Saint-Lizier

1 530 hab. (Licérois), 901 ha, chef-lieu de canton du département de l'Ariège dans l'arrondissement de Saint-Girons, 2 km au NO de celle-ci sur la rive droite du Salat. Ce fut la première cité des Pyrénées ariégeoises, établie par Pompée en 72 avant notre ère sous le nom de «Lyon du Couserans», Lugdunum Consorarum; il reste des ruines d'un rempart romain du 5e siècle. Très tôt la cité fut évêché et, partagée entre ville haute et ville basse, elle eut même deux cathédrales.

Outre des maisons anciennes, surtout du 18e s., on y admire les énormes structures de la cathédrale romane du 12e s., rehaussée d'ogives au 14e, avec fresques et mobilier luxueux, de son cloître, du vaste palais épiscopal du 17e s., maintenant hôpital public (75 lits), de la pharmacie de l'ancien hôtel-Dieu; musée départemental dans l'ancien palais. Saint-Lizier est inscrit dans les «plus beaux villages de France» et les «villages de charme».

Les entreprises sont en nombre limité: Fromageries Occitanes (30 sal.), deux Intermarché (70 et 60 sal.), magasins But (25 sal.), Bricodel (25 sal.); instalaltions électriques Ceras (20 sal.). La population communale a assez peu varié entre 1830 et 1850, autour de 1 200 hab., puis a augmenté jusqu’en 1982 où elle a culminé à 1 860 hab. (sdc); elle diminue depuis et s'est abaissée de 110 hab. entre 1999 et 2009.

Le canton a 7 300 hab. (6 900 en 1999), 16 communes, 18 137 ha dont 5 927 de bois. Limitrophe de la Haute-Garonne, il est traversé par la large vallée du Salat, prolongée vers l’est par la dépression que draine son affluent le Baup. Au nord, il est formé de hautes collines boisées et dépeuplées, qui atteignent à peine 500 m d’altitude; au sud-ouest, il s’élève jusqu’à 1 247 m au pic de l’Estelas, mais ces hauteurs y tiennent peu de place.

D’amont en aval dans la vallée, Lorp-Sentaraille (1 340 Lorparaillais, 615 ha), rive gauche à 4 km NO du chef-lieu, accueille au sud-ouest l’aérodrome de Saint-Girons-Antichan (code LFCG), muni d’une piste de 1 100 m en dur et d'une en gazon de 800 m, aéroclub avec centre sportif de l’UCPA, écoles de pilotage et vol à voile. C’est le village natal d’Aristide Bergès (1833-1904), dont la famille a longtemps tenu la papeterie locale; il a reçu plusieurs ateliers: métallerie du Couserans (CCM, 20 sal.), pièces plastiques CPI (25 sal.), cadres de bois Actua (25 sal.), charcuterie Cazaux (30 sal.), confirures Copyr (25 sal.), extraits végétaux VPI (Vert Product Ingredients, 25 sal.); maçonnerie RDM (20 sal.), transports Innocent (25 sal.) et PPCE (20 sal.).

La commune s’appelait seulement Sentaraille avant 1971, une déformation de Sainte-Araille, nom local de Sainte-Eulalie. Le village de Sentaraille est au nord du finage, près du Salat; Lorp est sur la route plus au sud et s'est affirmé comme centre, proche de la papeterie et de la zone d'activités de Saint-Lizier. Une zone industrielle flanque la route tout au nord, près de Sentaraille; château Bagent. La population croît depuis 1950 (590 hab.) et a encore gagné 170 habitants de 1999 à 2009.

Juste à l'ouest de Lorp dans les collines, Montgauch (Montgauchois) conserve l'église classée de Lacraste, du 12e s. au 16e s., à peintures murales; le finage atteint au sud-ouest plus de 1 100 m dans la forêt de l'Estelas. Le village de Cazavet (220 Cazavetois, 1 793 ha dont 1 020 de bois), juste au nord de Montgauch, est doublé par le hameau de Cazaux; le finage monte à l'ouest au sommet du pic de l'Estelas (1 247 m) et comporte plusieurs grottes et gouffres, restes d'un castrum au-dessus du village. Caumont (310 Caumontois, 922 ha dont 258 de bois), juste en aval de Sentaraille, a des restes d’un castrum gallo-romain et une église à toit à bulbe; fromagerie Faup (30 sal.).

En face, Mercenac (360 Mercenacois, 1 357 ha), sur la rive droite du Salat, est le siège de la communauté de communes du Bas-Couserans (11 communes, 2 700 hab.) et s'est accrue de 100 hab. (+38%) de 1999 à 2009. À Prat-Bonrepaux (880 Pratéens, 1 443 ha dont 490 de bois), 6 km en aval rive gauche, château des 13e-14e s. à triple enceinte, rajeunie au 16e s. par des fenêtres et aménagements renaissance; la cimenterie de Lacave, ouverte en 1875, s’est arrêtée en 1997. Le nom était Prat-et-Bonrepaux avant 1983; la commune a eu plus de 1 500 hab. en 1851 et sa population a diminué jusqu’en 1982; elle augmente un peu depuis (+40 hab. de 1999 à 2009).

De l’autre côté de Saint-Lizier, la commune de Montesquieu-Avantès (250 Montesquivais, 1 652 ha dont 411 de bois), dont le village est à 6 km NE du chef-lieu, s’est avérée un haut lieu de la préhistoire à la suite des découvertes faites à partir de 1912 dans un vaste système de cavernes liées aux anciens écoulements souterrains du Volp: grotte des Trois Frères connue pour sa figure de sorcier peint et gravé, Tuc d’Audoubert connu pour ses bisons sculptés en argile, grotte d’Enlène; mais l’ensemble, préservé, n’est pas ouvert au public.

Tout près de Saint-Lizier et Saint-Girons, Montjoie-en-Couserans (1 080 Montjoliens, 2 963 ha dont 807 de bois) conserve une enceinte rectangulaire du 14e s., fort petite (45 m de côté) mais avec tours et portes; elle a eu 1 900 hab. en 1851 et s’est dépeuplée jusqu’en 1975 (770 hab.) mais a repris ensuite, gagnant 80 hab. de 1999 à 2009; un camping de 120 places. Dans la partie orientale de la commune, le village d’Audinac-les-Bains exploita une station thermale à partir de 1808, qui reçut un établissement thermal en 1843 et fut ensuite fréquentée volontiers par les «coloniaux»; mais elle déclina au 20e s. et fut abandonnée en 1939; elle n’a pas été relancée.

Aristide Bergès (1833-1904), pyrénéen et inventeur de la houille blanche, mais dans les Alpes

Né à Lorp en Ariège, il fit ses études secondaires à Toulouse et intégra l'École Centrale. Inventif, il s'essaya à plusieurs techniques avant d'être appelé à Grenoble par le papetier Matussière. C'est dans le massif de Belledonne qu'il imagina les possibilités modernes de la force hydraulique, d'abord en amenant l'eau à l'usine de Lancey par une conduite forcée de 200 m de chute (1869) puis de 500 m (1882), avec l'appui de moteurs électriques. La production électrique excéda les besoins de la papeterie et Bergès se fit propagandiste de la production hydroélectrique, présentant une turbine à l'Exposition universelle de 1889 et créant l'expression «houille blanche»; il put même créer la première entreprise spécialisée, la Société d'éclairage du Grésivaudan, dès 1898. Il est enterré à Toulouse et un groupe d'amateurs essaie de faire de sa maison natale un musée des techniques en Couserans.