Saint-Sauveur-sur-Tinée

460 hab. (Sansavornins) dont 120 à part, 3 228 ha dont 1 638 de bois, chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes dans l'arrondissement de Nice, 64 km NNO de la préfecture à un peu moins de 500 m. «Sur Tinée» a été ajouté à son nom en 1957. Hormis un maximum provisoire à 1 100 hab. en 1926, sa population avait culminé à 760 hab. en 1901 et n'a pas cessé de baisser jusqu'en 1990; elle semble s'être stabilisée depuis. Le village est sur un lobe de méandre de la Tinée, rive gauche; il a un collège public; entreprise de travaux publics Valtinée (25 sal.). Son territoire s'étire vers le nord jusqu'au mont Saint-Sauveur (2 711 m). Il touche au nord-est au vallon de Mollières et suit à l'ouest les gorges de Valabre, au fond desquelles coule la Tinée; près du confluent Valabre-Mollières a été installée l'usine hydroélectrique souterraine de Valabre, alimentée par des conduites souterraines depuis Isola et par le barrage de Peyre Blanque dans le vallon des Mollières.

Le canton a 2 100 hab., 8 communes, 31 210 ha dont 14 235 de bois; ses paysages sont associés aux roches rouges du permotrias. À l'ouest du chef-lieu, Roubion (110 hab., 2 726 ha dont 1 632 de bois) et Roure (170 hab., 4 030 ha dont 2 013 de bois) se perchent à 1 340 m et 1 130 m au-dessus du cours très encaissé du ruisseau de Vionène, qui rejoint la Tinée à Saint-Sauveur. Roubion est un «village pittoresque des Alpes-Maritimes» à 11 km du chef-lieu, et à 11 km aussi de Beuil par le col de la Couillole (1 678 m) où est aménagée une station de ski nordique (2 pistes, 12 km); remparts du 12e s., ruines castrales, chapelle du 16e s. Son finage s'étire au nord-ouest sur 8 km jusqu'à la Tête de Varélios (2 456 m), proche du mont Mounier; site d'escalade et via ferrata près de la grotte de la Balma. Il cache plusieurs grottes en bout de vallée au nord-est, près du hameau de Vignols; canyoning dans le vallon du Moulin. Au sud du village, la station de ski de Buisses, équipée de 21 pistes et 8 remontées mécaniques, vaut à Roubion 240 résidences secondaires.

Roure se perche juste au nord-ouest de Saint-Sauveur, et son finage s'ouvre vers le nord, entre Tinée et Vionène, jusqu'au mont Gravières (2 326 m) qui domine le refuge de Longon, dans le Parc national. Il englobe ainsi la forêt de la Fracha. En revanche, il s'étend fort peu au sud, dans les rochers de la Tête de Tigène (1 914 m). Le village a une église du 13e s. et une chapelle du 15e s.; un menhir de grès rose se voit au hameau éloigné de Tiecs; fortifications de Valabre au nord, arboretum.

Valdeblore (700 Valdeblorois, 9 416 ha dont 3 137 de bois) est une grande commune d'habitat dispersé à l'est du chef-lieu. Jadis Val de Blora, elle eut plus de 1 100 hab. dans la première moitié du 19e s., moins de 500 en 1975; elle a gagné 110 hab. de 1999 à 2005, et son parc de logements dépasse les 1 200 résidences secondaires. Plusieurs hameaux s'y partagent une petite plaine d'altitude où se perdent plusieurs torrents, dont celui de Bramafama qui vient du mont Pépoiri (2 674 m, site de vol libre). Le hameau principal, Saint-Dalmas, a une église romane du 11e s. et des restes de remparts, ainsi qu'un musée du terroir; ouvrages fortifiés de la Reynardière et de la Serena au sud (début du 20e s.).

Valdeblore a reçu en 2005 un lycée régional public de la Montagne (400 élèves, dont la moitié d'internes), dispensant des formations générales, agricoles et sportives. La route fait communiquer la vallée de la Tinée et celle de la Vésubie par le col Saint-Martin (1 500 m); la station de ski de Colmiane-Valdeblore, qui offre 7 remontées mécaniques et 20 pistes, est sur l'ombrée du pic de Colmiane (1 795 m) à l'est de la commune, qui offre aussi une via ferrata et un terrain de golf. La crête du Pépoiri est échancrée par le cirque de Millefonts, dont le torrent descend assez abruptement sur le hameau de la Bolline, à l'ouest et en aval de Valdeblore-Saint-Dalmas; le lac des Millefonts y brille à 2 345 m, le lac Gros à 2 375 m, le GR 52 franchit le col de Barn (2 452 m) et débouche sur la partie septentrionale de la commune.

Celle-ci est dans le parc du Mercantour, et englobe le haut bassin du torrent des Mollières, ainsi que le hameau des Mollières à 1 600 m. Ce hameau est au bout d'une piste qui descend du col de Salèse (2 031 m) et permet ainsi de rejoindre Boréon et Saint-Martin-de-Vésubie; c'est, hors sentiers, le seul accès possible au hameau, qui n'est habité qu'en été. Le grand cirque de tête est dominé au nord par la Tête du Claus (2 897 m), la Tête des Tablasses (2 855 m) et le pointe Giegn (2 888 m), à l'est par la Cime de Fremamorta (2 730 m) et la Cime de Pagari de Salese (2 678 m). Il est orné par les lacs de Tavel (2 235 m), le grand lac Nègre (2 354 m, 9 ha), les quatre lacs de Fremamorta (2 350 à 2 393 m) et, au sud, le petit lac du Barn (2 460 m).

Entre les finages de Valdeblore et de Saint-Sauveur s'interpose celui de Rimplas (110 Rimplassois, 2 495 ha dont 1 975 de bois); le village est minuscule et perché à 1 500 ou 1 100 m sur un haut éperon au-dessus de la Tinée, couronné d'un fort, à 13 km du chef-lieu par la route (3 km à vol d'oiseau); église, ancien fort de 1930 de Fressines (ou la Frassinéa), qui pouvait abriter près de 400 soldats et disposait d'un téléphérique. Son finage très étroit s'allonge vers le nord jusqu'au vallon de Mollières, sur 13 km. Il culmine au mont Giraud (2 606 m) et à la Tête des Lauses (2 651 m) et sa partie septentrionale est dans le Parc du Mercantour. La population était tombée à 38 hab. en 1968 (280 en 1856).

Trois communes se partagent le sud du canton. À l'ouest, Ilonse (110 Ilonsois, 4 059 ha dont 1 658 de bois) est un village si bien perché, à 1 250 m, qu'il faut plus de 10 km pour parvenir à la route de la Tinée; son finage accidenté monte à 1 991 m au Lauvet d'Ilonse; le village lui-même est sous le mont Cocouluche (1 789 m). Marie (50 Mariols, 1 477 ha dont 582 de bois) est juste au-dessus de la Tinée, côté gauche, à 10 km SSE du chef-lieu à 630 m; le village est apparu tardivement à partir d'un ermitage médiéval, qui reste objet de pèlerinages; maison forte, porte. Son petit finage occupe le vallon d'Ullion, dominé par le mont Viroulet (1 869 m) et qui monte à l'est jusqu'à 2 085 m. Ilonse a eu 55 hab. en 1982, contre plus de 500 avant 1860, et même 980 en 1846.

Clans (540 Clansois, 3 779 ha dont 1 600 de bois) est plus peuplée, et sert de village-centre, mais le village est également perché à 700 m, au-dessus de la rive gauche de la Tinée et du vallon de Clans, qui descend du mont Tournairet à l'est (2 085 m). Il possède une collégiale en partie du 11e s. avec fresques du 14e s., plusieurs chapelles, une grande place ombragée, des maisons renaissance; lavoirs et fontaines, moulins à huile et à farine, usine hydroélectrique du Bancairon (1929); fresque de Patrick Moya (2007) sur une ancienne chapelle. Clans organise de nombreuses fêtes et concerts; centre de recherche artistique avec ateliers et expositions à la villa des Vallières; travaux publics Maria (25 sal.). Sa population augmente depuis 1990 (370 hab.); 250 résidences secondaires. La commune est le siège de la communauté de communes de la Tinée, groupement intercommunal des Alpes-Maritimes réunissant 10 communes et 2 400 hab.