Salbris

5 900 hab. (Salbrisiens), 10 661 ha dont 9 600 de bois, chef-lieu de canton du Loir-et-Cher dans l'arrondissement de Romorantin-Lanthenay, 60 km au sud d'Orléans et 24 km au nord de Bourges, sur le faisceau de circulation A 20, N 20, chemin de fer Paris-Toulouse. La ville s'étale en pleine Sologne au bord de la Sauldre et son nom ancien, Salera briva, évoque un pont (briva) sur la Sauldre; elle a grandi autour d'un prieuré d'une abbaye de Bourges. Son territoire est le plus étendu et le plus boisé du département. La commune a eu 1 700 hab. vers 1851, 3 000 en 1911, 4 300 en 1954.

La croissance de la population, arrêtée en 1975, a été en partie liée aux industries d’armement: le Giat (250 sal.) fabriquait des obus à l’uranium appauvri mais a fermé en juillet 2000. Salbris a perdu quelque 1 500 emplois plus ou moins liés à la Défense, même s'il reste une usine MBDA proche, à Sellse-Saint-Denis. On s’efforce de compenser en partie ces pertes par l’aménagement d’une plate-forme logistique Prologis, où 800 emplois sont espérés: Salbris est sur un grand axe de circulation, avec un échangeur autoroutier, et de surcroît au terminus actuel de la voie ferrée métrique Le Blanc-Argent vers Romorantin.

D’une ancienne usine du groupe Matra qui eut 400 salariés subsiste un atelier d’équipements électroniques (MSB, 60 sal.). Les autres ateliers sont diversifiés: emballages en bois (Nefab, 75 sal.), meubles de bureau (Standis, 30 sal.), constructions Robin-Frot (Maisons Mikit, 30 sal.) et Pluviaud (30 sal.), électronique (SMS Automation, 30 sal.), logiciels (Spcsoftware, 20 sal.), cartonnages (Appliquation, 20 sal.), agrochimie (Caussade, 20 sal.); ingénierie Atermes (25 sal.) et F. Klein (20 sal.), installations électriques (Citeos, 20 sal.), travaux publics Clément (25 sal.); supermarchés Super-U (50 sal.) et Carrefour (40 sal.), négoce de produits chimiques Sophy (30 sal.).

Salbris est aussi «station verte de vacances» et a un collège public et un collège privé, une maison de retraite, un centre d’aide par le travail. Elle a également un détachement de la 12e base de soutien du matériel de l’armée de terre (190 personnes, sur un camp de 370 ha). Elle organise un salon annuel du champignon et dispose d'un stade-vélodrome. Son finage contient plusieurs châteaux, notamment ceux de la Rivaulde (20e s.) au nord-est, au bord de la Sauldre et près d'un golf; de l'Ortie (19e s.) au nord-est et également au bord de la Sauldre; de Remarday (19e s.) tout au nord; du Chêne (19e s.) à l'est; de Bois Lurette (19-20e s.) au sud-est; de Luzas au sud; de Montoulan à l'ouest.

Le canton a 13 400 hab. (13 700 en 1999), 9 communes et 63 760 ha dont 35 779 de bois (56%): c'est le plus étendu de la région et plusieurs de ses communes sont de très grande taille. Theillay (1 300 Theillaysiens, 9 638 ha dont 4 761 de bois), à 12 km au sud de Salbris sur le même faisceau de circulation, a un finage étendu, qui est traversé au nord par la vallée de la Rère et englobe au sud l'échangeur de l'A 71 et de l'A 85; château de Rère (16e, 17e et 19e s.) au nord-ouest du village au bord de la Rère, motte de château fort aux Ardeloups au nord, également au bord de la Rère. Une usine Matra de 500 emplois qui fabriquait des matériaux composites pour les carrosseries d'automobiles est passée au groupe italien Rangerplast puis à Sora Composites et n’occupe plus que 160 salariés sous le nom Sotira Automotive; hôtellerie d’autoroute du groupe Ellor (30 sal.). La commune a eu 1 900 hab. vers 1900 et le nombre de ses habitants stagne depuis la dernière guerre. Orçay (240 Orçayais, 1 875 ha dont 485 de bois) est une petite commune au sud-est de Theillay; le château de Brédoury (19e s.) voisine avec une motte de château féodal, à l'est de la commune; il accueille un centre de vacances (70 places).

Tout au nord du canton, Saint-Viâtre (1 200 hab.) occupe 8 979 ha dont 3 500 de bois et 1 300 d'étangs; elle fut d'abord Tremblevy (le village des trembles?) déformé en Tremblevif au 17e s., peut-être en raison des fièvres des marais, et n'a changé de nom qu'en 1854; église à clocher tors et polyptyque, Maison des étangs et du patrimoine; étang de la Corbois (45 ha), domaine et château de Frogère au sud-ouest, châteaux de l'Abbaye au sud (19e s.), de l'Arsendrie (19e s.) à l'est, de Favelle (15e et 19e s.) à l'ouest, du Petit-Bois près du village au sud (19e s.), de Courmeme au nord (18e-19e s.), d'Auteroche (18e s.) à l'extrême nord-ouest, au bord du Beuvron. Saint-Viâtre s'est associée à Neung-sur-Beuvron dans la communauté de communes de la Sologne des Étangs. Un peu au SO, Marcilly-en-Gault (760 Marcigaultais, 5 031 ha dont 2 477 de bois), 15 km ONO de Salbris, centre de chasse et de pêche, a des foires aux chevaux et aux produits régionaux; au nord de la commune sont le domaine, le château et le grand étang de Bièvre (49 ha).

La principale agglomération hors du chef-lieu est formée par le couple voisin La Ferté-Imbault et Selles-Saint-Denis, toutes deux sur la Sauldre à l'ouest de Salbris; leur population est étale depuis les années 1950. Selles-Saint-Denis (1 250 Sellais, 5 098 ha dont 1 850 de bois), la plus occidentale, a une chapelle classée du 15e s. et deux châteaux (19e s.) du Bois-Mehant à l'ouest et des Anges au sud au bord de la Rère. Le village héberge un établissement de Matra-Armement (MBDA, 250 sal., montage et essais de missiles) et une fabrique de meubles et agencements de magasins (Sias Apia, 70 sal.); maison de retraite (35 sal.) au château de Montlifault. La commune a eu plus de 2 000 hab. vers 1840, mais sa population a légèrement augmenté depuis les années 1960 où elle était à 1 000 hab. Le village est le siège de la communauté de communes de la Sologne des Rivières, qui rassemble 9 communes et 12 800 hab., y compris Salbris.

La Ferté-Imbault (990 Fertois, 5 002 ha dont 2 646 de bois) a un finage étiré dans le sens nord-sud sur 15 km, qui a été détaché de celui de Selles-Saint-Denis en 1860 avec 900 hab. et qui a culminé à 1 200 hab. dans les années 1940. Le château de Faverolles (19e s.) est tout au nord, proche du château de la Noue (17e et 19e s.), celui de la Fontaine-Harlet (19e s.) tout au sud. Le village a un château des 16e, 17e et 19e s. et une chapelle classée; non loin à l'est le château de la Sauldre (19e s.) est au bord de la rivière et accueille un centre de vacances de la Mutuelle des Douanes (75 places); château de l'Écluse (18e s.) au nord-est.

Souesmes (1 150 Souesmois, 9 950 ha dont 6 532 de bois), 11 km ENE de Salbris, proche de la vallée de la Sauldre, vient d'une ancienne Segimovicus et conserve de belles maisons anciennes à colombage; caravanes et habitations de chantier JCR (25 sal.); châteaux de la Rebutinière (19e s.) à l'ouest, de Falaze (19e s.) au nord, des Bruyères (19e s.) au sud-est, grand domaine de Rivaulde au sud-ouest. Comme ses voisines, Souesmes a une population stable depuis 1950, et inférieure à celle du début du 20e s.

Pierrefitte-sur-Sauldre (870 Pierrefittois, 7 496 ha dont 3 928 de bois) est à 7 km au nord de Souesmes et 13 km au NE de Salbris. Le village est fleuri (trois fleurs) et accueille à l'Aubette un centre de vacances de la Faculté d'Orsay (100 places). L'ancien canal de la Sauldre passe tout au nord de la commune, près du château de Montfranc (19e s., sur un emplacement du 16e s.). Les châteaux des Rouches (19e s.) et de Bois Rabot (19e-20e s.) sont aux environs; le château du Reuilly (18e s.) est à l'orée du village; château de la Boule aux Cailloux (18e et 19e s.).