Perthois

contrée champenoise correspondant à la grande plaine triangulaire formée par la Marne et ses affluents avant d'ouvrir la côte de Champagne. Le Perthois est entre Saint-Dizier et Vitry-le-François. Il est encadré au sud par les plaines bocagères du Der, au nord par le Vallage d'Argonne, ce qui en fait à la fois une part de la Champagne humide et une exception en son sein. Des quantités considérables d'alluvions et de colluvions s'y sont entassées, notamment à la faveur des périodes froides du Quaternaire; les terrasses de grèves ont été ensuite réentaillées par les rivières, surtout la Vière, la Chée et la Saulx, l'Orconté et la Marne, qui y coulent au milieu de larges plaines alluviales humides et plantées de peupliers.

On y a exploité abondamment les sables, les argiles et les grèves pour la construction; il en reste quantité d'étangs, plusieurs exploitations de matériaux et les tuileries de Pargny-sur-Saulx. Les étendues agricoles, naguère orientées surtout vers l'élevage, ont beaucoup cédé à la grande culture céréalière et betteravière, mais on y trouve aussi des élevages intégrés. La région agricole du Perthois s'étend sur 41 600 ha et compte environ 15 000 habitants; 590 exploitations agricoles (dont 450 à temps complet) y utilisent 22 400 ha dont 18 200 en labours (12 500 en céréales) et 4 200 en herbe, 350 en vignes; 450 cultivateurs, dont seulement une soixantaine de salariés, soit 49 ha par travailleur.

Le Perthois est un lieu de passage, une ouverture entre les plateaux argonnais et haut-marnais, traversée par la N 4 et les voies ferrées de Paris à Strasbourg et de Lille à Dijon, ainsi que par les canaux latéral à la Marne, de la Marne au Rhin et de la Marne à la Saône, comme il le fut jadis par plusieurs voies romaines. C'est aussi pourquoi le pays a été souvent ravagé par les guerres, celle de Trente Ans puis celles du 20e siècle.

Le nom de Perthois vient de Perthes, jadis Perta, lui-même issu soit d'une divinité gauloise des jardins (Perta) soit d'un nom de femme germanique. Perthes (Haute-Marne) fut le chef-lieu du pagus Pertenosis aux temps mérovingiens; la domination est ensuite passée à Vitry-en-Perthois qui, ruinée, a laissé la place à Vitry-le-François, lourdement endommagée à son tour en 1940 et 1944. Les points forts du Perthois sont Vitry et ses satellites à l'ouest, le groupe Pargny-Sermaize à l'est; le reste est du domaine rural. La communauté de communes du Perthois réunit 6 communes (1 600 hab.) et siège à Thiéblemont-Farémont.