Rocroi

2 430 hab. (Rocroyens), 5 041 ha dont 3 255 de bois, chef-lieu de canton du département des Ardennes dans l'arrondissement de Charleville-Mézières, 28 km au NO de la préfecture. Son nom vient de la croisée (le carrefour) de Raoul, un ancien seigneur dont le nom est présent dans le «Ro»; par un curieux jeu de mots qui en fit un illégitime Roc-Roi, elle devint «Roc Libre» sous la Révolution. La ville est près de la frontière sur la N 51 prolongée par la N 5 belge, mais la commune n'atteint pas la frontière. Elle occupe une ample clairière dans la forêt ardennaise, et y fut aménagée comme place forte au 16e siècle. Elle a subi la célèbre bataille du 19 mai 1643 contre les Espagnols. Vauban a refait et perfectionné ensuite les défenses et la ville est l'une de celles en France dont le plan et les remparts ont été les mieux conservés depuis; on visite les fortifications et un musée.

Rocroi se trouva au 19e s. au centre d'une industrie de la fonderie animée notamment par des coopératives ouvrières aux noms pleins de chaleur (l'Avenir, l'Espérance, le Réveil, etc.); il s'en est créé jusqu'en 1921, mais il en reste peu de chose: subsistent la Persévérance (45 sal.) et l'Avenir-Sirène (35 sal.). Rocroi a également une entreprise de travaux publics (Fiévet, 70 sal.), un supermarché Carrefour (30 sal.), un institut médico-éducatif, une maison de retraite publique, un collège public avec antenne à Maubert-Fontaine; travaux publics Eiffage (65 sal.), transports Durbecq (35 sal.). Mais l’activité s’est bien réduite et la ville a perdu des habitants: elle avait 2 900 hab. en 1962 et 1975; toutefois, le déclin a presque cessé après 1999. Aux environs vers l’est, la vallée de Misère attire les promeneurs par ses rochers et ses bois, et mène à l’étang de Whitaker au-dessus de Revin. Rocroi est le siège de la communauté de communes Val et Plateau d’Ardenne, qui réunit 23 communes (12 500 hab.).

Le canton a 8 100 hab. (7 800 en 1999), 14 communes et 17 975 ha dont 8 142 de bois; il est bordé au nord par la frontière belge. À l’ouest, Rocroi a perdu en 1841 le territoire de Taillette (380 hab., 1 525 ha dont 401 de bois), devenue commune, et qui de ce fait l’a séparée de la frontière. Taillette a gagné 60 hab. après 1999. Au nord, c’est Gué-d’Hossus (510 hab., 523 ha) qui s’interpose, au passage de la grand route. Regniowez (400 hab., 1 827 ha dont 374 de bois), 8 km à l’ouest de Rocroi, consacre un musée à Bonaventure Fieullien, dessinateur et graveur (1903-1976), qui a beaucoup représenté les Ardennes. Il subsiste sur le plateau au sud du village un ancien aérodrome militaire, qui avait été doté d’une piste de 3 000 m et qui a servi aux essais de pneus de la firme Uniroyal; il est désaffecté.

Au sud de Rocroi (4 km), Bourg-Fidèle (830770 Bourquins, 1 479 ha dont 1 033 de bois) est à l’orée de la forêt; une usine de non-ferreux (Métal Blanc, 45 sal.) s’occupe de fonderie de plomb et du retraitement de batteries depuis 1968; elle y a été source d’inquiétudes, des manifestations de saturnisme ayant été constatées chez les enfants du voisinage; l’usine a été condamnée en 1999 mais se maintient après avoir réajusté ses procédés pour se conformer aux règlementations européennes en la matière, et les procès ont été reportés. La commune a gagné 60 hab. de 1999 à 2008. Sévigny-la-Forêt (260 hab., 2 613 ha dont 2 020 de bois), 5 km SSO de Rocroi, a dans son territoire la plus grande partie de la forêt domaniale des Pothées, où s eremarque le chêne Franco-Belge; travaux publics Denys (35 sal.)

Tout au sud, le canton déborde du plateau ardennais dans l’étroite dépression des marnes du lias, drainée par la Sormonne, et que couronne la côte des calcaires du bathonien-bajocien. Vers l’ouest, Maubert-Fontaine (1 130 Maubériens dont 70 à part, 1 033 ha), 11 km au SO de Rocroi, ancienne place forte, reconstruite sous François 1er et à nouveau détruite au 17e s., a quelques commerces et services, une antenne du collège de Rocroi et un lycée agricole privé (Letpap); elle a aussi gagné 60 hab. après 1999. À l’extrémité SE, Rimogne (1 450 Rimognats, 377 ha), qui a aussi son collège public, fut connue pour ses ardoisières, fermées en 1971, et a aménagé un musée de l’Ardoise.