Sainte-Marie-aux-Mines

5 700 hab. (Sainte-Mariens), 4 523 ha dont 3 168 ha de bois, chef-lieu de canton du Haut-Rhin dans l'arrondissement de Ribeauvillé, dans la vallée de la Liepvrette, à 375 m; son nom allemand fut Markirch, son nom révolutionnaire Val-aux-Mines. C'est l'ancien chef-lieu des mines d'argent, exploitées pendant près de 1 000 ans (9e-19e s.) au prix de 600 km de galeries, actives surtout au 16e s.; elle comptait alors 300 petites mines pour lesquelles on avait fait venir des travailleurs de toute l'Europe centrale. La bourgade est passée au textile au 18e s. en se spécialisant dans les fils teints et les tissus à motifs géométriques (siamoises, guingans).

Du passé textile ne restent guère que les Teintureries de l’Est (50 sal.); une usine d’impressions sur tissus a disparu en 2002, tandis que celle du groupe P. Hartmann a été transférée à Liepvre; une fabrique de plastiques (Alplast ex-Atochem, 150 sal.) s’était en partie substituée aux défaillances du textile, mais n'a pas tenu et a fermé en 2009. La ville a pour autres établissements principaux les salaisons des Produits de la Cigogne (Herrbrech, 45 sal.), la serrurerie Fassler (25 sal.), la maçonnerie Bari (55 sal.), un supermarché U (50 sal.). La population de la commune a dépassé 12 000 hab. au début du 20e s., et a diminué ensuite jusqu'en 1990, puis a encore perdu près de 300 hab. de 1999 à 2007.

Sainte-Marie est à la tête d'un bassin qui a repris l'ancien nom de Val d'Argent, où l'on a aménagé un «circuit minier» avec visites d'anciennes mines (Saint-Barthélemy). Elle conserve quelques restes anciens dont une tour de l'Horloge; maison de pays et musées du textile et des minéraux à Sainte-Marie; institution pour enfants, hôpital intercommunal; collège et lycée polyvalent publics. La bourgade a récupéré la tradition textile et la fondation de la secte Amish en 1693 par le Bernois Jacob Amann pour ajouter une «fête du patchwork» depuis 1993, avec diverses manifestations annuelles. Elle organise aussi un salon annuel international de minéralogie, devenu le premier marché de gros en Europe pour les minéraux et les fossiles, réunissant plus de 500 exposants (Minérapole).

La ville s'étire sur plus de 5 km sur le fond de vallée de la Liepvrette. Son habitat est complété par plusieurs hameaux établis en amont ou dans des vallons affluents. Il en est ainsi du hameau d'Échery, sur la Liepvrette d'amont, ancien village de mineurs qui conserve des maisons de mineurs et un musée de l’école. Il se trouve à la confluence d'un vallon venant du sud et qui garde des traces de nombreuses mines, ainsi que le hameau de Saint-Pierre sur l'Hâte, doté d'une église des mineurs (13e s.), reste d’un ancien couvent du 10e s. À l'ouest, maisons et ateliers suivent la D 459, ex-N 59, dans le vallon de Brifosse; juste au nord, l'habitat se glisse dans le vallon de Fenarupt. À l'est de la ville, le grand vallon de Fertrupt, qui vient du sud, est également un ancien site de mines, qui abrite depuis 1617 une chapelle des mineurs protestants.

Vers le nord, le ban de Sainte-Marie monte à 968 m dans la forêt communale. La limite communale se confond eensuite avec la limite régionale et court vers le sud-ouest jusqu'au col de Sainte-Marie à 772 m, où passe la route de Sélestat à Saint-Dié (ex-N 59); mais le col est désormais court-circuité par un tunnel routier de base de 7 km de long, inauguré en 1937 et agrandi en 1976, qui commence en aval de la ville et évite donc sa traversée, et débouche à Lusse (Vosges).

Au sud du col de Sainte-Marie, le finage s'étend encore très loin dans la haute vallée de la Liepvrette, atteignant 1 080 m à l'angle sud-ouest que flanquent deux cols routiers, celui du Pré de Naves (1 005 m) et celui dse Bagenelles (903 m) qui donne accès au val d’Orbey. Ensuite la limite court vers l'est par le Petit Brézouard (1 203 m), laissant juste au sud le Grand Brézouard (1 228 m). Elle suit la crête par le Hirzberg (1 137 m), puis mord un peu sur le haut bassin de Ribeauvillé en intégrant le hameau d'altitude d'Adelspach (colonie de vacances). À partir du col Haut de Ribeauvillé (747 m), elle descend vers le nord dans le vallon de la Goutte Saint-Baise, dont elle suit le fond jusqu'au hameau de Saint-Blaise, qui jouxte Sainte-Croix-aux-Mines. Quelques chalets se dispersent sur les reliefs, notamment au-dessus de Fertrupt.

Le canton a 10 700 hab. (comme en 1999) pour 5 communes et 10 840 ha dont 7 141 de bois. Il est limitrophe du département des Vosges (col de Sainte-Marie), entièrement dans le Parc des Ballons, et correspond au haut bassin de la Liepvrette, jusqu'à Liepvre en aval. La communauté de communes du Val d'Argent associe les 4 communes de Sainte-Marie, Sainte-Croix, Rombach-le-Franc et Liepvre et a 10 300 hab.; la cinquième commune, Aubure reste à part, en altitude et regardant davantage vers l'est.