Saint-Dié-des-Vosges

22 700 hab. (Déodatiens) dont 1 100 à part, 4 615 ha dont 2 326 de bois, sous-préfecture du département des Vosges, au bord de la Meurthe. Le nom était Saint-Dié jusqu'en 1999, date à laquelle il a été officiellement complété à des fins publicitaires. La ville est à la sortie du massif cristallin, dominée au nord par la butte-témoin des grès de l'Ormont (901 m, panorama), au sud par celle du Kemberg (761 m), tandis que la grande côte des grès apparaît à l'ouest de la ville dans le massif de la Madeleine (659 m).

Saint-Dié est issue d'une abbaye bénédictine de 689 dédiée à Déodat, dont le nom a été contracté en Dié. Elle fut à la fin du 15e siècle le siège d'un Gymnasium Vogesiense, porté sur la connaissance du monde et la cartographie et animé par Vautrin Lud, Mathias Ringmann et Martin Waldseemüller; ils fondèrent une imprimerie vers 1495 d'où sortit en 1507 une introduction à la Cosmographie de Ptolémée, où figurait pour la première fois le nom America pour désigner le nouveau continent récemment «découvert». La municipalité s'est inspirée de ce précédent pour créer à Saint-Dié le premier et encore le seul festival international de géographie existant au monde, qui se tient en octobre depuis 1990. Saint-Dié est aussi le lieu natal de Jules Ferry (1832-1893).

La ville, détruite en 1944, avait cependant conservé des éléments de son ancienne cathédrale de grès, dont la façade du 18e s., et le cloître des 15e-16e s. L'ensemble monumental et urbain a été intelligemment reconstruit et le centre-ville, traversé par la Meurthe, est aéré et bien équipé; il s'est orné de la tour de la Liberté, venue des jardins du Trianon de Paris où elle avait été installée pour le Bicentenaire de la Révolution française. La ville a un grand musée Pierre Noël et une riche bibliothèque, un IUT (nouvelles technologies de l'information et de la communication) et un Institut national supérieur d'ingénierie de la conception (Insic) associé à l'Institut national polytechnique de Nancy, quatre lycées publics, dont un technologique et deux professionnels, deux collèges et un lycée privés, institut médico-éducatif et maison familiale ruralemaison de retraite (L'Âge d'Or, 25 sal.); un centre hospitalier de 213 lits, deux cliniques de 75 et 63 lits dont Cardeo (40 sal.), plusieurs institutions d’accueil et d’insertion et centre d’aide par le travail.

Mais Saint-Dié est aussi une ville industrielle et commerçante, dotée de plusieurs zones d’activité. Les principaux établissements industriels sont ceux de la serrurerie Arvin Meritor (états-unien, 510 sal., jadis Rockwell) qui travaille pour l’automobile, et des tissus métalliques et tôles Gantois (240 sal.). Sont aussi à Saint-Dié les plastiques NP Vosges (140 sal., groupe français Nief) et plastiques pour confection MEA (allemand, 50 sal.); imprimeries Cuny (du groupe CPC, 65 sal., étiquettes), L’Ormont (40 sal.) et Loos Humblot (25 sal.), articles de papeterie et classeurs Extendos (40 sal.); un atelier de confection (Claude et Duval, 70 sal.), un moulinage de textile (FDS GAT, 45 sal.); la métallerie PCI (Garçonnet, 35 sal.), les ateliers de mécanique SDMA (30 sal.) et La Mécanique de Précision (25 sal.), la fabrique de cuisines professionnelles Manuvos (25), l'atelier de bijouterie Aurigane (25 sal.).

La logistique est représentée par une base d’Intermarché (240 sal.) et le transporteur Solotra Herman (180 sal.); hypermarché Leclerc (200 sal.), magasins Intermarché (45 sal.) et Carrefour (20 sal.), MrBricolage (35 sal.), Conforama (20 sal.), Decathlon (30 sal.); négoces d’accessoires pour automobiles Grandblaise et Leroy (40 sal.), de pharmacie MSS (30 sal.), d'électroménager Diffus Est (20 sal.); installations électriques Sodel (65 sal.), constructions Batico 88 (30 sal.), travaux publics Sotreca (25 sal.); comptabilité Sofilor (30 sal.) et CFGS (20 sal.), ingénierie Cirtes (20 sal.), travail temporaire Adecco (75 sal.), gardiennages Garantel (20 sal.) et Déoservices (20 sal.), Espace Nettoyage (35 sal.), assainissement Sanest (20 sal.) et enlèvement d'ordures Sita (25 sal.); publicité PSN (30 sal.); discothèqie Le Papillon (20 sal.). ERDF (distribution d'électricité) déclare 50 salariés. La ville a 7 hôtels (230 chambres) et un camping (110 places).

La ville est desservie par la voie ferrée qui vient de Nancy et se dirige vers Strasbourg par le tunnel de Saales. La N 59, mise à quatre voies, contourne la ville par le sud-ouest; elle donne accès à trois traversées des Vosges, par les cols de Saales et du Bonhomme et, entre les deux, par le tunnel de Sainte-Marie-aux-Mines — mais celui-ci est fermé pour travaux d’avril 2004 à fin 2007. Deux ensembles de logements sont considérés comme «zones urbaines sensibles»: Kellermann au sud-est, l’Orme et Saint-Roch au nord, sur les pentes qui dominent la rive droite de la Meurthe.

Le maire de Saint-Dié est Christian Pierret, socialiste, énarque et ancien ministre, ancien député. Saint-Dié a eu 10 500 hab. en 1866, 23 100 en 1911; la population a culminé à 25 400 hab. en 1975 (sdc) et diminue depuis; elle se serait abaissée d'un millier d'habitants de 1999 à 2008. L’unité urbaine Insee est donnée pour 29 100 hab., l’aire urbaine pour 47 000. L’arrondissement a 95 000 hab. (93 400 en 1999), 9 cantons, 90 communes, 116 553 ha, et correspond sensiblement au pays de la Déodatie, augmenté de trois petites communes.

Les 2 cantons ont 37 800 hab. (37 100 en 1999), 21 communes, 23 355 ha dont 2 326 de bois et touchent à l’est au département du Haut-Rhin par la crête des Vosges. Wisembach (420 hab., 1 130 ha dont 880 de bois), 14 km à l’est de Saint-Dié sur la N 59, donne accès au col de Sainte-Marie (772 m). Ban-de-Laveline (1 300 Ban-de-Lavelinois, 2 645 ha dont 1 542 de bois), 11 km ESE du chef-lieu, occupe une plus grande partie de la montagne vosgienne, dont la crête dépasse 1 000 m au-dessus de la forêt des Hospices de Pompey, mais sans accès routier à l’Alsace; meubles Daillot (20 sal.), matelas BBC (British Bedding, 25 sal.) transports Lefebvre (30 sal.). Ban-de-Laveline est le siège de la communauté de communes du Val de Galilée (10 communes, 4 000 hab.); sa population avait dépassé 2 000 hab. de 1836 à 1906, et même atteint 2 500 en 1881; elle a ensuite diminué jusqu’en 1962 (1 030 hab.) puis légèrement repris, et ajouté 70 hab. entre 1999 et 2008.

À Remomeix (480 hab., 473 ha), dans la plaine 5 km à l’est de Saint-Dié, se trouve l’aérodrome du bassin (code LFGY), doté d’une piste bitumée de 870 m et d’un aéroclub; cartrelage Francesconi (30 sal.). Nayemont-les-Fossés (940 Nayemontais, 891 ha dont 578 de bois), 7 km ENE de Saint-Dié, a gagné 90 hab. de 1999 à 2008; aménagement de magasins Polystyl (50 sal.), travaux publics Sacer (25 sal.). Son finage monte dans la forêt domaniale d'Ormont-Robache, atteignant 874 m à l'Ormont. Entre les deux, Pair-et-Grandrupt (490 hab., 458 ha) associe depuis les années 1790 deux petits villages des collines, plus le hameau de Vanifosse qui est au nord de la Fave; elle a gagné 40 hab. de 199 à 2008; publicité Adrexo (65 sal.). Neuvilliers-sur-Fave (320 hab., 512 ha dont 228 de bois), juste à l'est à 9 km à l'est de Saint-Dié, a perdu au contraire 60 hab. depuis 1999; maçonnerie Isobat (30 sal.).

Au sud-ouest du canton, la commune de Taintrux (1 610 Taintrusiens, 3 169 ha dont 2 497 de bois), à 9 km de Saint-Dié, a un relief accidenté par la côte du grès vosgien et la butte-témoin qui domine Saint-Dié au sud; elle sert de banlieue résidentielle et de récréation estivale; scierie Mandrey (30 sal.). Sa population augmente depuis le creux de 1968 (860 hab.), et a gagné 210 hab. de 1999 à 2008, mais elle avait dépassé 2 000 hab. entre 1841 et 1876. Saulcy-sur-Meurthe, Sainte-Marguerite et Saint-Michel-sur-Meurthe soutiennent l'agglomération de Saint-Dié.