Saint-Girons

7 100 hab. (Saint-Gironnais) dont 510 à part, 1 913 ha, sous-préfecture du département de l'Ariège, 47 km à l'ouest de Foix, au confluent du Salat, du Lez et du Baup. Ce fut à l'origine une ville marchande, un peu dans l'ombre de Saint-Lizier qui est à 2 km en aval; et une ville double, le bourg de la vicomté se différenciant du faubourg de Villefranche, plus récent (vers 1300). Puis le succès des foires et de l'industrie en firent, et de loin, la principale ville du Couserans au 18e siècle. Sa part dans le peuplement de l'arrondissement n'a cessé de croître depuis, en dépit des pertes d'emplois industriels.

La principale usine de la commune, dans le faubourg de Lédar, reste la papeterie Meylan 60, qui emploie 110 sal., créée au 19e siècle par la famille Foch, passée à Matussière dès 1908 et spécialisée dans le papier journal à partir de bois et de vieux papiers (57 000 t/an); la faillite de Matussière entraîna sa fermeture en 2008, mais elle a été reprise par les Papeteries de Saint-Girons, du groupe états-unien Schweizer-Mauduit; la papeterie à la fabrication de papiers graphiques; maçonnerie Couserans Construction (70 sal.), installations thermiques Duclos (30 sal.); un supermarché Carrefour (50 sal.), jardinerie JMC (20 sal.), négoce de matériaux Lafforgue (30 sal.); ERDF déclare 40 sal.

La ville a un centre hospitalier, un collège public et un privé, un lycée public; un village de vacances; beaux jardins du château de Seignan. La population communale a lentement augmenté durant tout le 19e s. (3 000 hab. en 1800, 6 000 en 1900) et ensuite jusqu’en 1975 où elle a atteint 8 100 hab. (sdc) avant d’en perdre près de 2 000; elle a regagné 300 hab. de 1999 à 2009. Le maire est François Murillo, socialiste, architecte. La communauté de communes de l’agglomération de Saint-Girons groupe 7 communes (11 500 hab.) et la ville abrite le siège du pays du Couserans. L’arrondissement a 27 800 hab. (26 000 en 1999), 6 cantons, 82 communes, 149 720 ha.

Le canton a 10 500 hab. (9 900 en 1999), 14 communes, 25 914 ha dont 8 074 de bois; il s’étend d’ouest en est sur près de 30 km, jusque dans le Sérou à l’est. Eycheil (560 Eycheilais, 477 ha), juste en amont de Saint-Girons au bord du Salat, abrite l’autre grande papeterie, dite Papeterie de Saint-Girons: créée en 1872 par la firme catalane Job (Bardoux), au lieu-dit la Moulasse, elle est spécialisée dans le papier à cigarettes; reprise par Bolloré en 1986, elle devint Lama, puis Sapam, avant de passer en 1998 à l’états-unien Schweitzer-Mauduit, et occupe 290 personnes. La population communale, remarquablement stable depuis les années 1880, s'est élevée de 50 hab. depuis 1999. Juste à l’est, la commune d’Encourtiech (110 Encourtiechois, 478 ha dont 178 de bois), d’habitat fort dispersé, a un chantier des travaux publics Malet (40 sal.).

En amont d’Eycheil, Lacourt (210 Lacourtais, 1 650 ha dont 694 de bois), 7 km SSE de Saint-Girons, a une usine électrique de 4 MW sur le Salat (22 GWh/an) depuis 1930; sa population a baissé de 60 hab. depuis 1999. Entre les deux villages, le Nert vient grossir le Salat; sa vallée est occupée par la commune de Rivèrenert (190 Rivèrenertais, 2 881 ha dont 1 700 de bois), qui eut des mines; son orientation E-O lui procure une belle opposition de soulane et d’ombrée; la petite route se hisse à l’est jusqu’au col de la Crouzette (1 247 m), qui donne accès à Biert et Massat; la commune a eu plus de 2 000 hab. en 1841; elle a regagné 50 hab. depuis 1999.

Dans la dépression longitudinale de Saint-Girons à Foix, Rimont (590 Rimontais, 2 840 ha dont 932 de bois), 12 km à l’est de Saint-Girons à 520 m, a des horizons plus dégagés; c’est une bastide de 1272, créée en paréage entre le roi et l’abbé de Combelongue, un monastère de prémontrés apparu au 12e s. et dont il reste de maigres ruines. Le village a été détruit par les Allemands en août 1944, et reconstruit; sa population est stable depuis 1970, mais elle avait dépassé 2 400 hab. entre 1831 et 1841; elle s'est accrue de 60 hab. depuis 1999.

Un peu plus loin, Castelnau-Durban (430 Castelnau-Durbanais, 1 318 ha dont 200 de bois), 17 km à l’est de Saint-Girons mais sur le versant de l’Arize, au bord de l’Artillac son petit affluent de gauche, a un château ruiné et d’anciennes carrières de marbre; installations électriques Gabarre (30 sal.). Esplas-de-Sérou (160 Esplasais, 3 410 ha dont 1 500 de bois) est bien plus isolée, à 700 m d’altitude; le village est perché au-dessus de la haute vallée de l’Arize, juste en face de Sentenac-de-Sérou, alors que la commune s’étend loin au sud, de part et d’autre de la profonde vallée de l’Artillac, montant en forêt jusqu’au Cap de Campets (1 504 m); la commune avait 2 100 hab. en 1846…

À l’autre bout du canton, dans la vallée du Lez, Moulis (800 Moulisais, 3 655 ha dont 353 de bois), 5 km au SO de Saint-Girons, a eu aussi des carrières de marbre; elle se distingue davantage par une pile romaine de plus de 7 m de haut, et surtout par le laboratoire du CNRS, créé en 1948 et spécialisé dans l’étude de la faune cavernicole. Le finage communal monte en pointe, vers le sud, jusqu’au Tuc des Pelates (1 608 m), d’où le regard plonge sur la vallée de Bethmale.

La commune la plus méridionale et la plus haute du canton, au SO à 850 m, est Alos (130 Alosiens, 2 426 ha dont 1 200 de bois); elle occupe le bassin de l’Alos, qui débouche sur la rive gauche du Salat un peu en amont de Lacourt. Le village est à 6 km au SO de Lacourt; le finage est dominé au sud par le sommet nu du cap de Bouirex (1 873 m). La commune, qui avait 1 300 hab. en 1846, ne conserve qu’une dizaine d’éleveurs, mais plus de 200 habitations, dont les deux tiers sont des résidences secondaires, et la population quadruple en été. Son territoire est parcouru par tout un lacis de petites routes forestières et, hors de la vallée du Salat, accessible par deux cols: de Portech au nord (862 m) à partir de Moulis, de Catchadégué au sud (893 m) à partir de Seix; un château du 17e s.