Saint-Firmin

440 hab., 2 239 ha dont 733 de bois, chef-lieu de canton des Hautes-Alpes dans l'arrondissement de Gap, 32 km au nord de la préfecture, à 900 m. Le village est au pied du versant droit de la Séveraisse, à son débouché sur le Drac. Ce confluent, large, a été surveillé par des châteaux féodaux perchés, et a servi de relais sur la route de Gap à Grenoble. La commune a des restes d'un château fort de la fin du 14e s. au-dessus du Drac. Elle disperse ses hameaux en adret et son finage ne dépasse pas au sud le cours de la Séveraisse; il va au nord jusqu'au Grun de Saint-Maurice (2 776 m) et contient des fragments de la forêt domaniale de Valgaudemar. Saint-Firmin a eu 1 300 hab. au milieu du 19e s. et s'est dépeuplée jusqu'en 1990 (410 hab.). Le village est le siège de la communauté de communes du Valgaudemar, qui est calquée sur le canton.

Le canton a 1 600 hab., 8 communes, 25 462 ha dont 3 817 de bois; il correspond au bassin de la Séveraisse, autrement dit Val Gaudemar, qui s'écrit aussi Valgaudemar et figure dans des noms de communes sous la forme Valgodemard. Ce bassin est orienté de l'ENE vers l'OSO et il est limitrophe du département de l'Isère et du massif de l'Oisans. Il comporte quatre petites communes de moyenne montagne qui entourent Saint-Firmin, et trois communes de montagne à l'est, plus étendues.

Les premières sont Chauffayer; Saint-Jacques-en-Valgodemard, Aspres-lès-Corps et Le Glaizil. Chauffayer (340 hab., 1 090 ha) occupe la plaine de confluence Drac-Séveraisse, à 910 m. Saint-Jacques-en-Valgodemard (160 hab., 1 565 ha dont 339 de bois) est en ubac face à Saint-Firmin; sa mairie est à 800 m mais son finage atteint 2 777 m dans le massif du Petit Chaillol; il est traversé par les canaux d'irrigation des Costes côté Drac, des Herbeys côté Séveraisse. La commune se nommait Saint-Jacques tout court jusqu'en 1936 et a eu jusqu'à 590 hab. (1846). Aspres-lès-Corps (120 hab., 1 673 ha dont 403 de bois) est sur le versant droit du Drac en aval, à 900 m, et le plan d'eau du lac de barrage du Sautet remonte jusqu'à elle. Le Glaizil (180 hab., 2 193 ha dont 659 de bois), la seule du côté gauche du Drac, à 860 m, conserve les ruines d'un vieux château. Son territoire monte à l'ouest jusqu'à la crête de la montagne de Féraud, qui culmine à 2 565 m au Roc Roux; il est marqué par le château de Lesdiguières, du 16e s., et les restes du château du Connétable.

En amont de Saint-Firmin, la première commune montagnarde est Saint-Maurice-en-Valgodemard (150 hab., 3 637 ha dont 713 de bois), à 7 km au NE du chef-lieu, à 950 m; son nom a été également complété en 1936 et elle a eu 500 hab. en 1866. Son finage s'étend des deux côtés de la Séveraisse, entre la Tête du Clotonnet au nord-est (2 836 m) et le pic de Pian (2 826 m) au sud-est. La crête qui ferme le finage au sud-est est située dans le Parc national des Écrins. Une usine électrique est en aval du village. Saint-Maurice a dessiné trois pistes de ski de fond (12 km). Villar-Loubière (60 hab., 2 263 ha dont 237 de bois), dont le centre est à 6 km en amont, à 1 030 m, est bien moins étendue et n'a guère que le versant d'adret; mais son finage monte à 3 098 m au pic des Souffles et inclut le refuge des Souffles (1 975 m), accessible par le GR 54 qui traverse la commune, et le lac du Lautier (2 560 m). Un moulin restauré se visite comme élément de l'écomusée du Champsaur-Valgaudemar. La population est à son minimum en 2006; elle a dépassé 200 hab. durant tout le 19e s.

La grande commune de la montagne est La Chapelle-en-Valgaudemar (130 hab., 10 802 ha dont 351 de bois). Elle est issue de la réunion en 1962 de Guillaume-Peyrouse (ou Pérouse, 115 hab.) en ubac et de Clémence-d'Ambel (85 hab.) en adret, dont les noms remontaient à leur passé signeurial. À elles deux, elles totalisaient 900 hab. au début du 19e s.; elles n'ont pas cessé de se dépeupler depuis. Le village principal, qui a reçu une Maison du Parc des Écrins et un parcours d'aventure, est à 18 km en amont de Saint-Firmin, à 1 050 m; mais celui qui porte le nom du Bourg est à 4 km en amont; les deux sont sur la rive gauche du torrent. Le dernier hameau est le Rif du Sap, 2 km à l'est sur la rive droite; mais il a été très endommagé par une avalanche en 1950 et n'est plus habité qu'en été.

La route monte encore au-delà, jusqu'à la cascade dite du Voile de la Mariée, encadrée par le petit lac du Lauzon et les refuges du Gioberney (1 650 m) et du Clot (ou Xavier Blanc, 1 397 m), celui-ci à l'emplacement d'une ancienne mine de cuivre et de plomb argentifère. Toute la partie orientale dessine un très vaste double cirque, dit du Chabournéou au sud, du Gioberney au nord. Ce bout du monde est dominé au sud par le Sirac (3 440 m), à l'est par la pointe de Verdonne (3 327 m), le pic de Bonvoisin (3 480 m) et les Bans (3 669 m), point culminant du Valgaudemar; au nord, par le mont Gioberney (3 351 m), les pics du Says (3 427 m) et les Rouies (3 589 m). Les hauteurs de ce double cirque portent les glaciers du Sirac et de Chabournéou au sud en ubac, des Bans au nord, et ont reçu en plus les refuges de Vallonpierre (2 271 m) et de Chabournéou (2 020 m) au sud, du Pigeonnier (2 430 m) au nord.

Au sud du village central débouche le torrent de Navette, en gorge et rapides, par les Oules du Diable et leurs marmites de géants, sous le pont des Portes en dos d'âne (12e s.) et près du hameau des Portes (1 245 m). Le torrent descend du glacier de l'Aup, qui subsiste sur l'ubac du Vieux Chaillol (3 163 m); les lacs de Pétarel (2 090 m) sont au nord-ouest. En face, l'adret au-dessus du village est plus fréquenté; il offre une série de cascades (du Casset, de Combefroide), les refuges du Bivouac de Chalance (2 570 m) et de l'Olan (2 345 m), et monte jusqu'à la crête est-ouest où trône l'Olan (3 564 m). La plus grande partie du territoire communal, à l'exception du fond de vallée et des abords du village, est dans le Parc national des Écrins; une réserve naturelle de la Haute Séveraisse y est distinguée. La commune a balisé quatre pistes de ski de fond (33 km) et a un peu moins de 100 résidences secondaires.