Saint-Étienne-les-Orgues

880 hab. (Stéphanois), 4 842 ha dont 4 350 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-de-Haute-Provence dans l'arrondissement de Forcalquier, 13 km au nord de celle-ci à 687 m. La mention «les Orgues» date de 1988 et vient d'un jeu de mots: le nom originel était Ausone, déformé plus tard en Onègues et finalement Orgues. Le village est dans une petite plaine drainée par la Laye. Le finage, très étiré du nord au sud, et extrêmement boisé (90%), touche à celui de Forcalquier au sud et atteint au nord le sommet de la Montagne de Lure à 1 826 m. Sur les hautes pentes a été équipée la petite station de ski de Lure, à 14 km du village par une petite route sinueuse qui franchit un peu plus loin la crête; elle offre deux pistes et deux téléskis et a été lancée dès 1934, mais elle est rarement ouverte… Au-dessous, s'étale la forêt domaniale de Lure, où se dissimule l'abbaye de Lure, fondée au 12e s. La commune, qui a été jadis un centre d'herboristerie et de droguerie tirée des plantes aromatiques, a des commerces et services de base, un village de vacances. Elle a eu 1 200 hab. dans les années 1840, 480 au creux dans les années 1960, et un pic momentané à 1 100 hab. en 1990; 330 résidences secondaires.

Le canton a 2 300 hab., 8 communes, 20 163 ha dont 14 045 de bois. Cruis (570 Crussiens, 3 647 ha dont 2 030 de bois), 5 km ENE du chef-lieu à 711 m, est au pied de la Montagne qui occupe la plus grande partie du finage; tout au nord, le Pas de la Greille (1 597 m) laisse passer la petite route qui vient de la vallée du Jabron et passe ensuite par la station de neige de Lure. Cruis est un village de caractère, riche d'une église à santons classés et retable du 17e s., de ruelles et placettes pittoresques et d'animations estivales. La population n'était plus que de 210 hab. en 1962 (620 vers 1850); elle a augmenté de 40 hab. entre 1999 et 2007.

Les autres communes du canton n'ont que peu d'habitants. La dernière à l'est est Mallefougasse-Augès (140 Fougassais, 1 971 ha dont 1 900 de bois), 11 km à l'est du chef-lieu à 700 m, dont le finage est très boisé et monte à 1 542 m sur la crête de la Montagne de Lure. Elle communique avec Peyruis et Les Mées par les ravins du Grand Vallat et du Mardaric; le nom du château de Consonoves (17e-18e s.) rappelle une ancienne commune, intégrée en 1807. Celle d'Augès a été absorbée en 1973, mais n'avait plus d'habitant. Montlaux (130 Moularins, 1 975 ha dont 921 de bois, à 550 m) à l'est de Saint-Étienne, Revest-Saint-Martin (80 Revestois, 756 ha dont 387 de bois, à 658 m) au sud-est et Fontienne (120 hab., 818 ha dont 438 de bois, à 720 m) au sud, ont de maigres hameaux dispersés; musée de machines et outils agricoles à Revest.

Ongles (280 Onglois, 3 147 ha dont 1 707 de bois), un peu plus peuplée, à 5 km SO du chef-lieu à 613 m, tient le sud-ouest du canton par une demi-douzaine de hameaux, dans une petite plaine que le ruisseau de Combe Crue draine sporadiquement vers la Luye; château restauré du 17e s., ruines de l'ancien village sur la butte de Vières. La commune a gagné une cinquantaine d'habitants de 1999 à 2006. Elle en a eu plus de 800 dans les années 1840, moins de 200 en 1975. Lardiers (130 Lardiérans, 3 008 ha dont 2 212 de bois), un peu au nord à 765 m, a un finage qui va jusqu'à la crête de la Montagne de Lure, où le sommet de l'Homme (1 632 m) domine un cirque. Le village a une église romane classée (12e s.) et un château remontant au 13e s.