Saint-Paul-Trois-Châteaux

7 700 hab. (Tricastins) dont 380 à part, 2 204 ha dont 400 de bois, chef-lieu de canton du département de la Drôme dans l'arrondissement de Nyons, à la limite sud-ouest du département. Le centre-ville occupe une éminence qui domine la plaine du Rhône face à Pierrelatte; il est à 10 km du Rhône, mais seulement à 2 km à l'est du canal de Donzère-Mondragon. Le nom de la ville ne vient pas d'hypothétiques châteaux médiévaux, mais simplement de la tribu des Tricastins qui occupait les lieux dans l'Antiquité: elle fut Augusta Tricastinorum, occupant alors une enceinte carrée, puis pourvue d'un évêché au 6e siècle. Le bourg conserve une cathédrale de style roman provençal, construite à partir de 1120 mais remaniée jusqu'au 20e siècle, des restes de l'enceinte dont une porte, des maisons anciennes. Il offre un collège public, une maison de la Truffe et du Tricastin; un musée d'archéologie est en préparation.

La population communale s'était abaissée de 2 600 hab. en 1866 à à moins de 1 500 dans les années 1930, puis a fortement augmenté avec les travaux du Rhône, la commune et ses collines offrant un cadre agréable à la résidence. Elle a encore gagné 620 hab. de 1999 à 2004. Le canal a coupé du bourg une partie de plaine, occupée par les installations nucléaires du Tricastin, notamment la centrale électrique. C'est pourquoi les 1 300 employés de la centrale EdF sont comptés à Saint-Paul et non à Pierrelatte. Sur le territoire de la commune se sont également installées la fabrique de revêtements de sol Gerflor, qui occupe 450 personnes, et quelques entreprises de bâtiment et travaux publics comme Vaucluse-Provence (50), les installations électriques Isdel (65 sal.) et Remelec (35 sal.); ingénierie Amec-Spie Dematome (40 sal.) et Sirap (50 sal.), électromécanique Sirem (50 sal.), métallerie Andriollo (35 sal.), fabrique de matériel agricole Alma (Arnaud, 25 sal.), imprimerie Graphot (25 sal.); Intermarché (50 sal.), lycée agricole privé. La commune cultive 247 ha de vignes.

Le canton a 16 200 hab., 10 communes, 17 415 ha dont 3 730 de bois. Il est limitrophe du département du Vaucluse et de son enclave de Valréas; sa partie NO est dans les basses collines du Tricastin, sa partie sud-est dans la plaine drainée par le Lez. Toutes les communes sont dans la zone d'appellation vinicole des côtes-du-rhône; la plupart bénéficient de l'AOC coteaux-du-tricastin. Saint-Restitut (1 300 hab., 1 449 ha dont 405 de bois), 3 km au SE du chef-lieu, est un beau village de plateau, fréquenté au Moyen Âge par un actif pèlerinage dont reste une grande chapelle, et site de grandes carrières où ont été aménagées des caves à vins. La commune cultive 218 ha de vignes; elle n'avait pas 500 hab. en 1975, alors qu'elle avait dépassé le millier un siècle auparavant. Clansayes (450 Clansayais, 1 447 ha), 5 km au NE du chef-lieu, offre également de belles vues, une tour des templiers du 13e s., et cultive 101 ha de vignes.

Montségur-sur-Lauzon (1 000 Montségurais, 1 824 ha dont 765 de bois), 9 km ENE de Saint-Paul, se partage entre les bois du plateau et les vignes (174 ha) de la plaine, bordée au SE par le Lez; papeterie (de Montségur, 30 sal.), petit atelier d'horlogerie Tena (20 sal.). Le Lauzon, dont le nom a été ajouté à celui du village en 1920, est une petite rivière locale orientée vers le sud-ouest, qui longe le plateau du Tricastin et qui rejoignait le Rhône face à Pont-Saint-Esprit; raccourci de 10 km, il se termine désormais dans le canal du Rhône à Bollène. La population de la commune croît tranquillement, surtout depuis 1968 (650 hab.).

La Baume-de-Transit (750 Baumois, 1 205 ha), 9 km à l'est du chef-lieu sur la rive gauche du Lez, cultive 580 ha de vignes, ruines du château médiéval; la commune a gagné 70 hab. de 1999 à 2004. Bouchet (700 Bousquetains, 1 189 ha), 5 km plus au sud, est très viticole (665 ha) et sa cave coopérative occupe les locaux d'une ancienne abbaye cistercienne de femmes, créée en 1184; la croissance démographique récente y est très sensible: Bouchet a gagné 275 hab. de 1999 à 2006, soit +40%!

Suze-la-Rousse (1 600 Suziens, 3 060 ha dont 510 de bois), 10 km au SE du chef-lieu sur la rive gauche du Lez, est le principal village du sud et sert de centre de services aux communes voisines, avec un collège public. «Village de caractère», Suze a conservé des remparts, une halle au blé. La commune est devenue un grand centre viticole (1 322 ha cultivés). Son château, apparu au 12e siècle et remanié largement aux 15e et 16e s., s'est orné de beaux stucs au 18e s.; il abrite une «université du vin» interprofessionnelle; la cave coopérative assure la moitié de la production des coteaux-du-tricastin. Suze-la-Rousse n'avait que 940 hab. en 1936, contre plus de 2 000 dans les années 1860; sa population croît depuis et a gagné 225 hab. de 1999 à 2006.

La commune la plus méridionale est Rochegude (1 300 Rochegudiens, 1 830 ha dont 800 de bois), dont le village est perché à 5 km au sud de Suze-la-Rousse. Ses vignerons cultivent 1 086 ha de vignes; elle fait partie des cinq communes drômoises autorisées à produire des côtes-du-rhône-villages; un château des 17e-18e s. y a été transformé en hôtellerie; travaux publics (TP 2000, 35 sal.). Rochegude a gagné 110 hab. de 1999 à 2005; elle avait 500 hab. en 1936 (1 250 entre 1846 et 1861), et a crû surtout après 1980. À l'extrémité sud-est du canton, Tulette (1 700 Tulettiens, 2 353 ha) est un peu à part, dans le couloir de l'Eygues entre le Vaucluse et l'enclave de Valréas; elle cultive 1 951 ha de vignes, ce qui en fait la première commune viticole de la Drôme; grosse cave coopérative et nombreuses caves particulières, négoce de vins Terroir et Gastronomie (50 sal.)restes de remparts et maisons anciennes, artisanat d'art; musée de la figurine; huilerie Brochenin (30 sal.). La population de Tulette a été plus stable que celle des communes voisines (2 200 hab. en 1872, 1 300 au creux des années 1930 à 1960).