Sainte-Engrâce

210 hab. (Santa-Grazitars), 7 269 ha dont 1 637 de bois, commune des Pyrénées-Atlantiques dans le canton de Tardets-Sorholus, 20 km au SSE du chef-lieu. Elle occupe le bassin du gave de Saint-Engrâce, branche supérieure du Saison, qui ne s'atteint qu'après avoir franchi un long défilé. Le site est considéré comme «village de caractère», doté d'une église romane classée, issue de la collégiale de l’hôpital installé au 11e s. par une abbaye espagnole. En fait, l'habitat est très dispersé sur la soulane et dans la vallée, ainsi que sur le versant gauche en aval de Kakouéta, où les pentes sont relativement modérées. La mairie est vers l'aval, avec une caserne; l'église est tout en amont. Entre les deux, la centrale électrique de Bordacharria a créé un étroit lac de retenue juste en aval des gorges de Kakouéta.

La commune communique avec le Barétous, la Pierre Saint-Martin et même la vallée d’Aspe par des routes difficiles, et tire parti du prestige de ses deux gorges d'Ujarre et Kakouéta, qui descendent de la crête frontière vers le village. Le finage culmine à 1 877 m au pic Lakhoura. Il atteint à l'ouest le pic de Belhay (1 771 m) à la limite de Larrau, à l'est le col de Suscoutte (1 216 m) par lequel la route de la vallée (D 113) passe dans le haut bassin du Vert, mais grimpe encore pour bifurquer ensuite, soit vers la Pierre-Saint-Martin, soit vers Arette. Du col, une autre route (D 632) monte sur la crête au nord-est de Sainte-Engrâce et atteint la petite station de sports d'hiver d'Issarbe avant de redescendre dans la vallée du Vert de Barlanès. Le pic d'Issarbe (1 559 m) domine au nord la grande soulane de Sainte-Engrâce, dont la partie supérieure porte jusqu'au pic le bois d'Arbouy (ou de Bènho). La commune avait 1 450 hab. en 1846, encore 900 en 1900, 510 en 1975; elle n'a pas cessé de se dépeupler.