Saint-Seine-l’Abbaye

410 hab. (Saint-Seinais), 354 ha, chef-lieu de canton de la Côte-d’Or dans l’arrondissement de Dijon, 28 km au NO de la préfecture sur la N 71. Le village, «petite cité de caractère», s’abrite au bout de la vallée de l’Ougne, affluent de l’Ignon. Il est l’héritier d’une abbaye du 6e s., fondée par le moine Sigo dont le nom a donné Soigne, puis Seigne et enfin Seine, sans rapport avec le fleuve mais sans doute capté par son voisinage. L’abbaye a été refaite au 13e s. dans le style cistercien, et il en reste le palais abbatial (rénové au 18e s.) et d’intéressantes peintures murales. Saint-Seine a quelques commerces, mais a tout perdu du rôle de relais qu’il a pu avoir jadis à 7 lieues de Dijon. Sa population n’a cessé de décliner depuis les 900 hab. du milieu du 19e siècle jusqu’en 1982 (310 hab. sdc); elle a un peu repris ensuite. La communauté de communes du pays de Saint-Seine-l’Abbaye correspond exactement au canton et siège au chef-lieu.

Le canton a 3 200 hab. (2 900 en 1999), 20 communes et 33 555 ha dont 15 515 de bois; il se déploie largement sur le plateau bourguignon, fort boisé, surtout au nord-est. Un petit musée de l’école se voit dans la minuscule commune de Champagny (40 hab., 712 ha), 4 km au NO du chef-lieu. À 7 km au NO de Saint-Seine, Poncey-sur-l’Ignon (85 hab., 1 635 ha dont 755 de bois), détient les sources de la Seine et de l’Ignon, toutes deux résurgentes mais orientées l’une vers l’Atlantique, l’autre vers la Méditerranée. Poiseul-la-Grange (75 hab., 2 289 ha dont 710 de bois), à l’extrémité nord du canton à 18 km du chef-lieu et tout près de Valduc, a été distingué comme village fleuri (trois fleurs), et semble avoir cessé de se dépeupler (340 hab. en 1806, 140 en 1968); restes d’une grange de l’abbaye de Fontenay.

À l’angle SO, la vallée de l’Oze, profondément encaissée, accueille la ligne de chemin de fer de Paris à Dijon. Au SE, la vallée profonde et boisée de Val-Suzon (230 hab., 1 851 ha dont 1 445 de bois) est l’un des lieux de loisirs des Dijonnais à 16 km de la ville, jadis réputé comme refuge de brigands «pille-passants»; on y avait travaillé le fer au 19e s. et bénéficié à partir de 1903 d’un tramway de Dijon à Saint-Seine; le site est classé depuis 1989 et la commune a gagné 50 hab. après 1999.

Tout au sud du canton à 6 km du chef-lieu dans la commune de Trouhaut (110 hab., 940 ha), au-dessus du village tapi dans la haute vallée de l’Oze, se dresse le mont Tasselot (598 m), qui n’est pas le point culminant de la Montagne bourguignonne mais dont le nom sert à désigner en Bourgogne d’autres sommets semblables; le curieux nom du village, jadis Troallum puis Truaut, vient probablement d’un simple patronyme germanique du genre Trudold (A. Dauzat). Panges (80 hab., 606 ha), 11 km au sud du chef-lieu sur le plateau, accueille une fabrique de matériel électrique Camusat (50 sal.).