Perthois (le)

contrée champenoise correspondant principalement à la grande plaine triangulaire formée par la Marne et ses affluents avant d’ouvrir la côte de Champagne. Des quantités considérables d’alluvions et de colluvions s’y sont entassées, notamment à la faveur des périodes froides du Quaternaire; les terrasses de grèves ont été ensuite réentaillées par les rivières, surtout la Vière, la Chée et la Saulx, l’Orconté et la Marne, qui y coulent au milieu de larges plaines alluviales humides et plantées de peupliers. On y a exploité abondamment les sables, les argiles et les grèves pour la construction; il en reste quantité d’étangs, plusieurs exploitations de matériaux et les tuileries de Pargny-sur-Saulx. Les étendues agricoles, naguère orientées surtout vers l’élevage, ont beaucoup cédé à la grande culture céréalière et betteravière, mais on y trouve aussi des élevages intégrés. Perthes (Haute-Marne) fut le chef-lieu du pagus Pertenosis aux temps mérovingiens.

Le Perthois est un lieu de passage, une ouverture entre les plateaux argonnais et haut-marnais, traversée par la N 4 et les voies ferrées de Paris à Strasbourg et de Lille à Dijon, ainsi que par les canaux de la Marne au Rhin, de la Marne à la Saône et latéral à la Marne, comme il le fut jadis par plusieurs voies romaines. C’est aussi pourquoi le pays a été souvent ravagé par les guerres, celle de Trente Ans puis celles du 20e siècle. La Lorraine n’a qu’une petite fraction du Perthois, à l’est, du côté du confluent de la Saulx et de l’Ornain, et dans le canton d’Ancerville au SE de Saint-Dizier, où le village de Savonnières-en-Perthois est réputé pour sa pierre de taille. La communauté de communes de la Saulx et du Perthois est un groupement intercommunal de Meuse siégeant à Ancerville et correspondant à peu près à son canton (18 communes, 10 000 hab.).