Saint-Guilhem-le-Désert

270 hab. (Saute-Rocs), 3 864 ha, commune de l'Hérault, dans le canton d'Aniane, 8 km NO du chef-lieu, 38 km NO de Montpellier. Elle est extrêmement fréquentée, tant pour son site que pour son ancienne abbaye. Le lieu avait été choisi par Guilhem au Court-Nez, dit d'Orange, comte de Toulouse et duc d'Aquitaine, pour y faire retraite non loin de l'évêque d'Aniane. L'abbaye de Gellone fut fondée en 804. Au 12e s., toute une légende fut forgée autour de l'abbaye et d'un morceau de la «vraie croix», lançant les pèlerinages. Saint-Guilhem, qui avait entre temps pris le nom du fondateur, a eu un statut de ville, et l'on y comptait encore plus de 800 hab. en 1880. Il reste aujourd'hui un village classé, très fréquenté et très réglementé, une très belle église romane (11e s.) et un cloître, sur une belle place, dominant un ravin aux jardins fleuris et entourés de vieilles maisons où n'ont pas moins fleuri les boutiques d'art et d'artisanat; ruines d'un château au-dessus du village.

On arrive à Saint-Guilhem par les gorges de l'Hérault, le plus souvent après avoir admiré le vieux pont du Diable qui les enjambe depuis les environs de l'an Mil, et les marmites de géant sculptées dans le calcaire. Au-delà du village, le ravin du Verdus aboutit à un superbe cirque dit de l'Infernet, ou du Bout du Monde, sous des rochers à pic; un très ancien escalier y a été aménagé par les moines (les Fenestrelles ou L'Escaliou); nombreux sentiers, dont le GR 74, et points de vue à partir des corniches qui dépassent 500 m; escalades au roc de la Bissonne; la forêt du Verdus a une proportion exceptionnelle de pins de Salzmann. Saint-Guilhem est devenu le premier site de visite de l'Hérault (240 000 visiteurs enregistrés en 2002).

La commune est très étendue et comporte d'autres attraits. Tout au sud, elle offre sentier botanique, maison forestière, gîte d'étape et point de vue des Plos, la grotte de Brunan. À l'ouest, au contact du Larzac, le Pioch de Roquebrune monte à 815 m et, au NO, le Pioch Launet à 819 m; la crête SO-NE à laquelle ils appartiennent prolonge la Séranne et domine un large plateau vers 600 m, riche en avens et en mégalithes, en maisons de causse et mégalithes (aux Lavagnes). Ce plateau est lui-même défoncé vers l'est par les ravins qui débouchent dans les gorges de l'Hérault; nombreux points de vue et sentiers, grottes (notamment de la Baume de l'Olivier et du Sergent), cascades, ermitages (Belle-Grâce), calvaire et chapelles dans la forêt domaniale de Saint-Guilhem. La commune a 3 200 ha de garrigues et 600 de bois.

Le village, classé dans les «plus beaux villages de France», a tout un équipement touristique, dont un gîte du Club alpin et des clubs ou écoles d'escalade, de spéléologie et de canoë-kayak, office du tourisme, musée lapidaire, hostellerie, auberge et restaurants, quelques commerces; un carmel. La proximité de la grotte de Clamouse (à Saint-Jean-de-Fos) ajoute encore à l'attrait. Saint-Guilhem avait été rebaptisé Verdus-le-Désert pendant la Révolution. Il existe une appellation de vins de pays de Saint-Guilham-le-Désert, qui porte sur 7 communes des environs, dont Aniane et Gignac.