Saint-Rome-de-Tarn

860 hab. (Saint-Romains), 5 206 ha dont 1 120 de bois, chef-lieu de canton du département de l'Aveyron dans l'arrondissement de Millau, 25 km OSO de Millau sur la rive gauche du Tarn à l'entrée du secteur des raspes. Le village fut fortifié; il était devenu une place protestante au 16e s., et a pratiqué la viticulture. Il présente quelques restes de défenses, ruelles et vieilles pierres d'un village d'allure médiévale, grottes et terrasses de culture.

La commune a un hôtel, deux campings (150 places) dont un d eluxe (100 places), plus de 200 résidences secondaires (un tiers des logements); musée de la vigne, base nautique sur le Tarn; transports J. Arles (35 sal.), treillis et armatures à béton AMLSA (30 sal.) et maçonnerie P2A (20 sal.). La population augmente un peu depuis 1982 (630 hab.) et s'est accrue de 130 hab. entre 1999 et 2009; mais elle fut de 1 700 hab. en 1876, et avait dépassé 3 000 hab. de 1806 à 1846, avant des remaniements de contours.

Le canton a 3 200 hab., 8 communes, 23 572 ha dont 5 849 de bois; il s’étire sur 30 km des deux côtés de la vallée du Tarn au sud du Lévezou et du Ségala, entièrement à l’ouest du chef-lieu. Le Truel (360 Truellois, 2 648 ha dont 633 de bois), 19 km à l’ouest de Saint-Rome, est le siège de la puissante centrale hydroélectrique du Pouget (365 MW, 280 GWh/an), alimentée par le vaste système de lacs organisé autour de celui de Pareloup et qui lui assure un chute de 460 m, et y ajoute une centrale plus petite (23 MW).

Le hameau du Pouget lui-même est néanmoins dans la commune d’Ayssènes (220 Ayssénois 2 314 ha dont 571 de bois), juste en amont à la convergence de deux ravins descendus du Ségala; le petit lac de barrage de Saint-Amans, dominé par un château et proche du hameau de Costecalde, y complète l’ensemble hydraulique du Pouget; à Vabrettes au nord de la commune, musée de l’archerie et tir à l’arc; fête des fraises. À cheval sur la limite du Truel et d'Ayssènes, aux Alasses, ont été installées en 2009 huit éoliennes Accona (12 MW) du groupe portugais EDP.

De l’autre côté du Tarn, vers 630 m, Saint-Victor-et-Melvieu (380 Saint-Victorois, 1 791 ha dont 576 de bois), d’habitat très dispersé, a reçu à Melvieu le gros poste d’interconnexion électrique associé à la centrale et d’où les lignes à haute tension rayonnent dans sept directions; village de vacances du Balcon des Raspes à Saint-Victor, un camping; le barrage de Pinet est au pied, dans la gorge du Tarn. La commune s'est accrue de 40 hab. depuis 1999.

Dans la partie occidentale du canton, Broquiès et Brousse sont des villages pittoresques de la soulane du Tarn. Broquiès (670 Broquiésois, 3 799 ha dont 1 091 de bois), 10 km au SO du Truel, étage ses maisons sur le versant; en amont, l’usine électrique de la Jourdanie, dotée d’un barrage et d’un petit lac sur le Tarn, supplée celle du Pouget; anciennes mines et traces des anciennes vignes; on fait encore à Broquiès un peu de vin de pays. La commune a dépassé les 3 500 hab. en 1851, et encore les 2 000 à la fin du 19e s., puis s’est dépeuplée jusqu’en 1990. Cussac est un gros hameau sur le plateau au nord. Tout au nord à Lascombes, ont été implantées en 2006 deux éoliennes Gamesa (1,7 MW). Le finage s'étend aussi au sud du Tarn, que traverse un pont, un peu en amont du confluent du Tarn et du Dourdou.

En aval à 8 km, Brousse-le-Château (170 Broussois, 1 554 ha dont 407 de bois) a été distingué comme «plus beau village de France» et «village de charme» pour son gros château féodal, dont les éléments vont du 10e au 18e s., précédé par un pont gothique, et ses maisons des 17e et 18e s. Le nom était simplement Brousse jusqu’en 1919; la commune a eu près de 1 000 hab. de 1850 à 1886 et n’a cessé de se dépeupler qu’après 1999; plus de la moitié des logements sont des résidences secondaires.

Au nord sur le plateau, la commune de Lestrade-et-Thouels (460 Lestouéliens, 4 227 ha dont 927 de bois) s'est nommée d'abord Thouels, et a changé de nom quand son chef-lieu s'est transféré au hameau de Lestrade, mieux placé et plus développé sur la route de Réquista à Villefranche-de-Panat (D 44); Thouels est un peu au sud, au bord du ravin de l'Alrance, qui descend vers Brousse. Elle a reçu en 2008 un parc de cinq éoliennes Vestas (11,5 MW) de la société allemande Juwi, à la pointe NE de la commune, vers Lavergne, qui touche à Villefranche-de-Panat.