Saint-Étienne-de-Baïgorry

1 650 hab. (Baïgorritars), 6 944 ha dont 1 145 de bois, chef-lieu de canton des Pyrénées-Atlantiques dans l’arrondissement de Bayonne à 46 km au sud de la ville, au bord de la Nive des Aldudes. Il est nommé Baigorri en basque, et fut Thermopyles pendant la Révolution. La commune a eu 3 000 hab. au milieu du 19e siècle et n’a cessé de se dépeupler lentement ensuite, jusqu'en 1999; elle a repris 90 hab. en 2008. Elle attire pourtant par ses paysages et quelques autres avantages: château d’Etchaut (ou Etxauz) du 16e s., classé; pont romain; festival de la force basque, foires; un collège public et un privé.

La bourgade figure parmi les «villages de charme» et elle est la principale base du vignoble dit d’Irouléguy (100 ha). Elle possède une sortie vers l’Espagne (val de Baztan) à l’ouest par le col d’Ispéguy (672 m). De part et d'autre du beau et large vallon d'Ispéguy, le relief s'élève à 905 m au nord à Ainiziaga, à 935 m au sud à l'Urrizpilota. Guermiette est un hameau de vallée au sud-est du bourg. Au nord, le finage s'étend sur plusieurs grands vallons et crêtes le long de la frontière et contient notamment le château d'Urdos (14e et 17e s.). L'altitude monte à 1 029 m au Buztanzelhay à la frontière; à son col (845 m) s'arrête le GR 10.; un peu plus au nord, le point culminannt est à 1 044 m au pic d'Iparla.

Le canton, frontalier, a 5 800 hab. (5 500 en 1999), 11 communes, 31 010 ha dont 5 847 ha de bois; il s’allonge du nord au sud sur 30 km, couvre tout le pays des Aldudes et frôle la ville de Saint-Jean-Pied-de-Port. Baïgorry est le même nom que Baygurra, un crêt à la limite nord du canton (v. Hasparren), et désigne aussi le petit pays qui forme la partie septentrionale du canton autour de la Nive. La vallée de la Nive au nord et celle de la Nive des Aldudes au sud en forment l’essentiel; pisciculture, fromages de brebis, colonie de vautours fauves. Une route vers Pampelune suit la vallée de la Nive des Aldudes et sort de France à Luisechkerra à 755 m, dans la commune d’Urepel (350 hab., 2 644 ha dont 700 de bois, à 414 m), dont le village est à 22 km au sud du chef-lieu, à 414 m d'altitude; la commune occupe le haut bassin de la Nive des Aldudes et monte à 1 152 m à l'Urtaray à son angle sud-est.

Auparavant, la route est passée par le village d’Aldudes (380 Aldudars, 2 327 ha), à 15 km du chef-lieu, également sur la Nive des Aldudes, et par son hameau d'altitude d'Esnazu (540 m); le territoire communal atteint 988 m à l’ouest, au Harguibel, et 997 m non loin au sud-ouest où sont des cromlechs. Plus en aval la route passe par Banca (360 Bankars, 4 960 ha dont 1 940 de bois. Le village est à 8 km de Saint-Étienne et a une maison pour enfants inadaptés. Sa commune est doublement frontalière, occupant au sud-est toute la montagne jusqu’au pic Laurigna (1 278 m), par le val et la forêt d’Hayra, tandis qu’au NO elle avoisine le municipe espagnol de Baztan et atteint 1 119 m à l’Antchola; une petite route monte au nord au col d'Elhorrieta (831 m) mais ne se prolonge pas en Espagne. Du cuivre a été exploité dans la commune jusqu’en 1894 et Banca a eu jadis un haut fourneau.

À l’est du chef-lieu (4 km), Irouléguy est célèbre pour ses vins d’AOC. Au-delà, le drainage se fait en direction de Saint-Jean-Pied-de-Port et de sa Nive. Anhaux (290 Anhauztars, 1 233 ha) est un petit village de plaine 5 km à l'est de Saint-Étienne, dont le finage englobe au sud le sommet du Munhoa à 1 021 m, le dépasse vers le sud sur la soulane du vallon de l'Oholbideka et atteint 1 250 m à sa pointe méridionale à l'Adarza, proche de la frontière. Le GR 10 court sur les crêtes par le Munhoa. Ascarat (320 Azkaratars, 582 ha), 8 km à l'est du chef-lieu, voisine avec Saint-Jean-Pied-de-Port et son territoire se limite à la plaine et aux basses pentes, campings au bord de la Nive. Lasse (290 Lassois, 1 479 ha dont 207 de bois), dont le village est juste au sud d'Ascarrat, a au contraire un finage étendu vers le sud-ouest en montagne, limité à l'est par le cours de la Nive d'Arnéguy, qui remonte dans le grand vallon de l'Oholbideka et atteint aunis à la frontière le sommet du Mendimotcha à 1 224 m.

Saint-Martin-d’Arrossa (480 Arrosatars, 1 843 ha dont 300 de bois), 8 km en aval du chef-lieu, Arrosa en basque, occupe une petite plaine à la confluence de la Nive, de la Nive des Aldudes et du Laka; du fer y a été exploité; parc d'aventures au sud-est, au bord de la Nive, camp protohistorique sur les hauteurs du Larrango au sud-ouest, vers 560 m. Le territoire communal s'étend au sud de la Nive des Aldudes jusqu'au Jara (812 m), au nord jusqu'aux abords de Bidarray. En fait la commune, d'abord Horça, avait réunie à Ossès dès avant 1806 et n'est (re)devenue une commune qu'en 1923, sous son nom actuel. Un peu à l’est, Ossès (850 Osessois, 4 238 ha dont 291 de bois), Ortzaize en basque, s’étend largement dans la plaine de part et d’autre de la vallée du Laka. La commune a gagné 140 hab. entre 1999 et 2008. Le village a pour annexes les hameaux d'Ahaice au sud-est, Gahardou à l'ouest et Eyhorce au sud-ouest au bord de la Nive, et son finage monte au nord jusqu’au Baigura (897 m).

Ce sommet, site de vol libre, est aussi atteint par la vaste commune de Bidarray (650 Bidarraïtars, 3 820 ha dont 508 de bois) dont le chef-lieu domine la Nive à 8 km en aval de Saint-Martin, au confluent du Bastan; église romane du 12e s. en grès rose, réserve naturelle de pottoks, nombreux éléments de sports et loisirs: sentiers de randonnée, sites de rafting, trinquet, gîtes. Le finage, très accidenté, comprend le grand vallon de l'Aranteko sur le flanc occidental du Baïgura, la vallée de la Nive et ses défilés jusqu'aux abords de Louhossoa, la profonde vallée du Bastan à l'ouest et les reliefs adjacents, le grand vallon du Regata Urrizate au sud, et monte à 962 m un peu au nord du col d'Iparla. Bidarray a culminé à plus de 1 400 hab. en 19831 et avait encore plus de 1 000 hab. en 1906; son minimum (580 hab.) a été atteint en 1990. Ces trois communes ont des vignes bénéficiant de l’appellation irouléguy, mais les surfaces sont infimes.