Saint-Élie

420 hab., 568 000 ha, commune de Guyane dans le canton de Sinnamary. La commune a été créée une première fois en 1953 à partir de Sinnamary, mais avec Sinnamary pour chef-lieu, sous le nom de Centre; elle a pris son nom actuel et son autonomie complète en 1969. Son origine est étroitement liée à la production d'or. L'habitat s'y réduit à un médiocre village de mineurs, sur quelques hauteurs en pleine forêt à 72 km SSO de Sinnamary (à vol d'oiseau).

Les concessions sont passées à la Texmine, qui a arrêté son activité, et à Guyanor, qui semble tolérer l'orpaillage clandestin, ou l'utiliser comme sous-traitant. La SMSE (Société minière de Saint-Élie) qui était là branche locale de Guyanor a finalement cédé son permis de 99 km2 à la Compagnie de l'Espérance dont la base est à Apatou, tandis que la société Auplata a acquis par Texmine le site de Dieu Merci (102 km2) en 2006, avec ses annexes de la Victoire (22 km2) et de la Renaissance (12 km2). Auplata, fondée par C. Aubert en 2004, se dit le premier producteur d'or de Guyane avec une production variant, selon les années et les cours, de l'ordre de 340 kg en 2007; elle a acquis, outre les permis de Saint-Élie, ceux de Yaou et de Dorlin à Maripasoula. Elle a été rachetée en 2008 par la famille Gorgé (Pelican Venture), propriétaire du groupe Finuchem porté sur les secteurs stratégiques.

Une voie ferrée de 50 cm de large avait été installée pour descendre dans la vallée du Sinnamary; elle a été raccourcie par la mise en eau du barrage de Petit-Saut, puis abandonnée et elle est en cours de dégradation. Le ravitaillement se fait surtout par hélicoptère, mais il existe un petit aérodrome privé. La population fluctue en fonction des rythmes de l'extraction, et donc en partie du cours de l'or: elle aurait atteint jusqu'à 2 000 personnes à la belle époque. Néanmoins, elle a progressé récemment: elle était de 120 hab. en 1990, 240 hab. en 1999. Le village est décrit comme l'exemple même du campement minier isolé et désordonné; la présence de l'autorité y reste discrète en raison des rotations incessantes de gendarmes qui y sont affectés en tours de corvée hebdomadaires à partir de Sinnamary. Comme il n'y a plus d'enfants dans la population, l'école a été fermée et mise à la disposition des gendarmes. On a néanmoins aménagé un sentier botanique pour quelques visiteurs curieux.

La commune s'étend sur 125 km du nord au sud (et 60 de large); elle occupe l'essentiel du bassin du Sinnamary. Côté ouest, les montagnes de la Trinité (636 m) sont protégées au sein d'une réserve naturelle partagée avec la commune de Mana et formant une zone d'intérêt écologique (znieff) de 76 904 ha. À l'extrême sud-est, quelques carbets de la grande époque de l'orpaillage aux noms caractéristiques (Mondésir, Village Chinois, Carbet la Panne, Rubis, Irène, Yolande) jalonnent la piste de Bélizon (commune de Roura) à Saül, qui fait une petite incursion dans le territoire communal de Saint-Élie, mais sans aucun rapport avec le village, qui est à 90 km à vol d'oiseau.

La principale originalité de la commune, toutefois, est de contenir la quasi-totalité des 31 000 ha du réservoir d'eau du barrage du Petit Saut (v. Sinnamary), qui s'étend sur plus de 40 km en forêt en remontant une demi-douzaine de vallées. Près du lac vers l'est, la Montagne Plomb est assortie d'une zone d'intérêt écologique (znieff) de 11 401 ha culminant à 335 m. Loin au sud, le long de la Sinnamary, ont été distinguées les zones d'intérêt écologique (znieff) du Saut Dalles et du Saut Stéphanie (10 606 ha) où la vallée méandre et emprunte un défilé, et, plus en amont, celle de la Haute vallée du Sinnamary (11 839 ha) où le fleuve descend de saut en saut. Au sud-sud-ouest, la commune est voisine de celle de Saül, mais il n'existe entre elles aucune communication.