la nationale 20, où sont le Parc des expositions et le Zénith. Au-delà d'un étranglement qui réduit à quelques mètres la largeur du territoire communal, Orléans a annexé en 1959 le domaine de la Source, nommé à partir de la source du Loiret et qui occupait 407 ha. La source est entourée d'un superbe parc floral avec roseraies, créé en 1963 sur 35 ha. Le domaine universitaire et des laboratoires de recherche ont pris place au sud du parc, et plus loin le centre hospitalier, des bureaux (Chèques postaux, Centre informatique des impôts, etc.) et des quartiers d'habitation agrémentés par un lac. Toutefois la Source figure aussi parmi les quartiers sensibles, du moins pour l'ensemble de HLM qui jouxte le campus universitaire au sud-ouest.

La commune d'Orléans a surtout des activités tertiaires. Elle a reçu la préfecture de la région Centre et le siège du Conseil régional, ainsi que la plupart des administrations de niveau régional; elle héberge l'état-major de la 2e Brigade Blindée, ainsi que le 43e bataillon de transmissions de l'armée de terre. Elle a un centre hospitalier régional (1 100 lits, 1 500 avec le long séjour) et trois cliniques dont la Reine Blanche (190 sal., 110 lits) et la Cigogne (50 sal.), une maison de convalescence (les Buissonnets, 95 sal.), des maisons de retraite (60 et 50 sal.), 8 collèges publics et 5 collèges privés, 5 lycées publics et 5 lycées privés, un lycée professionnel public. Orléans dispose d'un large équipement de salles de spectacle et organise de nombreuses festivités comme le festival de Loire, les rencontres d'architecture Archilab, les journées Ville handicap, des rencontres de piano, de jazz, un carnaval des écoles, les fêtes de Jeanne d'Arc (ou Johanniques). Le musée de sciences naturelles reçoit 72 000 visiteurs par an, record régional; celui des beaux-arts 46 000, la maison de Jeanne d'Arc 24 000, le centre Charles Péguy 11 000.

Orléans avait eu une Université, créée en 1306 par le pape et fermée en 1793, qui fut réputée pour le droit. L'actuelle Université d'Orléans a été créée en 1961, et dispose de quatre facultés: droit, économie, gestion (27% des effectifs); lettres, langues, sciences humaines (19%); sciences (19%); sports (Staps, 7%), les IUT comptant pour 21% mais avec les trois départements de l'Eure-et-Loir (Chartres), du Cher (Bourges) et de l'Indre (Châteauroux et Issoudun). Contrairement à Tours, cette université n'a cependant pas d'enseignement de médecine-pharmacie. Elle a monté une École polytechnique (7% des effectifs étudiants) qui regroupe les anciennes écoles d'ingénieurs Esem (énergie et matériaux), Espeo (procédés électroniques et optiques), Iav (arts visuels) et pilote des enseignements supérieurs dans l'Eure-et-Loir, le Cher et l'Indre. Elle totalise 15 000 étudiants, son personnel compte au total 1 500 personnes.

Orléans héberge aussi à la Source des laboratoires du Centre national de la recherche scientifique (Cnrs), de l'Institut de recherche du développement (Ird), de l'Inra (recherche agronomique), le petit IFEN (Institut français de l'environnement) et surtout le Bureau de recherches géologiques et minières (Brgm, 800 emplois au total) décentralisé de Paris et largement installé au sud-est de la Source. L'estimation est de 4 000 chercheurs dont 2 300 du secteur public. L'ensemble de la Source, où travaillent 8 000 personnes, est le centre d'animation des nouvelles technologies et de l'organisation d'Orléans-Technopole, qui dispose d'un Centre d'innovation et a équipé ou soutient trois pépinières d'entreprises, le parc technologique de Charbonnière au NE, et le parc dit Pôle 45 à Ormes au NO.

Dans les services financiers ressortent BNP-Paribas (360 sal.), le Crédit Mutuel (250 sal.), la Société générale (150 et 180 sal.), Fortis-SBO (130 sal.), le Crédit Lyonnais (90 sal.), la Banque de France (80 sal.), ainsi que les assurances Sogecap (200 sal.), Spheria (60 sal.) et le conseil Dexia DS (110 sal.); dans d’autres services, les informaticiens Unilog (300 sal.), Atos Origin (260 sal.), Ares (200 sal.), Cegid (85 sal.), CCMX (85 sal.), Sopra (180 sal.), Ausy (75 sal.), les études de marché LH2 (100 sal.), ingénierie Antea (150 sal.) et Beg (100 sal.), gestion comptable Orcom (75 sal.), cabinet de géomètres Axis (60 sal.); services de gestion du Parc des expositions (Orléans Gestion, 100 sal.); télévision France-3 (80 sal.), téléservices et centre d’appels IBM Téléperformance (420 sal.), Louis Harris (200 sal.), Everest (60 sal.); France-Télécom (290 sal.); travail temporaire Adecco (480 sal.) et Adia (120 sal.), coiffure Avantif (65 sal.), Formation Entreprise (50 sal.), publicité Pages Jaunes (60 sal.).

Les services au bâtiment et au logement comportent les nettoyages ISS Abilis (620 sal.), Limpa (270 sal.), Centre Val Service (80 sal.); la production de chaleur Elyo (160 sal.), les installations électriques Forclum (380 sal.) et Ineo (170 sal.), les services des eaux de la Lyonnaise (85 sal.), les constructions Sree-Della Vera (DV, 250 sal.) et BTPO (160 sal.), les finitions Gauthier (140 sal.), Metz (90 sal.) et Gimonet (70 sal.), les travaux publics Eiffage (100 sal.), la gestion immobilière Bâtir Centre (80 sal.), Opac (100 sal.), Immobilière Val-de-Loire (70 sal.) et HLM France-Loire (55 sal.).

Dans la distribution, se remarquent un hypermarché Carrefour (250 sal.) et des supermarchés Carrefour Market (60 sal.) et Simply (80 sal.), des magasins Point P (85 sal.), Decathlon (70 sal.), Kiabi (60 sal.), le magasin des Galeries Lafayette (120 sal.), la Fnac (85 sal.) et le centre de distribution du groupe de vente par Internet Amazon (140 sal.); négoces de matériel de bureau Lexmark (320 sal.), de pharmacie OCP (80 sal.), de matériaux BMCE (80 sal.), de matériel agricole Kongskilde (70 sal.). Les transports de voyageurs des Rapides du Val de Loire affichent 220 sal., les Cars Dunois 110 sal., ERDF 170 sal., GDF-Suez 160 sal.

Le bassin orléanais participe à la Cosmetic Valley de Chartres avec quelques-uns des plus grands établissements (Christian Dior à Saint-Jean-de-Braye, Shiseido et Gemey à Ormes). La plupart des gros établissements industriels sont en effet dans les communes de banlieue. La commune d'Orléans accueille cependant quelques établissements de production: dans la pharmacie et les cosmétiques Famar (groupe grec) avec deux ensembles, l'un de 450 sal., ancien McNeil du groupe Pfizer, ex-Parke Davis, acquis en 2008), l'autre de 300 sal., acquise de Novartis), Facospar (85 sal.), les cosmétiques Orlane (120 sal.), la recherche pharmaceutique Servier (260 sal.); dans les métaux la fonderie de métaux légers Sifa (culasses d'automobiles), repris en 2004 par l'équipementier Arche d'Y. Michaud et passé de 350 à 180 sal., l'outillage Sandvik (330 sal.), les soupapes pour automobiles du groupe TRW (220 sal.), les machines d'imprimerie Komori-Chambon (210 sal.); plus les lasers de recherche Cilas (180 sal.), la boulangerie Paindor-Rousseau (110 sal.), l'imprimerie Moduslink (110 sal.), les billards Chevillotte (passés en 2008 à Horus Finance et de 85 à 40 sal.), l'embouteillage d'eau de table Cges (70 sal., groupe Cristaline) et divers ateliers de toutes branches.

Le maire d'Orléans est Serge Grouard, député UMP, administrateur civil. La commune est entièrement urbanisée, et entourée de toute une couronne de communes de banlieue qui sont devenues autant de villes et hébergent la plupart des zones d'activité de l'agglomération: Fleury-les-Aubrais, Semoy et Saint-Jean-de-Braye , voire Chécy au NE et à l'est, Ormes, Saran, Ingré, Saint-Jean-de-la-Ruelle et La Chapelle-Saint-Mesmin au NO; et, de l'autre côté de la Loire, Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, Olivet, Saint-Jean-le-Blanc, Saint-Cyr-en-Val et Saint-Denis-en-Val. La communauté d'agglomération d'Orléans-Val de Loire associe 22 communes et 266 400 hab. sur 33 400 ha dont 9 100 de forêt. L'unité urbaine Insee est donnée pour 263 300 hab., l'aire urbaine pour 355 800 hab. (22e en France). L'arrondissement a 420 000 hab. (402 600 en 1999), 24 cantons, 122 communes, 294 584 ha.

Les 5 cantons d'Orléans divisent la commune. L'agglomération atteint 280 000 habitants. Dans l'ensemble de l'agglomération, les principaux secteurs d'activité hors des services et commerces sont dans la pharmacie et la cosmétologie (Pfizer, Novartis-Famar, Servier, Lipha, Boiron, Christian Dior, Gemey-l'Oréal, Shiseido, Séphora, Orlane), l'électronique et l'information (IBM, Lexmark, Hitachi, Alcatel, Thalès), la mécanique (John Deere, Honda, TRW, Sandvik, Komori, etc.), l'agro-alimentaire (Cargill, Mars, McKey, Paindor, Gringoire, Cristaline, Dessaux, etc.), le transport et la logistique. Néanmoins, les communes du Val de Loire laissent encore de la place aux cultures de légumes et de fleurs et comptent quantité de serres, roseraies et jardins. V. sur Orléans dans Mappemonde l'article illustré de J. Mirloup, «Orléans: éléments d'un système métropolitain (2002-4), https://www.mgm.fr/PUB/Mappemonde/M402/Mirloup.pdf

Le canal d'Orléans a été aménagé de 1677 à 1692 et rejoint le Loing un peu en aval de Montargis; il fut construit à l'initiative d'un marchand de bois, et passa ensuite dans les domaines du duc d'Orléans. Au 18e s., de nombreux bateaux remontaient la Loire depuis Nantes et atteignaient Paris en passant par le canal. Le canal, devenu bien national en 1793, a supporté encore un peu de trafic au 19e s., a été prolongé entre Combreux et Orléans de 1908 à 1921, mais a fini par être déclassé en 1954; en 1978, une vingtaine de communes riveraines et le département se sont associés pour le remettre en service et il accepte désormais des bateaux de plaisance entre Fay-aux-Loges et Combreux; il mesure 77 km de long et comporte 10 écluses côté Loire, 17 côté Seine. La forêt d'Orléans, divisée en plusieurs massifs, s'étend sur 35 000 ha au NE de la ville; c'est la plus vaste forêt domaniale de France. Un pays officiel du département du Loiret porte son nom, sous la forme Forêt d'Orléans-Val de Loire; il rassemble 33 communes relevant de 3 communautés, pour 49 500 hab. et 795 km2; le siège est à Jargeau.