Sainte-Foy-la-Grande

2 600 hab. (Foyens), 51 ha, chef-lieu de canton de la Gironde dans l’arrondissement de Libourne, 60 km à l’est de Bordeaux sur la Dordogne (rive gauche), au centre du «pays Foyen». Il s’agit d’une bastide de 1255, ancien port et ville huguenote, au plan en damier très régulier inscrit dans un carré sur la rive gauche de la Dordogne. Le nom complet est antérieur à la Révolution. Le géographe Elisée Reclus y naquit en 1830. Elle a eu 4 000 hab. vers 1870, encore 3 300 en 1975, et sa population a diminué depuis et a encore perdu près de 300 hab. de 1999 à 2008. C’est actuellement un centre de négoce de vins et de fruits, avec un magasin Super-U (25 sal.); hôpital (86 lits), un collège privé, un collège et deux lycées publics, dont l’un porte le nom de Reclus; maison du fleuve, musée du pays foyen, zone de loisirs et label «station verte de vacances». Le minuscule territoire communal ne contient pas toute la ville, dont la gare, le lycée et quantité de lotissements, plus la zone d'activités de la Tapie, sont sur le territoire de Pineuilh, qui entoure celui de Sainte-Foy.

Le canton, limitrophe du département de la Dordogne et du Lot-et-Garonne, a 12 100 hab. (11 500 en 1999) et 14 communes sur 13 220 ha; plus étendu sur les collines du sud que dans la plaine de la Dordogne, il est riche en restes préhistoriques et médiévaux. Ses communes bénéficient, avec 5 communes voisines, de l’appellation viticole sainte-foy-bordeaux depuis 1937 (120 ha en rouge, 50 en blanc, plutôt moelleux). Le canton et une commune forment la communauté de communes du Pays Foyen, qui siège à Pineuilh. En fait, l’agglomération foyenne déborde au nord sur le département de la Dordogne: elle comprend Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, sur la rive droite juste en face de Sainte-Foy; voire Fougueyrolles, qui a reçu l’aérodrome de Sainte-Foy, doté d’une piste gazonnée de 1 200 m, à 3 km ONO de la ville.

Saint-Avit-Saint-Nazaire (1 600 hab., 1 861 ha dont 576 de vignes), à l’est de Sainte-Foy dans la plaine de la Dordogne, résultat d’une fusion de 1973, occupe le nord-est du canton, dans la plaine circonscrite par une large courbe de la rivière; négoce de matériel agricole Thomas (35 sal.). La limite communale suit à l'ouest le cours du Seignal. L'habitat s'aligne sur les principales routes, et sa population est légèrement croissante (+130 hab. 1999-2008). Saint-Avit est à l'ouest sur la D 130 (E9), Saint-Nazaire au nord sur la rive de la Dordogne; d'autres alignements sont au nord-ouest sur la route de rive, au sud le long de la D 936, ancienne route nationale. Saint-Philippe-du-Seignal (470 hab., 338 ha) est à 3 km ESE de Sainte-Foy, au pied des collines d'où débouche, juste à l'est, le Seignal. Le petit finage monte un peu sur les collines viticoles, qui portent d'anciens moulins et 156 ha de vignes. Il a gagné 60 hab. de 1999 à 2008. Le nom a été Saint-Philippe, puis Saint-Philippe-de-Seignac et n'a pris sa forme actuelle, liée au nom de la rivière, qu'en 1955.

Le village de Saint-André-et-Appelles (690 hab., 1 025 ha dont 474 de vignes) est proche aussi de Sainte-Foy, 3 km au sud dans les collines; son territoire communal, issu d’une fusion ancienne (début du 19e s.), longe à l’ouest la vallée de la Dordogne, dont un méandre accueille l’ancien port du Pont de la Beauze au confluent du ruisseau des Sandaux; la population de la commune augmente lentement depuis 1962 (530 hab.). Un lotissement périurbain est apparu au nord-est dans un vallon près de Pineuilh; plusieurs hameaux s'éparpillent dans le finage, qui atteint à l'ouest le cours encaissé de la Gravouse. Appelles ne subsiste que par son église sur le plateau entre Sandaux et Gravouse à l'ouest, où le principal habitat est celui des hameaux de Montet.

Plus loin, à 8 km en aval de Sainte-Foy, où la Dordogne lèche les coteaux, Eynesse (590 hab., 759 ha) est au confluent de la Gravouse, qui descend du sud-est, et conserve une porte d'un ancien château fort et, à l'ouest sur la rive, le château du Barrail (15e, 16e et 18e s.). Son finage se partage entre le plateau viticole et un grand croissant de plaine au pied d'un coteau en arc de cercle, au bas duquel se tient le gros hameau de la Beysse. La commune a gagné 100 hab. après 1999. Saint-Avit-de-Soulège (80 hab., 284 ha dont 103 de vignes) occupe l'angle nord-ouest du canton, à 10 km OSO du chef-lieu; le petit village se disperse sur le plateau viticole, limité à l'ouest par la vallée encaissée du Soulège qui fixe la limite cantonale.

Quatre communes très viticoles se partagent le quart sud-ouest du canton. Saint-Quentin-de-Caplong (260 hab., 1 127 ha), juste au sud de Saint-Avit, comme elle sur le plateau et bordée à l'ouest par le Soulège, a 647 ha de vignes. Caplong (210 Caplonnais, 927 ha), juste au sud, enregistre 438 ha de vignes. Les Lèves-et-Thoumeyragues (560 Lévois, 1 558 ha dont 201 de bois), qui est à 7 km au sud-ouest du chef-lieu dans la vallée de la Gravouse, affiche 844 ha de vignes, record du canton; elle a une grosse coopérative vinicole. Au sud-est se distingue le gros hameau des Martinaux. Il fait face à Riocaud (200 hab., 1 040 ha dont 232 de bois), 4 km au SE des Lèves, qui déclare 217 ha de vignes; le village est sur un relief qui domine la vallée de la Gravouse.

Trois communes sont au sud-est du canton, limitrophe de deux départements. La Roquille (310 hab., 651 ha dont 157 de vignes) est sur la D 708 à 6 km au sud de Sainte-Foy; le village est sur une colline dominant la vallée des Sandaux. Ligueux (170 hab., 505 ha dont 169 de vignes) est plus à l'est, à 7 km SSE de Sainte-Foy, en haut du versant gauche de la vallée encaissée du Seignal; château Couronneau à l'ouest.Margueron (410 hab., 1 357 ha), qui cultive 417 ha de vignes et a un centre de vacances, aligne ses maisons sur une crête à 10 km SSE de Sainte-Foy sur la route de Duras, et son territoire est plus accidenté que les précédents.

Élisée Reclus

L'un des plus grands géographes du 19e siècle et de l'histoire de la géographie, Élisée Reclus est né en 1830 à Sainte-Foy-la-Grande dans une famille protestante, qui venait de La Roche-Chalais et s'est ensuite établie à Orthez: le voici donc triplement aquitain par ses origines. Esprit encyclopédique et généreux, il s'est orienté vers la géographie d'une part, accomplissant tout jeune un long voyage aux Amériques après avoir marqué sa réprobation du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte (1851-1857); et d'autre part à l'action politique et philosophique, en relation avec les milieux anarchistes et démocratiques de l'époque, participant notamment à la Commune de Paris, ce pourquoi il fut condamné au bannissement. Rejeté par l'institution universitaire française, il put vivre en collaborant assidûment aux Guides Joanne et en écrivant des ouvrages. La Terre (1868-1869), la Géographie Universelle en 19 volumes (1875-1894), L'Évolution, la révolution et l'idéal anarchiste (1898) et L'Homme et la Terre (1905) furent les principaux. La Suisse et la Belgique surent l'accueillir et il trouva à l'Université libre de Bruxelles une chaire à la hauteur de son savoir. Il est mort en Belgique en 1905. Il eut plusieurs frères et sœurs, dont des écrivains comme son aîné Élie, également né à Sainte-Foy, ses cadets Onésime et Armand, nés à Orthez et eux aussi géographes. Longtemps tenue à l'écart par l'institution française, son œuvre reprit notoriété dans les années 1980, en raison de ses qualités mêmes: soin et sérieux de l'information, hauteur de vue, innovation dans la recherche et l'interprétation, sensibilité à l'égard des moins puissants; plusieurs ouvrages lui furent alors consacrés; un groupe de recherche, actif de 1984 à 1997, prit même en hommage le nom de RECLUS pour sigle. En revanche, le centenaire de sa mort ne fut pas commémoré avec la qualité qu'il eût méritée.