Saint-Lary-Soulan

980 hab. (Saint-Laryens), 9 097 ha dont 2 866 de bois, commune des Hautes-Pyrénées dans le canton de Vielle-Aure. La commune est formée de deux territoires distincts. Le village est en fond d'Aure, là où la vallée s'élargit en une petite plaine dans l'ombilic de Vielle-Aure à 2 km au sud du chef-lieu, à 840 m; une usine hydroélectrique y est installée (21 MW). Son finage s'étend loin droit au sud, jusqu'à la crête frontière au pic d'Ourdissétou (2 597 m), qui est le point le plus méridional de tout le département des Hautes-Pyrénées. On en sort par le port d'Ourdissétou (2 403 m, Urdiseto en espagnol), qu'emprunte un sentier.

Ce territoire correspond à la vallée du Rieumajou, qui commence par un grand cirque; un hospice-refuge est entretenu à 1 530 m au fond de la vallée, sous le col, et accessible par une petite route forestière. Le point culminant est, un peu à l'est sur la frontière, le pic de Batoua (3 034 m); le pic d'Arriouère (2 866 m) lui fait face à l'ouest, fermant ainsi le cirque. Au milieu de la vallée du Rieumajou sont un petit lac de barrage et, en aval, l'usine hydroélectrique de Maison-Blanche (7,5 MW).

L'autre partie du territoire de Saint-Lary, séparée de la première, est au nord-ouest de la Neste d'Aure; orientée ouest-est, longue de 16 km pour 1 ou 2 km de large tout au plus, elle prend en écharpe le massif du Néouvielle depuis le pic de Néouvielle lui-même; à l'est du lac de l'Oule, elle inclut la vallée d'Espiaube, où la commune a pu établir une station de ski. Il s'agissait là du territoire de la commune de Soulan, jadis séparée de Saint-Lary mais avec laquelle elle a fusionné en 1963, en dépit de la discontinuité des finages.

Cette disposition a permis à Saint-Lary de devenir une riche commune, bénéficiant de redevances d'EDF. Un entrepreneur de travaux publics, Vincent Mir, chargé des travaux du barrage de Cap-de-Long, devenu maire de la commune, a pu investir dès 1956 dans la création pionnière de la station de ski, qui a fait de Saint-Lary l'une des premières places fortes des sports de neige en Pyrénées, et le village a pris des allures de ville prospère de sports et loisirs. La station s'est développée sur les territoires de plusieurs communes voisines: dès 1957, ce qui était alors réputé comme le plus long téléphérique du monde était inauguré entre Saint-Lary et le Pla d'Adet (1 675 m), qui est dans la commune de Cadeilhan-Trachère (60 hab., 486 ha, à 820 m) et d'où l'on domine le versant gauche de la Neste; une route y est ensuite parvenue, en 1964.

La station s'est étendue à la Cabane, qui relève de la commune de Vignec (210 hab., 642 ha, à 800 m), et dans l'enclave du val d'Espiaube, grâce à la fusion de communes. Puis Saint-Lary a ouvert une station thermale en 1988, afin de disposer d'un éventail complet et multisaisonnier d'activités; elle a réussi à dépasser Barèges et Luz, se classant en quatrième position parmi les stations des Hautes-Pyrénées, à un niveau un peu bas en vérité: 2 400 curistes l'an, censés assurer environ 70 000 nuitées, ce qui semble assez largement compté. Une maison du Parc national a été ouverte dans un ancien logis du 16e siècle, bien que la limite du Parc soit assez éloignée et ne morde même pas sur le territoire communal - si ce n'est à travers la réserve du Néouvielle; une maison de l'Ours est également proposée à la visite. La famille du maire-promoteur s'est distinguée ensuite dans les sports d'hiver, Isabelle Mir (née en 1949) figurant parmi les championnes de France de descente et obtenant 9 titres en coupe du monde - V. Mir est mort en 1997.

L'ensemble cumule 24 000 lits et forme la première station touristique des Pyrénées françaises, avec 3 740 résidences secondaires pour 560 principales (1er rang départemental juste avant Cauterets). La station de ski offre 54 pistes sur 700 ha, équipées de 32 remontées mécaniques et 183 canons à neige, et la station propose un prometteur «concept de centre thermo-ludique avec canyoning»; la société Altiservice (remontées mécaniques) emploie 35 personnes. Au total, la commune a neuf hôtels (220 chambres), deux campings (180 places) dont un de luxe (80 places) et 4 200 résidences secondaires, qui font 87% des logements. Saint-Lary avait 200 hab. en 1906 et avait atteint 630 hab. dès 1954; Soulan lui en a apporté moins de 40, mais la nouvelle commune a dépassé le millier en 1985. Elle se tient à ce niveau depuis.

Un peu en amont de Saint-Lary, le village de Tramezaïgues (34 hab., 3 496 ha dont 465 de bois), au confluent de la Neste d'Aure et du Rieumajou à 950 m, dispose d'un territoire assez étendu, allant jusqu'à la crête frontière entre les pics de Bataillence (2 604 m) à l'ouest et de Lia (2 778) à l'est; elle englobe ainsi le grand cirque de Moudang, dont la Neste rejoint l'Aure dans la commune d'Aragnouet, et qui a connu des mines; au-dessus du village, restes d'un château du 11e s. à donjon carré, juché sur un verrou glaciaire; le nom de Tramezaïgues signifie «entre deux eaux», ou confluent - en l'occurrence, la Neste d'Aure et le Rioumajou.