Reims

185 500 hab. (Rémois), dont 4 100 à part, 4 690 ha, sous-préfecture de la Marne. Reims est la ville la plus connue et la plus peuplée de toute la Champagne; mais elle n'en est pas le chef-lieu. Elle apparaît assez tôt dans l'histoire: Durocortorum, cité au 1er s. av. J.-C., était l'oppidum principal de la tribu gauloise des Rèmes (Remi en latin). Sa fortune tint à ce que les Rèmes donnèrent dès 58 av. J.-C. leur appui à César, qui s'en fit des alliés privilégiés dans ses conquêtes septentrionales, et tint Durocortorum pour la capitale de la province de Gaule Belgique. Une urbanisation organisée, avec cardo et decumanus, se dessina dès la fin du 1er s.; l'enceinte, délimitant une ellipse de 30 ha qui se lit encore dans la forme actuelle de la ville, fut édifiée vers 275; la porte Mars fut placée comme arc de triomphe à son extrémité septentrionale; un peu plus loin au nord fut aménagé un amphithéâtre. Un évêché y fut créé en 290.

Le deuxième temps de notoriété fut celui du baptême de Clovis par Remi, alors évêque de Reims (498); il fallut toutefois attendre 744 pour que l'évêché soit promu archevêché, et 816 pour qu'un roi de France (Louis le Pieux) inaugure la cérémonie du sacre. Hincmar, nommé archevêque en 845, fut le plus illustre des successeurs de Remi, et lança une première reconstruction de la cathédrale - la cathédrale actuelle a été construite tout au long du 13e siècle.

À 1 200 m au sud, l'abbaye Saint-Remi avait été fondée hors les murs, un peu au sud de la ville, autour du tombeau de Remi (mort en 533), puis refaite au 11e s., et suivie par l'abbaye bénédictine Saint-Nicaise. Le nom devint peu à peu Remis, Remus, Rains en 1182, puis Reims vers 1500. À Reims, Remi s'écrit toujours sans accent et se prononce R'mi. Du 13e au 16e s., une nouvelle enceinte, de forme vaguement rectangulaire, réunit ensuite la ville ancienne et le quartier des abbayes; la Vesle servait de douve sur toute la longueur occidentale. La ville, périodiquement enluminée par les sacres, a connu une réelle notoriété à cette époque. D'une faculté des Arts et d'un collège des Bons Enfants, le cardinal Charles de Lorraine fit une université en 1548, dotée d'une faculté de théologie en 1554 et d'une faculté de droit en 1568, puis d'une faculté de médecine au 17e s.

Surtout, Reims prit peu à peu une solide position dans les transports et le négoce, en particulier pour les textiles: les marchands de draps s'y illustrèrent, à l'instar de la famille Colbert: c'est des richesses et des relations commerciales des négociants que sont venues la notoriété et la diffusion internationale du champagne, marquées ici au 18e siècle par la réputation d'un Ruinart, d'ailleurs maire de Reims, dont la maison de champagne fut créée en 1729; puis de la maison dirigée à partir de 1783 par la veuve Clicquot, fille de Ponsardin, négociant en draps. C'est alors que les maisons de champagne ont utilisé, puis agrandi, les nombreuses crayères qui avaient déjà été taillées pour extraire les matériaux de construction de la ville. Précoce ville de marchands, elle sut le moment venu promouvoir le champagne avec les draps, puis se doter d'un petit bassin d'industrie, très actif au 19e s. La commune a compté environ 30 000 habitants pendant la Révolution, 45 000 en 1851, et a passé les 100 000 vers 1888; c'est entre 1845 et 1875 qu'elle a connu ses plus forts taux de croissance.

Curieusement, cette bourgeoisie de finance et de négoce, sans doute trop sûre d'elle et méfiante des autres groupes sociaux, délaissa l'université, ne chercha nullement à obtenir une préfecture que les Révolutionnaires étaient d'ailleurs peu enclins à confier à la ville des sacres, ni plus tard à bénéficier d'une liaison ferroviaire directe avec Paris: elle reste aujourd'hui sur une voie secondaire, et cantonnée au rang de sous-préfecture. En revanche, elle fut ouverte aux étrangers entreprenants, surtout dans le champagne, dont plusieurs maisons portent des noms allemands; on vit un Allemand, Werlé, employé de la maison Veuve Clicquot, en devenir le patron et même maire de Reims.

La fin du 19e s. fut aussi le temps de l'apparition des sociétés de distribution à succursales multiples, dont Reims fut l'une des capitales, avec le Familistère-Docks Rémois, Goulet-Turpin, les Comptoirs français et leur doyen les Économiques, fondés en 1866 dans un esprit mutualiste par Lesage, ouvrier du textile; elles se disputaient les coins de rue et avaient essaimé bien au-delà de la Marne et même de la Champagne. Ville de pauvres ouvriers et de riches marchands à la fin du 19e s., Reims fut un lieu d'expérimentation sociale, souvent d'inspiration religieuse, dont sont issues plusieurs institutions, en particulier de logement social: le Foyer Rémois a été créé par le verrier Charbonneaux en 1912 et a bâti plusieurs cités-jardins au cours de la reconstruction des années 1920; l'Effort rémois s'y est ajouté en 1947. Ce fut aussi l'un des centres de la promotion du sport en France: le prince de Polignac, un grand nom du champagne, ouvrit aux promenades et aux sports les 22 ha du parc Pommery (1907) puis, cherchant à réparer l'échec des Français aux Jeux Olympiques de 1912, finança dès 1913 le collège d'athlètes de Georges Hébert (fondateur de l'hébertisme); lui-même et ses amis avaient organisé dès 1909 une semaine de l'aviation et le premier meeting aérien de l'histoire, qui fit de Reims un pionnier et même, un temps, la capitale française de l'aéronautique.

La guerre de 1914-1918, pendant toute la durée de laquelle Reims fut sur la ligne de front (côté français) et copieusement bombardée, laissa des traces durables et ruina une partie de ces efforts. La reconstruction fut longue, difficile en dépit de l'appui états-unien (plan Ford) et de nombreux architectes; médiocre dans certains quartiers, elle fut ailleurs l'occasion d'expériences, et d'un foisonnement dans les styles d'époque, qui font de la ville un ensemble assez singulier et disparate. La situation européenne n'était pas rassurante et les investissements se firent rares hors du champagne. La dernière guerre frappa encore, tout en provoquant quelques réflexions, dont sortit notamment le premier «comité d'expansion» local, le CEA2R (Comité d'étude et d'aménagement de la région de Reims, 1943).

Il fallut attendre les années 1960 pour voir Reims prendre un nouvel élan et de nouvelles formes, avec l'euphorie de l'expansion et les manifestations de la nouvelle croissance, qui favorisa les «villes de la couronne» assez proches d'un Paris qui se désencombrait de ses activités industrielles de qualification basse ou moyenne. Tandis que les vieilles industries textiles achevaient de disparaître, de nouveaux venus se remarquaient dans les domaines les plus inattendus, tels que le découpage de tôles d'acier, la pharmacie ou la fabrication d'accessoires pour automobiles; et les abords de la ville se couvraient d'immeubles collectifs et de pavillons au ras des champs de blé et de betteraves.

La ville retrouvait son Université, dont certains éléments (sciences, médecine) avaient pu être relancés, et qui fut officiellement créée à la faveur de 1968. Elle ouvrait deux vastes campus au sud-est (sciences) et à l'ouest (lettres), rénovait en ville et à fond le quartier Saint-Remi, annexait au nord l'ancien village de la Neuvillette qui avait obtenu son indépendance en 1870, créait de nouvelles zones industrielles au sud-est (Les Essillards, la Pompelle) tout en renforçant celles du nord-ouest (Port Colbert) et s'entourait «au ras des betteraves» de vastes «grands ensembles» alors à la mode, Orgeval au nord, Europe à l'est, Croix-Rouge, Châtillons, Val de Murigny à l'ouest et au sud.

On lui voyait alors un avenir débridé, que la suite n'a pas confirmé: la rétraction de l'emploi industriel a lourdement frappé les emplois rémois au cours des années 1980 et 1990, tandis que l'expansion des emplois tertiaires y était freinée par le manque de fonctions régionales clairement affirmées. Toute l'administration publique régionale est à Châlons, à l'exception des services académiques et de l'Insee, fixés à Reims, ainsi que du centre hospitalier régional; les agences de sociétés publiques ou privées, comme les services postaux, de télécommunications, de chemins de fer, d'assurances ou de banques, se partagent inégalement.

De cette histoire et de sa situation géographique Reims tire à la fois beaucoup de gloire, des trésors qui en font l'un des hauts lieux du tourisme en France, un patrimoine immobilier et un style urbain qui ne sont pas partout des meilleurs, des formes d'activité originales et beaucoup d'ambiguïtés. Des efforts sont faits pour améliorer son lustre et son attractivité, notamment autour du thème de l'agro-alimentaire et de l'environnement; au cours des années 1970, la municipalité a veillé à corriger les erreurs qui l'avaient laissée un peu à l'écart des grands réseaux, en cherchant à tout prix à ce que l'autoroute de l'Est ne l'évite pas: elle passe en pleine ville, où elle a même accueilli ensuite l'autoroute A 26 de Lille à Dijon; Reims a maintenu cette attitude en veillant à ce que la ligne de TGV Paris-Strasbourg passe au plus près de la ville. Reste que, depuis 1975, les taux de croissance de la population de l'agglomération sont plutôt modérés.

L'ellipse centrale enferme toujours le centre-ville, du moins dans sa partie monumentale et administrative; les anciens axes romains se croisent place Royale. La cathédrale est tout près de celle-ci. La ville médiévale s'était agrandie, entre le centre et la Vesle, d'un quartier dessiné en damier, plus animé et plus marchand, qui a poussé autour de la longue place marchande d'Erlon; la gare s'est placée au bout de cette place, à l'extrémité nord des remparts disparus. À l'extrémité opposée, au sud, la basilique Saint-Remi, héritière de la puissante abbaye, domine un quartier entièrement reconstruit. Côté est se sont étalées les maisons de champagne et les hôtels particuliers du 19e s.: là est le Reims de prestige et des professions libérales; il s'épanouit en parcs et jardins au sud, où trônent la plupart des grandes maisons et où s'offre le parc Pommery.

Les abords de la sortie méridionale de l'enceinte médiévale y portent le nom de Dieu-Lumière, qui est une altération de Dieu le Mire, «dieu médecin», Deo Medico en latin, nom lié à l'hospice qui s'y trouvait. Au-delà s'étendent les quartiers industriels et ouvriers, puis les nouvelles urbanisations en grands ensembles d'habitation et campus universitaires, alternant avec des lotissements de maisons individuelles. Le réseau ferré et la Vesle longée par l'autoroute marquent de nettes coupures dans un tissu urbain lui-même hétérogène, compte tenu de l'ampleur des reconstructions après les ravages de la guerre de 1914-1918.

Reims apparaît comme une incontestable métropole régionale, parmi celles de la «couronne» parisienne. L'université compte 20 000 étudiants, auxquels s'ajoutent 2 000 étudiants d'IUT, 1 200 à l'IUFM et 2 200 d'un groupe ESC (École supérieure de commerce) actif et diversifié; plus des formations aux métiers de la santé et des enseignements artistiques. La recherche y a pris de l'extension, plusieurs pôles de recherche-développement et une nouvelle et originale École supérieure d'ingénieurs en emballage et conditionnement (ESIEC), issue de la Faculté des Sciences, assurent des liens avec le milieu patronal; des efforts visent à la promotion d'un réseau de compétences d'ambition européenne en agro-industrie (Europol'Agro). L'enseignement secondaire est représenté par 12 collèges publics et 6 privés, 12 lycées publics dont 4 professionnels, 6 lycées privés dont un professionnel.

Si les principaux pourvoyeurs d'emploi sont certainement le centre hospitalier (plus de 3 000 emplois, 1 100 lits), l'université et la mairie, Reims n'en a pas moins de grandes entreprises, et un tissu de bureaux et d'usines très diversifié, mais périodiquement secoué par des crises. Chemins de fer (630 emplois à la SNCF), télécommunications (France-Télécom, 350 sal.) et poste (La Poste, 290 sal.), EdF (290 sal.) et ERDF (300 sal.), GDF-Suez (75 sal.), la station de radio France Bleu Champagne (80 sal.) et France Télévisions (55 sal.), banques et assurances, chambre de commerce, transports urbains (Transdev, 580 emplois) et autocars ruraux (Champagne Mobilités, 70 sal.), le quotidien local (L’Union, 200 sal. à Reims, 300 en tout) occupent ensemble plusieurs milliers de personnes; la Régie des équipements municipaux en emploie 210, notamment pour les installations de sports; quatre grandes cliniques de 570 (Courlancy), 500, 320, 270 et 130 emplois, totalisant 800 lits; 5 maisons de retraite et deux instituts médico-éducatifs s’y ajoutent, ainsi que des ateliers protégés pour handicapés (APF, 80 sal.; la Sève et le Rameau, 50 sal.).

Les grands employeurs industriels sont Valéo-Thermiques-Moteurs (radiateurs pour automobiles, passée de 1 100 sal. en 2005 à 590 en 2011); le groupe verrier Owens-Illinois (OI), qui a mis la main sur les deux anciennes usines BSN-Glasspack (descendue à 240 sal.) spécialiste de bouteiles de champagne et VMC (Verreries mécaniques champenoises, descendue à 150 sal.,) spécialisée dans les pots et gobelets; les usines pharmaceutiques AstraZeneca (britannique, 220 sal.) et Delpharm (450 sal., groupe français Aguettant), site cédé par l'allemand Boehringer, Boehringer conservant pour sa part 250 sal.; la fabrique de cosmétiques Parchimy (110 sal.); ais l’usine de détersifs Henkel (Persil, le Chat) a fermé à la fin de 2005.

La mécanique et les métaux avaient formé un secteur très actif à Reims. Il s'est beaucoup réduit. La PUM, (Porduits des usines métallurgiques), distributeur de métaux qui fut le premier employeur industriel rémois, née de l’initiative locale d’un ferrailleur après la dernière guerre, passé ensuite par Cockerill et Usinor, a été acquise par Arcelor-Mittal et a vu fondre ses effectifs, qui avaient ateint 1 900 personnes à Reims dans les années 1970. L'ancienne usine de radiateurs d'auomobiles Chausson, passée de Renault à l’italien Magneto et reconvertie vers l'outillage, a fini par disparaître, comme Remafer (réparation de matériel ferroviaire), la Soremam (appareils ménagers Arthur-Martin, au groupe Electrolux), Tissmétal (métal tissé, groupe Gantois), la robinetterie Jacob Delafon.

Sont présents dans le secteur Itron ex-Actaris (compteurs, 140 sal.), Freinrail (matériel ferroviaire roulant, 140 sal.), Tonna (antennes et paraboles, 75 sal.), Roche (fonderie, 85 sal.), Haulotte (nacelles et levage, 85 sal.), OCDF (menuiserie métallique, 80 sal.), Wayne Dalton (portes de garage métalliques, 70 sal.), Altead (80 sal., montage industriel), le matériel électrique UTC Fire & Security (Chubb, 50 sal.); plus le CSTR (laminage à froid et centre de services pour la métallurgie, 185 sal.), l'ingénierie Cera (290 sal., automobile, groupe Treves).

Dans d’autres domaines se distinguent Forbo ex-Sarlino (revêtements de sol, 200 sal., à un groupe européen de 2 500 salariés siégeant en Suisse), Resinoplast (130 sal.), PTC (Plastique techniqus Champenois ex-Aries-Méca, plastiques pour automobiles, 120 sal.), Cello-Plastic (emballages plastiques, 100 sal.), Eau et Feu (tuyaux d’incendie, 90 sal.); les cartonneries Seyfert (120 sal., ex-Dropsy, allemand) et Smurfit-Pérez (Cartonnerie nouvelle de Champagne, 65 sal.); l’imprimerie Bourquin (110 sal.); plus Clémessy (installations électriques, 100 sal.) et la coopérative Copreca (85 sal., installations thermiques)

L'agro-alimentaire est représenté par Croustifrance (200 sal., pain et viennoiserie), la vinaigrerie-moutarderie Charbonneaux-Brabant (160 sal., marque Clovis, depuis 1797), la biscuiterie Fossier (75 sal.) qui maintient les fameux biscuits roses de Reims, la Boulangerie de l'Europe (100 sal.), la meunerie Euromill (130 sal.); mais les abattoirs Bigard ont fermé, ainsi que la malterie Malteurop. Reims est le siège du groupe Champagne-Céréales, premier groupe coopératif agricole européen, et de ses filiales Euromill, Malteurop et Champagne-Maïs, et du groupe de viandes Arcadie, qui en est proche: l'ensemble représente 1 700 salariés, dont à Reims même 200 sal. pour les silos Cohesis du groupe coopératif.

Les entreprises de grande distribution sont actives en dépit de la disparition totale des anciennes sociétés à succursales multiples, progressivement absorbées et dont les enseignes sont effacées: Reims et son agglomération n’ont pas moins de six hypermarchés, deux à Reims-Est (Carrefour, 240 sal., 7 800 m2) et Nord (Cora, 275 sal. 8 000 m2), deux en banlieue ouest (Carrefour à Tinqueux et Leclerc à Saint-Brice-Courcelles), deux en banlieue sud, Leclerc à Champfleury (300 sal.) et Cora (460 sal.) à Cormontreuil, à quoi s’ajoutent des grandes surfaces de centre-ville: Galeries Lafayette (150 sal., 8 000 m2) ou spécialisées, dont à Reims même la Fnac (85 sal.), Castorama (90 sal., 10 700 m2), Leroy-Merlin (110 sal.), Metro Cash & Carry (100 sal.), Brico Dépôt (100 sal.), Monoprix (80 sal.), ainsi que trois supermarchés Carrefour Market (110, 100 et 60 sal.) et le gros négoce de métaux Arcelormittal (ex-PUM, 220 sal. en trois unités), de plastiques PUM Plastiques (80 sal.), les négoces d'extincteurs Haas (80 sal.), de jouets (Partner Jouets, 60 sal.), de plomberie Somatem (Aubade, 55 sal.), de boissons Soredis (55 sal.), le conditionnement à façon Sermaco (70 sal.).

Bien entendu, il faut aussi compter les services financiers avec la Caisse d'Épargne (470 et 240 sal.), Natixis (210 sal.), le CIC (110 sal.), LCL (100 sal.), Groupama (350 sal.), les assurances Allianz (150 sal.), les comptabilités KPMG (85 sal.) et Mazars (85 sal.), les banques BNP (75 sal.), Société Générale (65 sal.), Ing Direct (55 sal.); l'informatique GFI (85 sal.); Reims Habitat (110 sal.) et les deux anciens groupements de bâtisseurs, le Foyer rémois (260 sal.) et l’Effort rémois (220 sal.); les analyses Apave (55 sal.), les sociétés d'intérim Adecco (240 sal.) et Adia (70 sal.), d' aides à domicile Domaliance (70 sal.) et Emaemil (60 sal.), les centres d'appels Téléperformance (250 sal.), Intra Call (160 sal.), Info Service Center (90 sal.), Première Ligne (60 sal.); la publicité Mediapost (100 sal.), Adrexo (95 sal.), Contact Distribution (55 sal.).

Dans le bâtiment et les services associés se signalent de nombreuses entreprises de constructions et travaux publics comme Eurovia (140 sal.), Screg (140 sal.), Spie Batignolles (50 sal.), Sade (120 sal.), Eiffage (100 sal.), SCEE (70 sal.), Demathieu et Bard (65 sal.), Colas (60 sal.); étanchéification Soprema (80 sal.), peinture Sionneau (90 sal.) et Lagarde et Maregnani (55 sal.), maintenance d'ascenseurs Otis (70 sal.) et Koné (55 sal.), fourniture de chaleur Dalkia (100 sal.); de nettoyage Samsac (400 sal.), Onet (280 sal.), AG Net (250 sal.), Sita (160 sal.), Cofraneth (130 sal.), Deca (120 sal.), GSF Ariane 150 sal., TFN (130 sal.), Pro Impec (110 sal.), AMS (100 sal.), Initial BTB (90 sal.), BC (70 sal.), de gardiennage et sécurité (Lancry 120 sal., Brinks 55 sal.). Champagne et autres fabrications entretiennent l’activité de transporteurs tels que Walbaum (430 sal.), Caillot (170 sal.), Michaux (115 sal.), Ducros (85 sal.), TFE (60 sal.).

Enfin, les grandes maisons de champagne qui ont leurs caves à Reims restent de solides lieux d’emploi, même passées sous autorité extérieure: Veuve Clicquot-Ponsardin (220 sal.), Mumm (190 sal.), Piper-Heidsieck et Charles Heidsieck (160 sal.), Taittinger (120 sal.); Vranken Pommery (110 sal.), Lanson (110 sal.), Ruinart (100 sal.), la Coopérative régionale des vins de champagne (85 sal.), Jacquart (60 sal.), Roederer (50 sal.), Thiénot (50 sal.), Krug (40 sal.), Henriot (30 sal.), le courtages de vins de Champagne SRGV (50 sal.). On cultive encore 50 ha de vignes d’appellation dans la commune. Le restaurant de luxe Les Crayères emploie 105 personnes.

La ville, très visitée pour sa cathédrale et ses caves, accueille de nombreux touristes et a passablement rénové son hôtellerie. La cathédrale et le palais archiépiscopal du Tau, la basilique et l'abbaye Saint-Remi sont inscrits désormais au Patrimoine mondial; ils reçoivent un million et demi de visiteurs par an. De l'époque gallo-romaine on visite surtout les cryptoportiques de la place du Forum, et l'arc de triomphe appelé porte Mars. La cathédrale, qui a 149 m de long et 81 m de haut, et dont la nef a 38 m de hauteur intérieure, est un des plus beaux monuments de l'art gothique, surtout par sa façade où sourient les anges; elle a été commencée en 1211 sous la direction du champenois Jean d'Orbais, presque terminée à la fin du siècle, sauf les tours auxquelles on a travaillé jusqu'en 1480 et qui n'ont jamais porté les flèches prévues; mais il a fallu constamment faire des travaux, et presque tout reconstruire après les désastres de la guerre de 1914-1918 durant laquelle, tout près du front, elle eut à subir bombardements et incendies; les dons de Rockefeller ont permis de sauver l'essentiel, mais la restauration dure encore.

Derrière l'archevêché (palais du Tau du 17e s.), des dons de Carnegie ont permis d'édifier une belle bibliothèque municipale et le chevet de la cathédrale est agrémenté d'un agréable jardin; on est tout près de la place Royale, une réalisation harmonieuse du 18e s.; de là s'aperçoit l'hôtel de ville du 17e s.; alentour, plusieurs belles maisons anciennes dont l'hôtel Le Vergeur (13e au 16e s.); le musée des Beaux-Arts occupe l'ancienne abbaye Saint-Denis (reconstruite au 18e s.). Tous ces monuments ont dû être refaits ou restaurés après 1918 et Reims fait partie des «villes d'art et d'histoire».

L'abbaye de Saint-Remi est un autre haut lieu de Reims, mais éloigné et très différent, îlot archaïque entre un quartier refait à neuf et les grands parcs des maisons de champagne; la basilique romane à la curieuse et complexe façade est faite d'une nef très allongée, de 122 m sur 28; l'abbaye a été largement reprise au 17e et au 18e s. et s'accompagne d'un musée. Reims propose aussi la chapelle décorée par Foujita dans le fief des champagnes Mumm, au NE du centre-ville, et d'assez nombreux autres musées: planétarium du Collège des jésuites, musées de la Reddition de 1945, des Cryptoportiques, du Tau, Le Vergeur, de l'automobile, de la Pompelle, plus les nombreuses visites de caves à champagne; maison de la culture, scène nationale (Centre national artistique et technologique de Reims) et centre dramatique national. La ville est fleurie (quatre fleurs) et largement équipée en installations sportives, parmi lesquelles deux patinoires et cinq piscines couvertes.

On y compte beaucoup sur le TGV-Est, dont la première gare à partir de Paris est à Bézannes, avec embranchement vers l'actuelle gare de Reims, d'où partent et où aboutissent huit rames par jour. Reims est ainsi à 45 minutes de la capitale. On rabat le long de la nouvelle voie le tronçon commun aux autoroutes A 4 et A 26, afin de soulager un peu la traversée centrale de l'agglomération; de la sorte, une rocade continue doit être en lmesure de faire le tour de celle-ci, en reliant au passage les grandes zones d'activités, qui vont au sud-est jusqu'au-delà du fort de la Pompelle. La commune a cinq «zones urbaines sensibles», Wilson et Croix-Rouge à l'ouest, les Épinettes à la sortie NE, le grand ensemble des Châtillons au sud, Orgeval au nord. Elle est divisé en treize quartiers dotés de conseils.

La commune de Reims a eu des majorités municipales changeantes: plutôt radicales avant la dernière guerre, elles furent dirigées par Jean Taittinger de 1959 à 1977, par le communiste Claude Lamblin ensuite, sot revenues à droite ensuite et repassées à gauche en 2008; le maire est Adeline Hazan, socialiste, magistrate. La population rémoise a culminé en 1999 (187 200 hab. sdc); elle aurait en 2008 près de 6 000 habitants de moins qu'en 1999 (181 500 en population municipale). La communauté d'agglomération de Reims, qui fut précédée par un district dès 1964, associe au chef-lieu 5 communes limitrophes; ensemble, 8 774 ha, 211 000 hab. L'unité urbaine de Reims selon l'Insee compte 212 000 hab. L'aire urbaine de Reims en aurait 294 000, se classant ainsi 29e en France métropolitaine. L'arrondissement a 291 900 hab. (310 300 en 1999), 17 cantons, 175 communes, 170 217 ha.

Reims, Vesle et Ardre est le nom du terroir n°2 du Vignoble champenois, groupant 54 villages pour 2 500 ha de vignes, à forte dominante de pinot meunier. Les 10 cantons de Reims totalisent 213 800 hab. en 2008 (220 500 en 1999), 12 communes et 12 160 ha. Cormontreuil, Bétheny, Saint-Brice-Courcelles, Taissy et Tinqueux sont les plus peuplées. Bézannes (1 400 Bezannais, 801 ha), en banlieue SO, est au bas du glacis septentrional de la montagne de Reims et a une église classée des 11e-12e s mais peu de vignes (10 ha d’AOC). Elle a reçu la gare du TGV dite Champagne-Ardenne, ouverte en juin 2007, et qui est directement connectée au réseau des TER, mais évidemment un peu éloignée du centre de Reims; une ligne de tramway s'arrête à quelques centaines de mètres… La commune accueille de nombreux ateliers, dont Forgel (traitement par le froid, notamment pour le champagne, 110 sal.), LMC (Les Métalliers Champenois, ferronnerie d’art, 45 sal.); des fabricants de chaudronnerie (Guerreiro, 30 sal.), de pressoirs (Coquard, né en 1924 et arrêté en 1996, repris en coopérative, 25 sal.); ingénierie Cap Ingelec (55 sal.), finitions de bâtiment Décor et Sols (40 sal.) , transports Isa Tad (30 sal.). La commune n'a guère gagné que 50 hab. entre 1999 et 2008.

Trois communes sont à l'ouest de Reims. Champigny (1 300 Campinois, 449 ha) est sur la rive gauche de la Vesle à sa sortie de l'agglomération et son territoire est traversé par l'A 26 et la voie ferrée de Reims à Soissons; elle a gagné 340 hab. de 1999 à 2008. Thillois (400 Thilloisiens dont 70 à part, 630 ha), 6 km à l’ouest du centre de Reims, a gagné 70 hab. après 1999. La commune accueille une partie du circuit automobile de Gueux, de vastes échangeurs entre l'A 4, l'A 26, la N 31 (route du Champagne) et la rocade occidentale de Reims, et un lycée agricole privé, ainsi que le multiplexe de cinéma rémois Gaumont; elle a quelques vestiges d'une église classée du 13e s. Ormes (460 Ormois, 631 ha) est juste au sud de Thilloy, de l'autre côté de l'A 4, et traversée par la nouvelle rocade sud-ouest de Reims; église classée du 12e s.

Deux autres communes sont au sud-est de l'agglomération rémoise. Trois-Puits (150 hab., 214 ha) est un petit village viticole au sud de Cormontreuil; son finage a 40 ha de vignes (20 récoltants); il est traversé par la voie ferrée de Reims à Épernay (gare) et la LGV au sud, la nouvelle rocade au nord. Saint-Léonard (90 hab., 304 ha) est un village encore plus petit, sur le côté droit de la vallée de la Vesle, au bord du canal d el'Aisne à la Marne et face à Taissy. Son territoire est coupé en deux par une queue de la commune de Reims au sud-est, occupée par une zone industrielle à laquelle la commune n'a qu'une très faible part, mais comprend le siège local de l’entreprise de nettoyage ISS Abilis, qui déclare 520 salariés, plus 50 pour ISS Espaces Verts; les bétons Cibetec (25 sal.), travaux publics CTRM (20 sal.), transports et gravières Ch. Moroni (35 et 30 sal.), location de camions Fraikin (30 sal.). La partie sud du territoire est dans la plaine de la Vesle, la partie nord sur les basses collines de craie au nord de la route de Reims à Châlons (D 944 ex-N 44).