Sainte-Maure-de-Touraine

4 070 hab. (Saint-Mauriens), 4 041 ha, chef-lieu de canton de l'Indre-et-Loire dans l'arrondissement de Chinon, 34 km SSO de Tours. La ville, qui fut Arciac à l'origine, tient un ancien oppidum dominant la vallée de la Manse, dit camp des Deux Manses. Elle a des restes préhistoriques et gallo-romains, ainsi que des fortifications médiévales; château et porte des 14e-15e s., chapelle du 15e s., halles du 17e, maisons anciennes, nombreuses caves et souterrains-refuges, sur plusieurs étages, surtout sur le versant nord de la Manse, dolmen classé de Bommiers; musée municipal, collège public et hôpital local (15 lits), maison de retraite. Au nord-ouest, la petite vallée de Courtineau, qui descend vers la Manse en incisant le plateau, est réputé pour ses paysages et ses caves troglodytes. Le nom de la commune, qui fut Mare-Libre sous la Révolution, a été allongé en 1959; sa population s'est tenue entre 2 400 et 2 900 hab. au 19e s. et dans la première moitié du 20e ; elle a augmenté entre 1930 et 1982, puis s'est légèrement réduite.

Sainte-Maure se veut une station touristique, avec un plan d'eau et un centre de loisirs. Elle a perdu la grosse usine de confection Allaire (marque Athrée, 300 sal.), liquidée en 2001, mais abrite quelques autres fabrications: les produits pour la pêche et le sport Garbolino (70 sal.), l’électronicien Sectronic (60 sal.), la mécanique Decomatic (55 sal.), les machines-outils Jouanel (30 sal.), meubles et décoration Blandin (35 sal.) Kolorado (30 sal.); viandes Salaisons Régionales (20 sal.); Intermarché (55 sal.) et Bricomarché (30 sal.), négoce de tracteurs et de quads (Ouvrard, 50 sal.) et de fournitures agricoles Sobra (30 sal.); transports Archambault (40 sal.) et autocars Vouillon (30 sal.).

La ville est aussi un chef-lieu rural, avec une école d'agriculture, une foire aux fromages (juin) et une appellation fromagère originale: l'AOC sainte-maure-de-touraine, de 1990, propose un fromage de chèvre tronconique à paille gravée incluse, de 48 à 65 mm de diamètre et 17 cm de long; elle groupe 70 producteurs pour 1 100 t/an; on ne doit pas la confondre avec l'appellation sainte-maure tout court, qui désigne toutes les bûches de chèvre quel que soit leur lieu de production. La communauté de communes de Sainte-Maure-de-Touraine associe 12 communes et 12 300 hab. et a son siège à Nouâtre.

Le canton a 11 400 hab. (10 600 en 1999), 12 communes et 23 829 ha dont 2 725 de bois; très étiré du nord au sud, il touche au département de la Vienne et il est traversé par la vallée de la Vienne au sud; la partie septentrionale couvre une partie du plateau de Sainte-Maure. Le faisceau de circulation de Tours à Poitiers (N 10, voie ferrée, A 10) traverse tout le canton dans sa plus grande longueur. C'est à Noyant-de-Touraine (920 hab., 1 374 ha), juste à l'ouest du chef-lieu, que sont la gare et l'échangeur autoroutier, ce qui vaut au village des ateliers et une base logistique du groupe Intermarché (250 sal.); services de coiffure Procades (40 sal.), silos coopératifs. Noyant a deux dolmens; le château de Brou (fin du 15e et surtout 19e s.) accueille un centre de vacances (75 places). La population communale a gagné 260 hab. (+39%) de 1999 à 2008.

À 8 km ONO de Sainte-Maure, Saint-Épain (1 570 Saint-Épinois, 6 265 ha dont 1 029 de bois), au bord de la Manse, a de nombreux restes de ses fortifications et maisons anciennes, et une station fruitière; ruines du château de Montgoger (16e s.), viaduc ferroviaire de Besnault sur la Manse (1852, 15 arches); aménagement de terrains de sports Fieldturf Tarkett (30 sal.). La commune s'étend assez loin vers l'est, jusqu'au-delà de l'A 10 où est ouverte une double aire de services (Argedis, 20 et 20 sal.), et englobe la chapelle troglodyte de Notre-Dame-de-Lorette (15e s.) dans la vallée de Courtineau, que la commune partage avec Sainte-Maure; sa population s'est augmentée de 140 hab. entre 1999 et 2008.

Neuil (450 Neuillois, 1 882 ha dont 520 de bois), ancien village de défrichement du 11e s., est à l'angle nord-ouest du canton à 11 km NO du chef-lieu; son finage est bordé au nord et à l'ouest par les bois de l'Éventard et la forêt de Grissay et contient un fragment du camp militaire du Ruchard; musée de géologie, église des 12e-13e s.; la commune a gagné 80 hab. de 1999 à 2008. Sainte-Catherine-de-Fierbois (660 hab., 1 549 ha dont 278 de bois) occupe l'angle NE du canton, à 7 km NE du chef-lieu; musée d'art populaire dans un ancien relais de Compostelle partagé avec la mairie, château de Comacre, église flamboyante classée; travaux publics (Daguet, 30 sal.); la population communale augmente depuis 1982 (480 hab.).

Les autres communes sont au bord ou aux abords de la Vienne. Pouzay (810 hab., 1 407 ha) est sur la rive droite, à 9 km au SO de Sainte-Maure; elle offre une base nautique et propose chaque année une grande fête aux melons et aux canards. Nouâtre (810 hab., 965 ha), sur la même rive 5 km en amont, siège de la communauté de communes, est un village de la plaine alluviale où sont un collège public, une gare de triage et la zone d'activités de Talvois, avec une base de matériel militaire (détachement du 14e BSMat devenu 9e BMAT en 2005) de 200 personnes dont une majorité de civils, s'occupant spécialement de matériels de transmission à longue distance (système RITA) et de la fourniture et de l'élimination de piles, et qui doit être renforcé en 2011 par des transferts de sites lorrains; Profacid (20 sal.) s'occupe d'acides à batteries. Le nom de la commune aurait désigné un «nouveau château» (Nucastrum), sans doute du 10e s. Des restes d'une abbaye bénédictine apparaissent au hameau de Noyers (18e s.), au sud du village. La population locale avait sensiblement augmenté de 1906 (360 hab.) à 1968 (1 000 hab.); elle a diminué jusqu'en 1999.

Maillé (620 Maillaciens, 1 567 ha dont 266 de bois), dont la population diminue un peu aussi, est juste à l'est, à 8 km SSO de Sainte-Maure et frôlée par l'autoroute. Le village a été victime de la sauvagerie des troupes allemandes en retraite le 25 août 1944, et presque entièrement détruit, avec 124 morts civils, dont des enfants, puis reconstruit de 1945 à 1952 à l'aide d'un don privé états-unien; une Maison de la mémoire et du souvenir y rappelle les faits; ruines du château d'Argenson (17e s.).

Marcilly-sur-Vienne (570 hab.), Ports (360 Portais, 1 101 ha) qui a un château du 15e s. et une petite usine électrique sur la Vienne, Pussigny (200 Pussinois, 848 ha) qui conserve le dolmen de Doux et le château de la Proutière (17e s.) et Antogny-le-Tillac (540 hab., 1 731 ha dont 319 de bois), qui a une église des 11e-13e s. et fut seulement Antogny jusqu'en 1987, se succèdent d'aval en amont sur la rive gauche, au pied du coteau, à la pointe méridionale du canton; ils annoncent le Poitou, et furent jadis des lieux de batellerie. Du haut du coteau assez escarpé, s'offrent de belles vues sur la vallée de la Vienne et son confluent avec la Creuse. Marcilly est reliée à Nouâtre par un pont sur la Vienne et possède au nord une assez large plaine alluviale trouée d'étangs de sablières; sa population s'est accrue de 60 hab. entre 1999 et 2008. Antogny a crû de 90 hab. dans le même temps.