Saint-Claude

12 000 hab. (Sanclaudiens) dont 480 à part, 7 019 ha dont 4 596 de bois, sous-préfecture du Jura dans le Haut Jura, à 60 km NO de Genève, à 440 m. La ville est située dans les gorges de la Bienne et s'étale sur le versant exposé à l'ouest, au débouché de l'étroite vallée du Tacon. Chef-lieu d'une contrée où le travail du bois et de la corne occupait les longues soirées d'hiver, elle fut connue comme la capitale de la pipe depuis la fin du 18e s. et surtout à la fin du 19e s. Il s'y trouvait 6 000 pipiers vers 1920, encore un millier en 1958, mais la production a beaucoup rétréci; il reste 5 ou 6 ateliers, dont les principaux sont Berrot-Regad (25 sal.) et Chapuis-Comois (30 sal.); s’y ajoutent quelques ateliers de tournerie et de boutons et le traitement de surfaces de la Comtoise (CTS, 75 sal.), les lunetteries Dalloz-Sunoptics (groupe Bacou-Dalloz, 55 sal.) et Loubsol (40 sal.).

Le travail des métaux est en fait mieux représenté aujourd’hui, notamment par la fonderie de métaux légers Manzoni-Bouchot (MBP, 450 sal, aluminium et zarmac) l’usine de mécanique et moules Curtil (130 sal.), le mobilier tubulaire Gonzalez (Dalitub, 65 sal.), la fabrique de matériaux composites SCIT (40 sal.), le matériel d'extraction Sico Métal Jura (35 sal.), la métallerie Sésame (25 sal.). S’ajoutent les plastiques Grand-Perret (115 sal.), la vaisselle plastique Plastorex (20 sal.), les élastomères Jeantet (55 sal.) et trois centres d’aide par le travail. Les activités de service et de commerce apparaissent avec les installations électriques Sceb (35 sal.) et la plomberie Picard (35 sal.), les magasins Intermarché (40 sal.), Casino (45 sal.), Conforama (40 sal.), MrBricolage (20 sal.); travail intérimaire Adecco (60 sal.).

La population de l'agglomération est d'ailleurs en recul. Toutefois, Saint-Claude reste le centre de services très actif d'une contrée animée et dont la population est en croissance, en partie grâce à la diversification des activités industrielles, en partie grâce au tourisme. La ville a un hôpital public (135 lits), deux collèges publics et un privé, un lycée général et un lycée professionnels publics, un institut médico-éducatif. Elle offre à la visite sa curieuse cathédrale baroque (15e et 18e s.) dont les stalles sont du 15e s., un très réputé Musée de la pipe et du diamant, un Musée de la corne, une Maison du tourneur au village de Cinquétral, ancienne commune fusionnée avec Saint-Claude. Le site de Saint-Claude comporte plusieurs accidents naturels spectaculaires: reculées des gorges de l'Abîme et du Crêt Pourri (table d'orientation), cascades des Combes et de la Queue de Cheval. Côté nord, le quartier des Avignonnets a été admis comme «zone urbaine sensible».

Saint-Claude a atteint les 10 000 hab. en 1895, et a connu ensuite deux sommets en 1926 (près de 14 000 hab.) et 1975 (13 500). Le second est dû à une fusion de communes réussie qui a incorporé en 1973 les territoires de Chaumont juste à l’est, Chevry et Ranchette assez loin au sud-ouest, Cinquétral au nord, plus Valfin-lès-Saint-Claude, et masque à peine une tendance longue à la diminution; la population a diminué de 600 hab. entre 1999 et 2008. La majorité municipale a sensiblement changé; à droite de 1953 à 1995, elle a été ensuite conquise par la gauche sous la direction de Francis Lahaut, communiste, employé de banque, puis dirigée de 2001 à 2008 par la droite dure en la personne d'un maire MPF (Mouvement pour la France de Ph. de Villiers) qui s'est fait remarquer par ses déclarations publiques contre l'immigration «turque musulmane» et laotienne, et reprise en 2008 par F. Lahaut et ses alliés. L’unité urbaine Insee est donnée pour 12 200 hab., l’aire urbaine pour 13 200 seulement… L’arrondissement a 52 300 hab. (51 400 en 1999), 5 cantons, 71 communes, 100 258 ha. Saint-Claude anime la communauté de communes du Val de Bienne (13 communes, 15 500 hab.).

Le canton a 22 300 hab., 19 communes et 26 894 ha dont 15 849 de bois. Il s’étire d’ouest en est sur plus de 35 km à vol d’oiseau, puisqu’il va de la frontière suisse aux abords de la vallée de l’Ain, s’approchant à 1 km du lac du Coiselet et touchant ainsi au département de l’Ain. À l’est, le haut plateau accidenté dit des Hautes Combes atteint la vallée de la Valserine dans la combe de Mijoux, dominée par un crêt qui monte au-delà de 1 400 m; juste en arrière, le crêt Pela (1 495 m) est le point culminant du département du Jura, dans la commune de Lamoura.

Lamoura (570 hab., 2 228 ha dont 1 250 de bois), dont le village est à 18 km à l’est de Saint-Claude et à 1 150 m, est un ancien site de taillerie de pierres précieuses et en conserve un musée; il a aussi un village de vacances de 900 chambres, une école des neiges des Pupilles de l’enseignement public; un gouffre et un petit lac y agrémentent la Combe du Lac. La commune accueille 3 hôtels (60 chambres) et a 350 résidences secondaires (57% des logements). Les pentes du crêt Pela sont équipées de plusieurs remontées mécaniques pour le ski et portent la forêt du Massacre, dont le nom vient de l’écrasement par les Savoyards d’une troupe envoyée par François Ier pour secourir Genève assiégée (1535). La population s'est accrue de 120 hab. entre 1999 et 2008.

Juste au sud de Lamoura, Lajoux (260 Lajoulands, 2 365 ha dont 1 300 de bois), 19 km ESE de Saint-Claude à 1 180 m, est sur la route de Gex et de Genève et a gagné 40 hab. après 1999; elle héberge la Maison du Haut Jura, siège du Parc régional et du pays du Haut Jura, pays officiel en voie de constitution, regroupant sept communautés de communes du sud-est du département du Jura, au total 67 communes et 58 900 hab. Le village a un hôtel et une moitié de résidences secondaires et cultive le ski de fond, comme Les Molunes (140 Molunois, 2 051 ha dont 1 072 de bois) plus au sud (15 km SE de Saint-Claude) et à 1 270 m, qui a un centre d’accueil, également une moitié de résidences secondaires et un hôtel, et qui complète la bordure orientale du canton et du département.

Un peu plus près de Saint-Claude (12 km SE), Septmoncel (700 Septmoncelands, 1 940 ha dont 846 de bois), à 1 000 m sur la route de Genève, est très visitée pour son site, qui inclut les profondes gorges du Flumen et s’agrémente du fameux Chapeau de gendarme, qui offre une belle coupe géologique à travers un pli des couches calcaires. Le village a un musée du Coulou sur les métiers d’autrefois, qui offre une vaste collection de jouets. On y fabrique du fromage persillé «bleu du Jura» jadis «gris», qui a obtenu en 2005 une AOC «bleu de septmoncel» ou «bleu de Gex haut Jura», à pâte persillée non cuite non pressée d’au moins 50% de matières grasses, croûte fine et sèche, en meules d’environ 7 kg et en formes de 36 cm de diamètre; il doit être fait avec du lait de montbéliardes (ou simmental) dans les arrondissements de Saint-Claude, Gex et Nantua. La firme Dalloz maintient à Septmoncel ce qui reste le plus gros atelier lapidaire de la région et même de France, reliquat d’une vieille tradition montagnarde de travail des pierres précieuses autour de la place de Genève (Saphir, 200 sal.); deux remontées mécaniques au Manon. Septmoncel a deux petits hôtels et un tiers de résidences secondaires (180).

Villard-Saint-Sauveur (690 hab., 905 hab. dont 487 de bois) est juste au sud de Saint-Claude et son ban, à l'habitat très dispersé, se déploie d'ouest en est dans la montagne; il atteint 1 040 m à l'ouest au-dessus du hameau de la Pérouse; Villard est sur le flnc droit de la vallée du Tacon, flanqué du golf de Saint-Claude, et suivi en aval du Pré Martinet; le Martinet, le Maréchal, Essard et Rochefort sont des hameaux en fond de vallée au confluent du Flumen et du Tacon, le Verger un lotissement sur un replat qui domine le confluent à l'est, et Montbrilland un ancien hameau un peu plus à l'est sur l'adret du Flumen, où s'était fixée le premier atelier de taille de diamant. La Pérouse est une ancienne commune réunie en 1821, la commune ayant intégré en outre en 1822 les communes de Lessard, Maret-Maréchal et Pré-Martinet. Elle avait 670 hab. en 1891, 630 en 1926, s'est dépeuplée jusqu'en 1968 (390 hab.) et repeuplée jusqu'en 1999. Elle accueille le décolletage UCH (20 sal.).

À l’ouest de Saint-Claude, le plateau est surtout occupé par les communes peuplées de Saint-Lupicin et de Lavans-lès-Saint-Claude. Dans la profonde vallée de la Bienne qui se dirige vers l’ouest, se trouvent plusieurs villages industriels. Chassal (510 Chassaliens, 519 ha dont 321 de bois), 11 km au SO du chef-lieu, a des ateliers de plasturgie Andrey (35 sal.) et Janvier (45 sal.), de mécanique (Wittmann, 35 sal.) et un constructeur (Baroni, 40 sal.). Molinges (700 Molingiens, 257 ha dont 139 de bois), 13 km SO de Saint-Claude, avec une gare, une centrale hydroélectrique, les lunetteries Elce-Cabaud (40 sal.) et Y. Cogan (20 sal.), des ateliers de plasturgie MBP (Manzoni-Bouchot, 140 sal.), JB Tecnics (100 sal.) et Novassu (25 sal.); elle a gagné 90 hab. de 1999 à 2008.

Vaux-lès-Saint-Claude (740 hab., 936 ha dont 663 de bois), 3 km plus loin, ancien centre de tabletterie et de taillerie dont plusieurs anciens ateliers sont classés, a un négoce et confection d’emballages de carton (Cartoneo, 80 sal., cartons imprimés) et une maçonnerie (Baroni, 30 sal.). Lavancia-Épercy (670 hab., 1 056 ha dont 752 de bois), déjà à 24 km de Saint-Claude au bout d’une longue excroissance du canton qui suit le cours de la Bienne, jusqu’où remonte le plan d’eau du lac du Coiselet; elle abrite un atelier d’outillage Belin Yvon (120 sal.), mais elle a perdu le site de la fabrique de jouets Lardy, un des premiers piliers du groupe Smoby. Vaux et Lavancia ont chacune gagné 40 hab. depuis 1999. Cette partie occidentale du canton de Saint-Claude forme la communauté de communes du Plateau du Lizon (7 communes, 5 800 hab.) qui siège à Saint-Lupicin.