Paris-Vatry (aéroport de)

nouvel aéroport de fret aménagé à partir de l’ancien aérodrome de l’Otan, construit en 1953 en Champagne crayeuse au sud de Châlons et cédé à l'armée française en 1967. Le Conseil général du département de la Marne a impulsé un ambitieux projet visant à en faire un aéroport international de fret (codes XCR et LFCK), de classe A, doté d’une piste de 3 860 m. Le premier avion-cargo s’est posé à titre d’essai le 21 janvier 2000; des liaisons régulières sont prévues avec Montréal et Casablanca. L'aérport est géré par la SEVE (Société d'exploitation Vatry Europort) à laquelle le Conseil général de la Marne a confié une délégation de service public jusqu’en 2020. Elle associe au département (qui a fourni la moitié de l’investissement public) les Chambres de commerce de Châlons, Épernay, Reims et Troyes, la Sogaris (liée à Rungis-aéroport d’Orly), Keolis et des capitaux canadiens entraînés par l’Aéroport de Montréal, qui a assuré en fait la direction technique de l’opération.

L’aéroport, étendu sur 1 800 ha, pouvant occuper à terme 5 000 ha et s'accompagner d’un vaste ensemble logistique, bénéficie de la proximité de la N 77, de l’autoroute A 26 (avec un nouvel accès direct) et même de la voie ferrée de Troyes à Châlons — ainsi que de la proximité relative de l’agglomération parisienne; il est à 65 km de Reims, 35 km de l’A 4 et à 54 km de Troyes. L’«Europort» de Vatry, issu de la volonté des collectivités locales, représentait un pari audacieux, d’autant qu’il fut et reste parfois perçu comme susceptible de heurter des intérêts plus parisiens, même si des accords ont été passés avec Roissy. Il est un candidat potentiel au fameux et erratique «troisième aéroport de Paris». Faute de mieux, il a introduit récemment le nom même de Paris dans son intitulé, quitte à délaisser apparemment l'appellation Europort…

L'aéroport a été équipé patiemment et à bon niveau; il a reçu une aérogare de fret de 4 200 m2 et un centre pour denrées périssables de 2 500 m2; une seconde aérogare de fret a été engagée en 2005 (8 100 m2). Une première grande plate-forme logistique de 70 ha a été aménagée par le département; l’états-unien Gazeley, filiale de Wal-Mart, a réservé 135 ha pour une autre plate-forme dite Magna Park. En outre, une aérogare pour passagers a été inaugurée en 2004, pouvant servir au délestage de Paris ou à des vols charter; plusieurs milliers de passagers ont déjà fréquenté l’aéroport.

Le trafic, supposé monter à 120 000 t/an, reste décevant; il a augmenté jusqu'en 2008: 8 700 t en 2003, 19 000 en 2004, 34 000 en 2005, 40 000 t en 2008, puis a chuté à 22 000 t en 2009 et s'est effondré à 7 900 t en 2010 — au point que plusieurs élus locaux s'interrogent sur la vente éventuelle de l'aéroport. Ryanair y ajoute quelques liaisons estivales avec la Scandinavie (17 000 pasagers en 2010, sur un total de 21 000, presque tous en vol international). L'aéroport a enregistré 10 000 mouvements en 2009 et 2010, après un maximum à 18 900 en 2008; soit un millier pour les vols commerciaux internationaux, 4 500 pour les vols locaux (aéroclub), autant pour les voyages privés.

La SEVE a 120 salariés. Plusieurs entreprises de logistique et de transports se sont établies sur place dans les communes de Vatry et Bussy-Lettrée: transports Dentressangle (80 sal.), du Val de Soude (30 sal.) et SM2G (25 sal.), entreposages Ceva Logistics (190 sal., ex-TNT, au fonds états-unien Appollo), Entrepo Dis (65 sal.) et un entrepôt du groupe Cora (25 sal.). S'y ajoutent Air Liquide Welding (ex-Soudure autogène, 65 sal.) et une fabrique d'aliments du bétail Prodeva (25 sal.). Une communauté de communes de l’Europort a été fondée en 1998; elle associe 11 communes (1 900 hab.).